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Comité Action Palestine (15 octobre 2022)

Face à la violence coloniale qui essaye de l’anéantir depuis plus de 100 ans, le peuple palestinien résiste. Chaque jour, avec les moyens dont il dispose, il fait œuvre de détermination et de courage pour libérer sa terre. Il sait que l’autodétermination se gagne par le fusil parce que le colon ne lui laisse pas d’autre choix.

Dans cette marche vers la libération, les Palestiniens franchissent actuellement une nouvelle étape. Alors qu’il y a trois décennies, les sionistes croyaient avoir définitivement muselé la Résistance via les Accords d’Oslo, le colonialisme produisant toujours les mêmes effets, c’est toute une nouvelle génération de résistants qui se soulève aujourd’hui, enterrant une bonne fois pour toutes ces soi-disant accords de paix. L’armée sioniste n’ose plus s’aventurer durablement à Gaza qui s’est armé pour riposter efficacement contre toute nouvelle attaque et dispose des moyens militaires dissuasifs. Même si elles se succèdent à un rythme soutenu (2009, 2012, 2014, 2021, 2022) et font de nombreux martyrs, chaque guerre contre Gaza est plus courte que la précédente, les sionistes négociant rapidement un cessez-le-feu sous la menace des missiles palestiniens.

A son tour, la Cisjordanie se soulève. Bien que l’Autorité palestinienne mène une politique très répressive pour juguler la détermination des Palestiniens, les actes de résistance se sont multipliés ces dernières années. Ce fut d’abord l’Intifada aux couteaux en 2015, en réponse aux menaces qui pèsent sur la Mosquée al-Aqsa. Ces attaques ciblant les colons où qu’ils se trouvent a fait changer la peur de camp et redonner confiance à la jeunesse palestinienne. Dans le secret des camps de réfugiés, à Jénine, Naplouse, Tulkarem, la résistance armée s’est réorganisée en faisant taire, comme à Gaza, les divergences politiques entre les grandes factions palestiniennes. Depuis quelques mois, et surtout depuis l’assassinat en mai dernier de la journaliste palestinienne Shireen Abu Akleh, les menaces grandissantes sur la Mosquée al-Aqsa en tant que symbole de la souveraineté palestinienne sur cette terre et l’assassinat de nombreux résistants, les Brigades de Jénine ou les membres de la Fosse aux Lions à Naplouse sortent au grand jour. Ces dernières semaines ont été décisives, car bien que la jeunesse paye le prix fort (plus de 100 martyrs en 2022), les opérations de résistance contre l’armée coloniale et les colons se multiplient partout en Cisjordanie. La répression menée par les forces ennemies et les collaborateurs de l’Autorité palestinienne n’y peut rien car pour chaque martyr, dix nouveaux résistants se lèvent. Depuis quelques jours, suite à l’opération spectaculaire de Shuafat, c’est toute la population qui se joint à la Résistance en appelant à la désobéissance civile et à la grève générale. Nulle part les sionistes sont à l’abri et la marge de manœuvre du pouvoir colonial se rétrécit car ne peut pas mener d’opération militaire d’envergure, comme à Gaza, sur un territoire aussi grand. Même si le chemin est encore long, cette nouvelle étape de la lutte de libération appelle à l’optimisme quant à la victoire du peuple palestinien.

Sur ce chemin, il marche dans les pas du peuple algérien qui, après 130 ans d’occupation, a réussi à se libérer du joug colonial français grâce à sa résistance déterminée. Contrairement à ce que beaucoup voudraient faire croire, ce qui se passe en Palestine depuis plus de 100 ans est un processus colonial qui ressemble par bien des aspects au colonialisme français en Algérie. Rappelons-nous des massacres du 17 octobre 1961, où plusieurs milliers de manifestants algériens défilant pacifiquement ont été sauvagement réprimés et des centaines assassinés en plein Paris par la police française. La France de 1961, c’est la France de l’oppression coloniale, celle de la guerre d’Algérie, celle qui met en œuvre les mêmes méthodes racistes et criminelles contre la résistance armée en Algérie et les immigrés algériens, les considérant toutes deux comme des menaces pour l’intégrité de la République française. Pourtant 60 ans plus tard, la République française n’a pas changé. Elle entretient toujours le même rapport avec ceux qui sont originaires de son ancien empire colonial. Rien ne peut changer puisque la politique impérialiste française et sa mission dite « civilisatrice » sont des éléments constitutifs de la Nation française.

C’est aussi à ce titre que la France maintient en détention depuis 38 ans Georges Ibrahim Abdallah, un résistant libanais antisioniste, alors qu’il est libérable depuis plus de 20 ans et que plusieurs décisions de justice récentes ordonnent sa libération sous condition d’expulsion. Incarcéré depuis 1984, Georges Ibrahim Abdallah a battu le record détenu jusque-là par Nelson Mandela (24 ans) et revendique désormais le titre de «doyen des prisonniers politiques dans le monde ». A l’instar des autorités d’occupation en Palestine qui maintiennent en détention administrative, c’est-à-dire sans procédure juridique ni jugement plusieurs centaines de prisonniers politiques palestiniens, la France bafoue sa propre justice en maintenant Georges Ibrahim Abdallah en prison. A ce déni de justice, s’ajoute la tentative de criminalisation du soutien à ce prisonnier politique. En mars 2022, le ministère de l’intérieur a considéré que la solidarité du Comité Action Palestine avec Georges Ibrahim Abdallah constituait l’un des motifs suffisants pour justifier la dissolution de l’association. Par le maintien de Georges Ibrahim Abdallah en prison et la tentative de réprimer le mouvement de solidarité avec la lutte du peuple palestinien, le gouvernement français montre une fois de plus son alignement sur ce mouvement colonial et raciste qu’est le sionisme.

Comme nous le montrent aujourd‘hui les Palestiniens, et auparavant tous les peuples qui se sont libérés du colonialisme, seule la détermination et la résistance payent. Exiger la libération de Georges Ibrahim Abdallah et celle des milliers de prisonniers palestiniens, c’est dénoncer le sionisme partout où il sévit, et soutenir le combat de la résistance jusqu’à la victoire de la liberté en Palestine, en France et partout dans le monde.

Force et honneur au peuple palestinien !

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