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Comité Action Palestine

Dimanche 30 septembre 2018, l’association RAHMI propose la projection à Bordeaux d’un documentaire israélien intitulé « Entre les frontières» qui, selon la présentation qui en est faite, interroge le statut de réfugiés.

Qu’un cinéaste israélien soit l’artisan de la propagande sioniste et réalise un film qui cherche à normaliser un Etat colonial en se focalisant sur l’immigration sub-saharienne en Israël, tout en niant les 8 millions de réfugiés palestiniens, ne surprend personne. Mais que cette propagande soit relayée telle quelle par des organisations françaises dont l’objet est « de faire connaitre et reconnaitre l’histoire et la mémoire de l’immigration » est proprement scandaleux.

Les réfugiés d’où qu’ils viennent ne tombent pas du ciel, mais sont le résultat du colonialisme occidental et de ses conséquences en Afrique, en Asie et au Proche/Moyen Orient. Les réfugiés palestiniens sont aujourd’hui la plus ancienne et la plus importante population de réfugiés dans le Monde. A ce titre, ils sont le symbole de tous les réfugiés.

Le sionisme est un mouvement colonial et raciste, dont l’objectif premier est de vider la terre arabe de Palestine de son peuple autochtone pour y établir l’Etat d’Israël. Ce processus d’épuration ethnique commencé dès l’installation des premières colonies juives au début du XXème siècle se poursuit toujours cent ans plus tard. Entre décembre 1947, date du vote à l’ONU du plan de partition qui décida du dépeçage de la Palestine, et l’armistice de juin 1949 qui « couronnait » l’occupation de 78% de la Palestine par les sionistes, 531 villages furent détruits et plus de 800 000 Palestiniens furent expulsés de chez eux par la force ou fuirent pour échapper aux bombardements et aux massacres. L’immense majorité d’entre eux se réfugia soit dans les régions de Palestine non occupées par les sionistes, soit dans les pays arabes limitrophes. L’épuration ethnique fut de nouveau massive en 1967 lorsque toute la Palestine historique fût occupée par l’entité sioniste. 450 000 Palestiniens furent contraints à l’exil, dont la moitié, déjà réfugiés en 1948, furent expulsés une seconde fois.

Soixante-dix ans plus tard, les réfugiés et déplacés palestiniens sont près de 8 millions. Un tiers d’entre eux vivent encore dans des conditions innommables dans les 58 camps établis après la Nakba à Gaza, en Cisjordanie et dans plusieurs pays voisins comme la Jordanie, le Liban, la Syrie. Aucun de ces réfugiés n’a jamais pu rentrer en Palestine, bien que leur droit au retour soit inscrit dans la résolution 194 votée en 1949 par l’ONU. Alors qu’Israël et son allié américain travaillent activement à priver les réfugiés palestiniens de leur statut, les jeunes Gazaouis, emprisonnés derrière les murs dressés par l’occupant, font don de leur vie pour rappeler au Monde que leur seul objectif est le retour chez eux en Palestine.

Voilà la réalité.

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