546 vues
image_pdfimage_print

Soutien à la Résistance du peuple palestinien – 70 ème anniversaire de la Nakba 

Comité Action Palestine

 

Le 14 mai 1948, jour de la « création de l’Etat israélien », est commémorée par les Palestiniens comme la Nakba, la Catastrophe. Cinq cents villages détruits, 800 000 Palestiniens expulsés de leurs terres, de très nombreux massacres, les sionistes franchissaient alors une étape majeure dans leur projet colonial entrepris dès la fin du XIXème siècle. Cautionné par les puissances occidentales, le mythe sioniste selon laquelle la Palestine était «une terre sans peuple pour un peuple sans terre» a constitué l’un des plus grands mensonges de l’histoire et a servi de justification à la politique sioniste de colonisation et d’épuration ethnique. Les réfugiés et déplacés palestiniens sont aujourd’hui près de 8 millions. Un tiers d’entre eux vivent encore dans les 58 camps établis après la Nakba à Gaza, en Cisjordanie et dans plusieurs pays voisins comme la Jordanie, le Liban, la Syrie.

L’entité sioniste : 70 ans de crimes et de massacres

En recommandant la partition de la Palestine, la Résolution 181, adoptée par l’ONU le 29 novembre 1947, est l’acte fondateur de la Nakba. Elle attribue aux Juifs 56 % du territoire palestinien, alors que démographiquement, ils représentent moins du tiers de la population et possèdent jusqu’alors à peine 7 % des terres. Légitimement refusée par les Palestiniens, elle permet aux sionistes de rendre effective leur stratégie de spoliation et de domination du pays. Supérieurs militairement, les sionistes craignent malgré tout l’union entre la population palestinienne et les armées arabes. Selon des plans préétablis, ils conduisent dès fin 1947 une politique de terreur afin d’accélérer le nettoyage ethnique et le vol des terres, pratiquant ainsi la politique du fait accompli. Le 31 décembre, la Haganah et le Palmah investissent Balad al Sheik et Hawassa, à la périphérie de Haïfa : 76 victimes dont des femmes et des enfants. Parmi les massacres, Deir Yassine reste le plus symbolique et reste le prélude à la déportation en masse des Palestiniens. Le 9 avril, les sionistes de l’IRGUN tuent 254 villageois, majoritairement des femmes, des enfants et des personnes âgées. Dans les semaines et les mois qui suivront, 418 villes et villages sont détruits, plus de 15000 palestiniens sont assassinés et dans plus de 70 villages, la population est entièrement massacrée. Des dizaines d’autres massacres ont lieu comme à Balad Esh Sheikh, Sasa, Hul, El Dawayimeh, Tantura… A Lydda, le 11 juillet, des centaines de martyrs sont fusillés dans la mosquée Dahmash. Le 15 octobre, l’un des pires massacres a lieu à Dawayma où 300 civils arabes sont assassinés. En Galilée, l’opération Hiram, lancée le 29 octobre, fera 70 martyrs assassinés de sang-froid.

La Nakba continue aujourd’hui avec le soutien renouvelé des puissances impérialistes

Mais la Nakba ne s’est pas arrêtée en 1948. Aujourd’hui la judaïsation de la Palestine et l’épuration ethnique des Palestiniens, notamment à al-Quds et dans le Naqab, continuent à marche forcée, avec le soutien total des puissances impérialistes. Les accords d’Oslo ont été un piège. Pendant que des dirigeants palestiniens et arabes négociaient, la colonisation et l’expulsion des Palestiniens s’aggravaient, les résistants étaient emprisonnés ou assassinés. Le transfert de l’Ambassade américaine de Tel Aviv à al-Quds (Jerusalem), à la date anniversaire du 70ème anniversaire de la Nakba, est lourde de conséquences pour les Palestiniens, le monde arabo-musulman, mais aussi pour le monde entier. Niant de fait le droit international qui octroie un statut international à cette ville palestinienne, les Etats-Unis font d’al-Quds la capitale d’Israël, conformément au souhait des sionistes. La décision de Donald Trump montre que les Américains apportent un soutien inconditionnel à Israël, sous forme politique, militaire et économique. Qui peut encore croire que les Israéliens et les Américains sont pour la paix ? De nombreux dirigeants arabes, y compris palestiniens ont fait le jeu des sionistes et des Occidentaux qui leur promettaient un Etat palestinien. Cette fois-ci, le message de Trump est sans appel : les Palestiniens, ainsi que tous les peuples arabes et musulmans ne doivent rien attendre des impérialistes. La solution des deux Etats, un Etat palestinien à côté d’un Etat israélien est une promesse jamais tenue et qui ne sera jamais tenue. Les Palestiniens le savent très bien. Ils ne peuvent compter que sur leur unité et leur résistance pour libérer la terre arabe de Palestine

Les Palestiniens ne renonceront jamais.

Depuis le début de la colonisation juive de la Palestine, le peuple palestinien a toujours résisté sous différentes formes à cette terrible entreprise de destruction de sa société. Malgré toutes les tentatives pour l’anéantir, la Résistance populaire est aujourd’hui plus forte que jamais et il est clair que les Palestiniens ne renonceront jamais à leurs droits et à leur liberté. Après les trois guerres de Gaza (2008 ; 2012 et 2014), les Gazaouis, malgré le blocus infâme, continuent de résister. Ils résistent aux sionistes, ils résistent contre l’Occident qui soutient Israël et contre la trahison de nombreux Etats arabes. A al-Quds, la résistance s’est réactivée en octobre 2015 avec la mobilisation pour défendre la Mosquée al-Aqsa. La dernière décision de Trump n’a pas brisé leur volonté, bien au contraire. En organisant depuis le 30 mars à Gaza, la Marche du retour, ils montrent que rien ne les arrêtera. Pour empêcher cette marche, l’armée israélienne n’a pas hésité à tuer. A tuer des Palestiniens qui veulent faire entendre au monde leurs revendications : retourner chez eux, sur leurs terres, dans leurs maisons que les colons israéliens ont volées en 1948. La violence de l’occupant face à des Palestiniens désarmés est signe que la peur a définitivement changé de camp. Très sérieusement menacé par la résistance à l’intérieur et à l’extérieur, l’avenir de l’entité sioniste sur la terre arabe de Palestine parait, 70 ans après sa création, plus compromis que jamais.

Pour reprendre les mots d’un leader palestinien, cette marche est une marche pour le retour en Palestine, pour montrer au monde entier que les Palestiniens refusent le deal américain, la judaïsation d’Al-Quds et de la Palestine et la suppression du droit au retour des réfugiés.

Vive la Résistance du peuple palestinien – Vive la Palestine libre !

Nous, Comité Action Palestine, sommes à leurs côtés sur ce chemin. Nous réaffirmons que la Palestine est arabe, et soutenons la lutte du peuple palestinien jusqu’à la victoire de la résistance et la satisfaction des revendications légitimes. Nous appelons à

  • la condamnation du sionisme comme mouvement politique colonialiste et raciste.
  • au soutien inconditionnel à la résistance du peuple palestinien et à son combat pour son autodétermination et son indépendance nationale.
  • la reconnaissance du droit inaliénable au retour de tous les réfugiés chez eux.
  • la libération de tous les résistants emprisonnés, dont Georges Ibrahim Abdallah enfermé dans les geôles françaises depuis 35 ans.
print