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dr. Ramadan Shallah : Nous ne demandons pas l’impossible. Le blocus de Gaza doit être levé

Dr. Ramadan Abdallah Shallah, secrétaire général du mouvement du Jihad islamique, a répondu au cours de l’interview aux questions posées par le journaliste de la chaîne « al-Mayadeen », le 21 juillet. Ces questions ont concerné les aspects militaires et politiques de la guerre en cours à Gaza. Dans cet interview, Dr. Ramadan Shallah a souligné l’importance de la résistance militaire et de la première fusée tombée sur Tel Aviv, l’unité de la résistance et son rôle primordial dans la définition des conditions de toute trêve.

Il a également souligné le rôle primordial de l’Egypte qui, par sa position géographique et son histoire et à cause de ses liens historiques et présents avec le bande de Gaza, doit prendre des positions plus fermes. Il a nié exister d’autres pistes pour une trêve, affirmant que plusieurs propositions sont faites, mais aucune de sérieuse n’a été avancée jusqu’à présent. Pour dr. Ramadan, les revendications palestiniennes ne sont pas difficiles, il s’agit de cesser l’agression, de lever le blocus de Gaza et d’ouvrir tous les terminaux. Il s’est dit confiant dans la victoire de la résistance à Gaza, qui ouvre de larges perspectives dans la région.

Ci-joint quelques passages de l’interview

Je suis certain de la victoire. Le peuple résistant à Gaza écrit une épopée, surtout à Shuja’iyya. Le peuple palestinien paie de son sang pour sa liberté.

Nous menons une guerre d’un genre nouveau dans l’histoire de ce conflit, car aucune guerre précédente n’a vu les armes de la résistance palestinienne atteindre toutes les agglomérations de l’ennemi. Il ne connaissait rien de la capacité de la résistance, il a été surpris, il a perdu son équilibre.

Il piétinait sur place, il a été obligé d’aller de l’avant, vers ce qu’il a appelé la « phase terrestre », croyant que cela relèverait le moral de son peuple et que cela torderait le bras de la résistance, politiquement et sur le terrain ; Nous avons alors vu dans quel marécage il est tombé, du fait de la résistance.

L’équation a été renversée dès les premiers jours de cettte bataille, lorsque la première fusée est tombée sur Tel Aviv. C’est l’idée précisément que le mouvement du Jihad islamique voulait faire passer : si nous touchons Tel Aviv, que se passera-t-il ensuite ? Ce furent les coups douloureux pour l’ennemi qui ont suivi. L’ennemi pense que par sa bataille terrestre, il pourra renverser de nouveau l’équation. Il fut alors surpris car il ignorait ce que la résistance lui avait préparé, que ce soit pour la bataille terrestre ou celle des fusées. Nous sommes effectivement face à une nouvelle équation et nous nous tenons devant deux chemins : la première phase de la bataille terrestre, nous voyons son résultat, avec les pertes énormes de l’ennemi, nous avons vu leurs visages assombris, avec l’annonce de dizaines de tués, et plus de 150 blessés, et notamment de l’élite de leurs troupes, Golani et autres. L’ennemi hésite, soit il avance et étend cette opération, et il se noie dans le marécage car jusqu’à présent, il n’a approché que le bord, il s’est brûlé les doigts. Je pense qu’il a dû comprendre la leçon. Et s’il poursuit, lui et le monde entier feront face à deux questions : la première concerne ses pertes qui constitueront un vrai scandale pour lui, car il va devoir affronter la résistance, d’une maison à l’autre et d’une rue à l’autre, il tombera d’un piège à un autre, à partir des premiers exemples qu’il a vus aux abords de Gaza. La seconde question concerne la poursuite des massacres qu’il commet, comme celui commis à Shuja’iyya, et c’est aussi un autre scandale qui éclaboussera le monde entier : est-il permis en ce siècle et en ce moment qu’un Etat comme celui-ci commette des tueries à l’encontre du peuple palestinien ?

Concernant les rencontres pour faire cesser le feu

Aucun effort réel n’a été fait pour faire cesser cette agression. Il y a eu des efforts mais très éloignés de l’ampleur et de l’horreur de cette agression, comme si le monde attendait que l’ennemi soit rassasié de notre sang et de notre chair, le sang et la chair de nos enfants, de nos femmes, de nos vieillards et de nos hommes. Sur le plan international, la position américaine est favorable à l’entité, comme nous le savons. Elle justifie et donne raison à cette agression, pour « se défendre ». L’Européen est presque sur les mêmes positions, et la position arabe est celle de l’abandon, du silence et du désintérêt, pour ne pas parler d’autres qui insultent presque ou qui sont complices.

L’initiative égyptienne nous a tous surpris, l’adjoint du secrétaire général du mouvement du Jihad islamique est parti au Caire et a essayé d’expliquer notre position aux autorités égyptiennes, pour modifier le texte de l’initiative, pour qu’il soit acceptable pour le peuple palestinien, qui ne demande pas l’impossible. Tout ce que nous demandons est l’arrêt de l’agression et la levée du blocus et l’ouverture des terminaux, nous ne pensions pas que ces demandes constituent un problème. Pour revenir à l’accord de 2012, notre problème n’est pas avec le Caire, ni avec le président Abu Mazen qui, a-t-on dit, a participé à la rédaction du texte de cette initiative. Notre problème est que nous n’avons pas confiance dans l’ennemi israélien : dans l’accord de 2012, ont été mentionnées l’ouverture des terminaux et la levée du blocus, qui devait être appliquée au cours des 24 heures suivantes. Un an et demi plus tard, rien n’a été appliqué. C’est ce que j’ai dit à Abu Mazen quand il a proposé le cessez-le-feu suivi des négociations. Il ne faut pas croire l’ennemi.

Nous faisons face à deux grands problèmes aujourd’hui, le premier est l’agression israélienne contre laquelle le monde tout entier doit se solidariser avec nous, pour faire cesser l’agression et l’écoulement du sang. L’autre problème, c’est la position de l’Egypte envers le mouvement de la résistance, le Hamas. De nombreux observateurs et analystes pensent que c’est ce problème, les relations brouillées entre l’Egypte et le Hamas, qui empêche de parvenir à un accord, comme nous l’avons fait en 2012, et que nous en payons le prix. De là, j’affirme le rôle essentiel de l’Egypte, que personne ne peut dépasser, du fait de l’histoire et de la place de l’Egypte dans de telles situations. Il faut distinguer entre le mouvement Hamas et le mouvement des Frères Musulmans en Egypte, ou tout autre mouvement islamique dans le monde. Nous, le mouvement du Jihad islamique, nous nous considérons comme partie prenante du mouvement islamique, en général, mais notre attachement organique est avec la Palestine, avec notre peuple et notre projet est de libérer la Palestine. Que personne ne nous fasse porter des problèmes et des conflits internes dans le monde arabe puis nous entraîne vers des axes pour nous en faire payer le prix. Je me suis entretenu avec plusieurs personnes et leur ai dit : prenez l’expérience de la Syrie. Il y avait, à l’époque, un problème entre les Frères musulmans en Syrie et le président Hafez al-Assad. A un moment, la Syrie a réussi, avec sa grande maturité politique, à séparer son problème avec une organisation syrienne, de la question palestinienne. Le Hamas a eu les portes grande ouvertes, la Syrie a accueilli le Hamas et le Jihad en sachant qu’elle accueillait la Palestine. C’est ce qui est réclamé de la part de l’Egypte : séparer tout problème avec un groupe intérieur de la question de la Palestine. La Palestine est au-dessus de tous les axes. La Palestine est au-dessus de tous les alignements que nous apercevons aujourd’hui. C’est ce que nous souhaitons de la part de nos frères et que nous souhaitons également de la part de Hamas, qu’il prenne en compte la spécificité de notre situation palestinienne et préserver cette boussole dans nos relations. C’est d’ailleurs ce que j’entends tous les jours de la part de la direction et des cadres du Hamas disant qu’ils tiennent compte de l’Egypte et de son rôle.

A propos du document des revendications palestiniennes

Ce n’est ni un document qatari, ni turc, ni égyptien. C’est un document élaboré par la résistance, notamment le Hamas et le Jihad islamique, qui a porté six revendications, que je peux résumer en trois : cesser l’agression, lever le blocus, quelques demandes concernant les prisonniers. En ce qui concerne les prisonniers, cette revendication derait être d’abord égyptienne, dans le sens où l’Egypte a participé à l’accord en 2011. Libérer les prisonniers arrêtés ayant été libérés par cet accord, sous l’égide de l’Egypte, doit être une revendication égyptienne.

Le document formulé par la résistance est paru après l’initiative égyptienne.

Nous souhaitons que l’Egypte convoque toutes les organisations de la résistance, et non seulement le Hamas et le Jihad, car il s’agit de l’affaire de tout le peuple palestinien et toutes les organisations doivent participer à une telle rencontre. Nous souhaitons que l’Egypte les convoque et les écoute pour définir le minimum des revendications du peuple palestinien. Le minimum qu’aucun Palestinien n’est prêt à abandonner, est la fin du blocus. On ne peut cesser le feu tant que dure le blocus, qui est une sorte de mort lente qui s’étend depuis des années. Nous avons payé pendant le blocus, en morts humaines, plus que la guerre actuelle. C’est pourquoi nous ne demandons pas l’impossible.

Le document égyptien a suscité trois attitudes, la première étant celle de l’Autorité palestinienne qui semble-t-il, est partie prenante de ce document, la seconde est celle du mouvement du Jihad islamique qui a réclamé des modifications du document et la troisième a été celle du Hamas qui, après plusieurs déclarations et ripostes, ouvrant la porte à des interventions, l’a refusé, dans la forme et le fond.

Je pense que nous devons élaborer une position palestinienne unifiée à propos de ce document, pour l’améliorer et sortir avec une position acceptée par tous, sur le plan palestinien. Le mouvement du Jihad islamique tient à l’unité de la position politique palestinienne telle qu’elle se déclare sur le terrain militaire, nous refusons toute division.

Nous n’avons aucune divergence politique avec le mouvement Hamas, nous discutons dans un même esprit, ni même avec l’Autorité palestinienne, nos discussions ne sont pas antagoniques, nous essayons d’atteindre des point communs acceptés par tous.

Le document proposé par la résistance palestinienne n’a comporté aucune demande de garantie. Les discussions sur la garantie sont venues après, et font partie des divers pistes suivies dans la région. Nous avions mis en garde contre cela, comme le fait de dire qu’il y a une piste turco-qatarie sur laquelle travaille Hamas, et une autre piste égyptienne sur laquelle travaillerait Abou Mazen. Nous avions mis en garde dès le début contre un tel piège.

Je ne pense pas d’ailleurs que ce genre d’alignements est réel, ce que j’ai entendu du frère Khaled Mechaal est qu’il n’y pas de piste turco-qatarie, au contraire, le Hamas tient au rôle de l’Egypte et au rôle de l’Autorité palestinienne. Personne ne veut dépasser le rôle égyptien. Mais quel rôle ?

Les paroles sur les garanties sont venues parce que nous n’avons pas confiance en l’ennemi, le garant égyptien et les garanties dans les accords de 2012 et tous les accords précédents, ont été insuffisants pour freiner « lIsraël » et l’obliger à ne pas enfreindre les accords de trêve. De là viennent les discussions sur les garanties. Le Jihad islamique refuse la garantie américaine, ceci est pour nous une loi, les Etats-Unis sont associés dans l’agression. Ils ne veulent aucun bien pour la nation et la région. Pourquoi n’y aurait-il pas une garantie arabe ? Si l’Egypte ne peut freiner cette agression, où sont les Arabes ? Nous voulons une garantie réelle qui freine cette entité. Pour éviter toute division entre les Palestiniens, cette question sera soumise aux discussions.

Sur l’absence du Jihad dans les capitales arabes à la recherche d’un accord

Nous sommes présents à Shaja’iyya, à Beit Lahya, à Rafah, dans tout Gaza, avec les organisations de la résistance. Je ne pense pas que la présence de Palestiniens dans ces capitales définira le sort de cette bataille. Ce qui dessinera la fin de cette bataille est ce qui se passe sur le terrain. Nous discutons ensemble en permanence dans les rangs de la résistance.

La relation avec le Hezbollah

Concernant le coup de fil de Sayyid Hassan Nasrullah, il a effectivement eu lieu, pour moi-même et pour Khaled Mechaal. J’ai d’ailleurs rencontré sayyid Hassan Nasrullah récemment et nous avons discuté de ce qui se passe à Gaza.

Nos relations historiques sont connues avec la résistance islamique au Liban, qui a mené des guerres contre l’ennemi, que ce soit en 96 ou en 2006, nous avons entendu des assurances sur le soutien du Hezbollah, avec tous ses moyens, pour cette bataille. Ce que nous pouvons dire, est déjà paru dans le communiqué du Hezbollah et ce que nous ne pouvons dire, nous ne le dirons pas.

La relation historique entre la résistance palestinienne et la résistance libanaise ne s’est jamais arrêtée au stade de « Allah est avec vous ».

Refus des alignements et des axes

Quand nous réclamons un rôle égyptien, ce n’est pas dans le cadre des alignements en cours. Nous avons, pour notre part, payé le prix, mais certains ne veulent pas nous donner la marchandise : lever le blocus. Le mouvement du Jihad islamique se distingue des autres parties palestiniennes parce qu’il a gardé ses relations avec toutes les parties, le Hamas a des sensibilités envers l’Autorité palestinienne, il y a eu la division, et il y a des sensibilités dans les rapports entre l’Egypte et Hamas. Le Jihad islamique, n’ayant pas ces sensibilités, peut jouer un rôle et aider à surmonter les difficultés, à cause de nos rapports avec le Hamas en tant que partenaire dans la résistance, et notre présence en tant qu’assumant la question palestinienne, avec le Fateh et le reste du peuple palestinien.

Concernant la trêve humanitaire proposée, si elle est pour quelques heures, nous l’acceptons, juste pour quelques heures, mais qu’on ne parle pas de cessez-le-feu permanent. Que signifie une trêve humanitaire de longue durée ? C’est un piège linguistique, cela veut dire d’autre part que la résistance n’est pas humaine. La trêve humanitaire véritable consiste à accorder aux Palestiniens leurs droits.

Nous pacourons un chemin où la résistance a créé un horizon beaucoup plus vaste que tous ces détails, nous ne plongerons dans le marécage des détails. La bande de Gaza, avec sa résistance, ses hommes et femmes, ses enfants et ses maisons démolies sur la tête de ses habitants, ce chemin va modifier la situation dans la région de fond en comble. Ce ne sont pas des slogans, cherchez dans l’histoire de ce conflit et quels furent les rapports de force, et quelles guerres a mené cette entité, et ce qu’a réalisé la volonté palestinienne : ils nous ont encerclés, ils nous ont fermé les issues, pas de moyens d’avoir des armes, qui peut croire que le Palestinien a fabriqué les fusées en se privant de tout, et des fusées qui atteignent tous les lieux de la Palestine occupée.

Si l’agression et le blocus ne s’arrêtent pas, le baril de poudre qui existe dans Gaza se transformera en boule de feu qui brûlera toute la région. Que personne ne croit que nous n’avons pas d’appuis, notre appui est Dieu le Tout-Puissant, mais cette boule de feu à Gaza fait partie du peuple palestinien composé de 11 millions de personnes, qui, avec les Palestiniens de Gaza, peuvent susciter des problèmes partout dans le monde.

Nous refusons et avons toujours refusé de formuler des accusations de traîtrise envers quiconque sur la scène palestinienne. Nous avons des points de vue différents mais nous restons tous dans le cadre palestinien. Quant à l’attitude de Mahmoud Abbas, nous pensons qu’elle ne doit pas être celle d’un intermédiaire.

Les capacités militaires du mouvement du Jihad islamique sont dues aux efforts considérables des résistants et jeunes des Brigades al-Quds, à partir des leçons de 2012, et tout cela en plein milieu du blocus. Ce qui s’est passé, pour le Jihad islamique et même pour le Hamas, relève d’un miracle ou presque. Cela est le résultat de la volonté. L’ennemi ne pourra jamais briser la volonté de ce peuple.

Je ne dirai rien sur les armes possédées par la résistance, cela fait partie de la bataille, mais je certifie que les capacités de la résistance, et je parle en toute connaissance de cause, pour les Brigades al-Quds, et en général pour les Brigades al-Qassam, que ces capacités sont beaucoup plus importantes que ne le pense l’ennemi. Nous avons une direction sage et équilibrée, nous savons ce qui fait mal à l’ennemi et comment diriger cette bataille, nous savons où nous devons aller et où nous pouvons aller dans cette bataille.

Nous avons, en 2012, pris l’initiative de bombarder Tel Aviv. Nous savons ce que nous pouvons faire, nous connaissons les points faibles de l’ennemi. Son problème est qu’il n’a pas encore compris qu’il affronte une résistance populaire, une résistance islamique, nous ne cachons pas d’ailleurs notre référence islamique. Il suffit de voir comment les combattants se battent en plein milieu du mois de Ramadan, à jeûn. D’où tirent-ils leur force, sinon de l’Islam, en demandant le martyre ?

« Entrer dans la politique »

Si la politique signifie l’insistance et l’attachement aux droits palestiniens, le chemin vers la récupération de ces droits, sur la base des constantes palestiniennes, pour récupérer la terre, nous sommes toujours présents dans la politique. Mais si certains pensent que le Jihad islamique va aller dépenser les acquis de la résistance pour quémander des positions politiques dans l’Autorité ou autre, qu’ils oublient ceci. Construire une patrie, en situation d’affrontement avec l’ennemi, qui te propose un processus politique, n’a d’autre but que de liquider 90% de la patrie pour négocier sur les miettes qui en restent.

Dans la bande de Gaza, nous nous trouvons sur 1,13% de la terre de Palestine. Rien que de demander l’ouverture des terminaux devient un problème.

Mais si jamais la bande de Gaza est proclamée terre libérée et qu’elle ne pourra pas être attaquée, nous pourrons participer à la gestion de la bande de Gaza. Mais si c’est pour être une partie d’un règlement ou d’un accord avec l’Autorité, pour faire passer les accords d’Oslo, c’est une autre question.

Cela ne veut pas dire séparer la bande de Gaza du reste de la Palestine. Nous pouvons libérer la Cisjordanie et la bande de Gaza sans conditions ni concessions. Ce qui nous a ligoté et transformé en gardiens de l’ennemi, c’est le projet de règlement et le projet de l’Autorité, dans l’espoir d’un Etat en Cisjordanie et à Gaza. Ils parlent d’une solution à deux Etats, oui, il y a deux Etats actuellement en Cisjordanie même, l’Etat des colons qui est un second Israël, et qui est en confrontation avec nous comme le premier Israël fut en confrontation avec nous sous le mandat britannique. Ne transformez pas l’Autorité d’Oslo en autorité mandataire britannique, pour que soit fondé le second Israël en Cisjordanie. Face à l’Etat des colons en Cisjordanie, il y a des miettes qui ne peuvent constituer un Etat. La voie pour un Etat, c’est celle de la résistance qui est aujourd’hui en cours à Gaza.

Si les Palestiniens ne participent pas en Cisjordanie à la résistance, c’est à cause de l’Autorité et de ses services sécuritaires, là où ils sont inexistants, le peuple se révolte. Qu’est-ce que cela veut dire ? Le peuple palestinien doit réaliser ce que cela signifie.

En Cisjordanie, c’est une question de temps, il n’est pas possible que le peuple palestinien soit soumis ou mis à genoux, tout le monde verra lorsque le projet de règlement va s’effondrer, et ils verront le peuple palestinien, en Cisjordanie et dans toute la Palestine. Nous, nous faisons partie de la génération qui a vu la défaite de 67, et nous dirigeons la résistance. Mais cette génération qui n’a pas connu la défaite, et qui voit toutes les villes en Palestine occupée bombardées, que fera-t-elle ? Personne ne pourra s’opposer à elle. Ce n’est pas notre dernière bataille, mais ne nous dites pas que nous ne devons pas réclamer la fin du blocus à Gaza.

Nous avons proclamé, dès la fondation de notre mouvement, que la question palestinienne doit être notre question principale, la nation peut se retrouver autour de la Palestine. Pour toute mère de famille, l’enfant le plus cher est celui qui est éloigné et qui doit revenir. La question de la Palestine est la question la plus chère aux yeux des fils de la nation, même s’ils disent que le pain ou autre est plus important, les gens ont des soucis qu’il faut régler, mais personne de cette nation ne peut oublier la Palestine. Ce qui arrive aujourd’hui, c’est diriger la boussole dans la direction juste, dirigez-vous vers la Palestine, elle vous donnera tout ce à quoi vous ne vous attendez pas.

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