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Le 5 juillet 2012, l’Algérie a célébré le cinquantième anniversaire de son indépendance. Bien qu’en France des historiens, des politiques, des courants de pensée dans l’opinion publique aient cherché à galvauder le terme même d’indépendance, celui-ci conserve toujours une signification vivace pour le peuple algérien en raison de l’histoire et de l’actualité.

Le 5 juillet 1962, c’est la date symbolique qui clôt, après les Accords d’Evian du 19 mars 1962, 132 ans de colonisation, de spoliation, d’exploitation forcenée, de misère, de famine, d’injustice, d’humiliation, de racisme et de massacres. La signification de l’indépendance en tant qu’acte libérateur et tant que valeur politique de la conscience collective algérienne n’est compréhensible qu’au regard de la barbarie du système colonial. Economiquement, les Algériens furent dépossédés de leurs terres et réduits au plus haut point de misère et de servilité. Socialement, toutes les formes traditionnelles d’organisation communautaire furent déstructurées. Culturellement, l’assimilation était une politique de dislocation de l’identité arabe et musulmane de l’Algérie. Ce système d’oppression coloniale a fonctionné selon une logique d’apartheid c’est-à-dire sur le mode de la séparation du monde européen du monde musulman, de la discrimination institutionnalisée et de l’asservissement de la population colonisée. Mais à certaines périodes, en fonction des intérêts économiques du moment ou de la ténacité des résistances populaires, ce système colonial est entré dans une logique génocidaire. Un tiers de la population algérienne fut décimée pendant la colonisation. L’indépendance pour les Algériens en 1962 comme en 2012, n’est donc pas un vain mot : c’est le droit pour un peuple d’exister dans la justice, la liberté et la dignité.

Cette indépendance a acquis d’autant plus de valeur qu’elle a été chèrement acquise, au prix d’une des guerres de libération les plus impressionnantes et les plus violentes du 20ième siècle. Huit années d’un carnage sans nom, où toutes les techniques de guerre modernes et les armes les plus destructrices ont été employées contre l’insurrection populaire, ont laissé un macabre décompte : 1.5 millions d’Algériens tués. Mais ce sont 1.5 millions de valeureux martyrs et les sacrifices inimaginables de la résistance populaire qui ont rendu possible la réalisation de l’idéal du nationalisme algérien : l’indépendance, c’est-à-dire la capacité pour un peuple de fonder une nation et de choisir son destin.

50 ans plus tard, les principes de la révolution animent toujours la conscience populaire algérienne, et l’idéal d’indépendance est toujours une idée aussi neuve. A l’heure où l’impérialisme tente de remodeler le « Grand Moyen-Orient », de déstabiliser le monde arabe pour contrer les processus révolutionnaires en cours, de fomenter et de financer de pseudo-rébellions pour installer de nouveaux pouvoirs fantoches, la question de l’indépendance se repose avec acuité pour le peuple algérien. En effet, les guerres et les recompositions politiques en Libye et au Mali, impulsées par l’Occident, constituent une menace pour la stabilité et l’intégrité de l’Algérie. L’Occident en général et la France en particulier mènent une politique d’encerclement de l’Algérie en attendant l’occasion de pouvoir y réinstaurer un régime à leur solde, d’assoir dans ce vaste pays aux richesses multiples leur néocolonialisme. Si l’indépendance a été chèrement acquise contre le colonialisme, elle doit être préservée et défendue comme la chose la plus précieuse qui soit contre le néocolonialisme. Mais le peuple algérien, armé d’une expérience historique riche en enseignements et conscient des enjeux internationaux actuels, saura résister, comme par le passé, à toute tentative de nuire à son intégrité et à sa liberté.

Comité Action Palestine

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