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En ce mois de septembre, nombreuses sont les commémorations médiatiques pour les victimes du 11 septembre 2001, rares, en revanche, sont celles pour les victimes palestiniennes des massacres perpétrés par l’Etat d’Israël.

Pourtant du 16 au 17 septembre 1982, plus d’un millier de réfugiés palestiniens et civils libanais ont été massacrés dans les camps de Sabra et Chatila, dans la banlieue de Beyrouth, au Liban. Des hommes, mais aussi des femmes et des enfants, ont été égorgés, empalés, éviscérés, violés par les milices chrétiennes phalangistes sous le regard bienveillant et complice de l’armée israélienne.

Ce crime contre l’humanité orchestré notamment par l’Etat colonial et raciste d’Israël et par Ariel Sharon, en particulier, n’est malheureusement qu’un des nombreux massacres qui jalonnent la création de cet Etat. Le massacre de Sabra et Chatila s’inscrivait dans le contexte de la guerre lancée par Israël pour mettre définitivement un terme à la présence de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) au Liban et à la résistance du peuple palestinien, et de manière plus générale dans la politique d’épuration ethnique inscrite dans le projet sioniste .

 


Le récent film d’animation israélien, « Valse avec Bachir », vient certes nous rappeler ce dramatique évènement mais, comme toujours, seule la parole est donnée aux bourreaux et à leurs complices. Occultant le contexte, esquissant en filigrane la responsabilité du criminel-général Ariel Sharon, le réalisateur laisse, de manière indécente, libre cours au déversement des états d’âmes de ces anciens soldats israéliens, acteurs et témoins de tueries.

Quid de la souffrance des Palestiniens ? A l’instar de la politique coloniale d’Israël se fondant sur la négation du peuple palestinien , ce film nie scandaleusement le martyre de ces hommes, femmes et enfants palestiniens… Quelques images à la fin du film viennent nous rappeler que les vraies victimes sont les réfugiés palestiniens des camps de Sabra et Chatila. On les aurait presque oubliés ! C’est bien là l’objectif de la société coloniale.


En Palestine, la politique de colonisation et d’épuration ethnique commencée à la fin du 19ème siècle, s’est accélérée en 1948, avec la création de l’Etat d’Israël, la Nakba (la catastrophe) pour les Palestiniens. Elle a entrainé entre 1947 et 1949, la destruction de plus de 500 villages palestiniens, de nombreux massacres (dont le plus connu est celui de Deir Yassine) et l’expulsion de plus 800 000 Palestiniens, qui se réfugieront à Gaza, en Cisjordanie et dans les pays limitrophes, en Jordanie, en Syrie, en Irak et au Liban.

Chassés de leur terre, niés de tous, privés de leurs droits fondamentaux, plus de cinq millions de réfugiés palestiniens s’entassent depuis 60 ans dans des camps, gardant avec eux, les clés de leurs maisons (aujourd’hui détruites ou habitées par des familles juives) et l’espoir de retourner sur leurs terres.

Mais les occupants juifs ont toujours refusé de reconnaitre aux Palestiniens le droit au retour, malgré la résolution 194 , votée par l’Assemblée Générale de l’ONU le 11 décembre 1948 [1].

Aujourd’hui , M. Abbas, à la solde des israéliens, abandonne aussi ce droit et trahit encore une fois son peuple. La complicité de la plupart des Etats arabes et le soutien des pays occidentaux encouragent l’Etat colonial israélien à nier les droits fondamentaux du peuple palestinien et à poursuivre son objectif d’épuration ethnique totale.

Ainsi l’Histoire continue, impitoyable, pour les réfugiés palestiniens mais aussi pour les Palestiniens vivant à Gaza, en Cisjordanie et dans les territoires occupés en 48. Incursions, fouilles et arrestations de civils palestiniens, emprisonnements et tortures des résistants, spoliation, occupation et colonisation des terres palestiniennes, tel est le vrai visage de cet Etat raciste appelé Israël.

Gaza est encerclée, asphyxiée. En Cisjordanie, il y a plus de 450 000 colons, près de 560 barrages routiers et les murs s’érigent, interdisant l’accès aux soins et à l’éducation. Les assassinats et les kidnappings de militants et d’élus politiques sont quotidiens. Il y a aujourd’hui 10 000 prisonniers politiques dans les geôles israéliennes.

Face à cette entreprise de destruction de leur peuple et de spoliation de leurs terres , les Palestiniens n’ont d’autres choix que la RESISTANCE . Ils l’ont déjà démontré avec les deux intifada, la récente victoire au Liban, ou la chute du mur de Rafah en janvier 2008. En Palestine occupée, le peuple palestinien est toujours debout, uni depuis plus de 60 ans contre l’infernale machine de guerre coloniale israélienne. Il nous indique la voie à suivre.

Aujourd’hui plus que jamais il faut soutenir le Peuple palestinien dans sa revendication

– Un Etat palestinien sur TOUTE la Palestine historique
– L’autodétermination et l’indépendance nationale du peuple palestinien
– La libération de TOUS les résistants emprisonnés
– Le retour de TOUS les réfugiés chez eux
– La condamnation du sionisme, idéologie raciste et colonialiste.

Comité Action Palestine


[1] Résolution 194 : « L’Assemblée générale […] décide qu’il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins, et que des indemnités doivent être payées à titre de compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leurs foyers et pour tout bien perdu ou endommag é lorsque, en vertu des principes du droit international ou en équité, cette perte ou ce dommage doit être réparé par les gouvernements ou autorités responsables. »

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