Hamas, la démocratie islamiste et la libération nationale

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le 6/11/2007 14:30:00 (980 lectures)

 

Femmes du HamasNous, en Occident, devons accepter que la laïcité ne soit pas un principe idéologique majeur au Moyen Orient, en grande partie car elle a été introduite dans la région par les colonialistes déclare Sukant Chandan dans cet article publié sur le site PalestineChronicle.com le 19 octobre 2007 .

Les peuples du monde entier développent leur propre identité politique à partir de leurs propres racines culturelles et politiques. Le Hamas en est un exemple.

Mais il faut reconnaître que les préjugés euro-centristes et l’oppression occidentale du Tiers-Monde dénient à ce mouvement de libération la capacité à faire valoir les principes universels de justice, de démocratie et de liberté dont l’Occident se prétend seul représentant légitime.

Photo : PalestineChronicle.com


Nous, en Occident, devons accepter que la laïcité ne soit pas un principe idéologique majeur au Moyen Orient, en grande partie car elle a été introduite dans la région par les colonialistes.

La victoire du Hamas aux élections de janvier 2006 a conduit à un intérêt croissant pour le Mouvement de la Résistance Islamique. Jusqu’à présent, peu de choses ont été comprises sur l’Histoire du Hamas, sa stratégie politique et sociale et sa tactique. Ce sont plutôt des rumeurs et des préjugés bon marché contre le Hamas qui ont été colportés au travers de tout le spectre politique occidental. D’une manière regrettable, les progressistes occidentaux ont largement évité de relever les challenges de l’internationalisme et de l’anti-racisme dans le contexte de la campagne néocolonialiste et raciste contre les Musulmans et l’Islam, dont fait partie la diabolisation et la criminalisation du Hamas.

Les personnes de conviction démocratique et progressiste, opposés à la criminalisation du Hamas, doivent se confronter à l’idéologie eurocentrique qui légitime seulement ceux que les Occidentaux considèrent comme démocratiques, plutôt que ceux qui sont choisis par leur peuple. Cet article a comme objectif de démontrer que l’idéologie du Hamas se réclame autant des valeurs et des pratiques de la démocratie et des droits de l’homme que ces mouvements politiques occidentaux. La différence réside dans le fait que ces valeurs sont inspirées et enracinées dans leur propre contexte religieux, culturel et social.

Le processus de paix d’Oslo n’a pas réussi à mettre en place une paix juste et durable pour les Palestiniens qui souffrent et se battent depuis longtemps. Cet échec a créé les conditions pour que le Hamas vienne au devant de la scène de la lutte nationale palestinienne. Depuis le début du processus d’Oslo, au début des années 90, les Palestiniens ont pu voir que certains éléments de la direction du Fatah disposaient d’un train de vie très élevé et étaient impliqués dans toutes sortes de corruption financière et morale, et ne se privaient pas d’arrêter et de torturer des Islamistes. Dans un contraste austère, le Hamas se révélait de plus en plus populaire en raison de ses résultats en matière d’aide à la population, grâce à ses organisations civiles, à l’absence de corruption financière, au mode de vie simple de sa direction, à leur morale rigoureuse en accord avec les principes islamiques. Les attaques suicide meurtrières conduites en Israël par la branche armée du Hamas, les Brigades Al-Qassem, à un moment où les négociations se révélaient sans perspectives pour repousser l’agression israélienne, ont fait grandir le prestige du Hamas, comme défenseurs du peuple palestinien. Ce dévouement au peuple et à la lutte s’est traduit en soutien électoral. Le Hamas a gagné la moitié des voix aux élections municipales au début de l’Intifada Al-Aqsa en 2000. A cette date, le Hamas n’a pas participé aux élections présidentielles et législatives en raison de son opposition à Oslo, et parce qu’il considérait ces élections comme parties intégrantes du processus d’anéantissement de la Révolution nationale palestinienne. Puis, fait historique, ils ont décidé de participer aux élections de 2006. Leur victoire retentissante issue des urnes a constitué un fait encore plus important.

Les personnes intéressées par une analyse plus approfondie de la campagne électorale du Hamas doivent lire l’étude de Khaled Hroub : « Un nouveau Hamas : au travers de ses nouveaux documents ». Hroub établit que des documents publiés au moment de la campagne électorale en 2006 révèlent que le Hamas a fait preuve d’un grand attachement à l’union nationale de tous les mouvements palestiniens, d’une volonté de favoriser un gouvernement national et a fait des efforts pour diminuer la rhétorique islamique. En aucun cas, cela ne doit être interprété comme un abandon par le Hamas de ses objectifs d’un Etat islamique considéré comme la meilleure solution pour la société palestinienne et sa libération, mais plutôt comme une reconnaissance qu’il devait agir dans un esprit de tolérance démocratique et de respect des autres partis laïques et de l’électorat palestinien. Hroub argue également que ces évolutions et ces documents ont été largement ignorés en Occident. Cette étude est particulièrement pertinente à un moment de désaccord national entre le Hamas et le Fatah, alors que beaucoup qualifient le Hamas de putschiste. L’étude de Hroub montre, au contraire, que le Hamas a, pendant un certain temps, appelé à une stratégie d’union au sein des rangs patriotiques palestiniens. Le Hamas a ses propres objectifs stratégiques islamiques, mais il les met en avant par des moyens démocratiques et civils. Il a toujours affirmé que le peuple palestinien doit être celui qui aura le dernier mot sur ces questions par le moyen d’élections démocratiques. Dr Salah Bardawil, un responsable du Hamas dans le Sud de la Bande de Gaza, a déclaré dans l’édition en langue arabe de Asharsrq al-Awsat du 31 janvier 2006 : « le Hamas n’a absolument jamais pensé et ne pense absolument pas à la promulgation de lois qui imposeraient les enseignements islamiques à la société. Les enseignements religieux sont suivis lorsqu’ils sont acceptés par le peuple, et non lorsqu’ils sont imposés par la terreur ». Il a expliqué que « le peuple palestinien connaît l’approche tolérante du Hamas qui l’a conduit à gagner plus de voix chrétiennes que certains autres partis laïques » et il a considéré « les accusations consistant à déclarer que le Hamas planifiait la mise en œuvre de contraintes religieuses faisaient partie d’une grande campagne menée par les partis nationaux, internationaux et israéliens pour salir l’image du mouvement Hamas ».

L’attachement à la démocratie n’a rien de neuf pour ce parti. Même depuis sa création, le Hamas a exprimé son attachement aux volontés démocratiques du peuple, quelle que soit sa décision. Le leader du Hamas, Sheikh Yassin, tué par un bombardement israélien en mars 2004, a déclaré en 1989, dans l’édition en langue arabe du quotidien Al-Nahar : « Je veux un Etat démocratique pluripartite, et je veux que quiconque gagne les élections assume le pouvoir ». Quand le journaliste lui a demandé si ce serait toujours le cas si le Parti Communiste gagnait les élections, le Sheikh Yassin a répondu : « Je respecterai le souhait du peuple palestinien même si le Parti communiste gagne ».

Des tensions existent entre le Hamas et les autres partis, et il ne faut pas dissimuler ou oublier la nature politique et culturelle des tensions internes qui ont toujours existé au sein du camp nationaliste palestinien. Il y a eu plusieurs cas d’affrontements violents entre le Hamas, le Fatah et les autres partis palestiniens comme les Fronts Populaire et Démocratique (de Libération de la Palestine, FPLP, FDLP ndlt). Ces tensions ne sont pas seulement le fait de quelques jeunes islamistes zélés attaquant ceux dont le seul crime est d’être laïques, ainsi que l’exemple suivant le montre. Un responsable politique palestinien d’un parti marxiste était souvent aperçu ivre dans les rues de Gaza pendant le Première Intifada. Il a été brutalement attaqué par des jeunes du Hamas, gravement blessé et hospitalisé dans une situation critique pendant plusieurs semaines. Il a déclaré cependant qu’il n’avait aucune rancune envers le Hamas et soutenait même leurs actions car il avait le sentiment que son comportement était inacceptable au moment où l’ensemble de la communauté faisait des sacrifices immenses. Ceci rappelle une scène du film « La Bataille d’Alger » quand un groupe d’environ une vingtaine d’enfants de la Casbah attaque un ivrogne local et l’expulse de la communauté. Au cœur d’une lutte de masse, spécialement dans une société qui désapprouve un tel comportement en temps normal, les mouvements de libération prennent souvent des décisions sévères, mais populaires, pour assurer la cohésion sociale et l’unité au sein de la communauté.

Depuis l’établissement de l’Autorité Palestinienne, que les Occidentaux et Israël ont mise en place en espérant qu’elle fasse leur boulot pour réprimer les révolutionnaires palestiniens, les membres du Hamas ont été emprisonnés, torturés et parfois même assassinés par l’AP. Pourtant ce mouvement n’a jamais eu recours à la vengeance contre ces attaques. La direction a toujours tenu à l’écart toute demande occasionnelle de châtiment envers l’AP et le Fatah. Le Hamas a toujours fait preuve d’une grande patience le long de ses années d’existence, spécialement alors qu’il a été traité par l’Autorité Palestinienne sous contrôle du Fatah comme un véritable ennemi interne, Les militants et les combattants du Hamas, avec ceux des autres partis, ont été régulièrement emprisonnés et torturés par l’AP, bien que, du fait de leur force et de leur popularité auprès de la population, Arafat ait toujours fait référence à eux en tant que frères de combat et empêché une rupture totale. Actuellement en Cisjordanie, on se retrouve dans une situation identique en matière de répression et d’arrestations arbitraires conduites par le Fatah envers les militants du Hamas. Alors que le Fatah et les autres forces d’opposition sont généralement autorisés à organiser des manifestations et des rassemblements à Gaza  – sous contrôle du Hamas -, en Cisjordanie – sous contrôle du Fatah – le Fatah a arrêté un grand nombre de militants du Hamas, le Hamas accusant le Fatah de torturer beaucoup de ces prisonniers.

En 2006 après leur victoire aux élections, le Hamas a demandé au Fatah et aux autres partis de les rejoindre pour former un gouvernement d’union. Le responsable du Hamas, Meshal a été cité sur le site internet « Palestinian Information Center » quand il s’est adressé au Fatah : « Soyez avec nous, et ne laissez pas tomber le partenariat politique. Nos cœurs vous sont ouverts, nos mains se tendent vers vous. Tournons une nouvelle page, et travaillons ensemble pour le meilleur de notre peuple sur la base du respect mutuel et de la coopération. Nous sommes un seul peuple, uni dans la résistance, et nous devons aussi nous unir sur la scène politique ». Le site en langue anglaise de Al-Jazeera a rapporté que le Premier Ministre Palestinien récemment élu, et responsable du Hamas à Gaza, Ismail Haniyeh insistait sur le désir d’unité au sein du camp patriotique palestinien, en soulignant encore les aspirations du Hamas pour l’unité avec les autres mouvements palestiniens importants. « Le Hamas a participé à la course sur la base de la pluralité politique. Nous ne traitons pas les questions politiques sur la base d’un parti arrivant au pouvoir après le départ d’un autre. Nous voulons venir et travailler avec les autres parce que les défis auxquels les Palestiniens doivent faire face sont très grands, et la guerre contre l’occupation doit encore être conduite». Même aujourd’hui alors qu’il contrôle Gaza, le Hamas continue à appeler le Fatah à le rejoindre pour bâtir un gouvernement palestinien et une direction politique unifiés. Loin de partager la même position, Abbas et ses proches ont décidé de s’allier plus étroitement avec Israël et les Occidentaux, pour tenter d’étrangler le Hamas et éloigner le peuple palestinien de ce parti. Pourtant il n’y aucun signe qui montre que ce stratagème porte ses fruits. Alors que Abbas est largement perçu comme participant à des rencontres conviviales inopportunes avec Olmert, et que Gaza est qualifié par Israël d’entité ennemie, de nombreux commentateurs notent que loin de gagner des soutiens auprès des Palestiniens, Abbas est considéré comme un judas pour la cause nationale. On peut seulement imaginer ce que Abbas pense pouvoir gagner en poursuivant cette stratégie.

Certains, qui pensaient que le Hamas établirait une société fondamentaliste basée sur des principes religieux stéréotypés et intolérants, ont été déçus par les évènements de Gaza. Le Hamas n’a pas imposé un régime de style taliban. Au contraire la direction a souvent déclaré que cela n’était pas dans leur ligne de pensée. Peut-être rendus perplexes par un autre préjugé contre le mouvement, certains ont pu être surpris d’apprendre que les femmes du Hamas ont développé leur leadership politique au sein du mouvement, en se battant pour les droits des femmes dans la lutte de libération, et ceci dans le cadre des principes islamistes. Au cours de la période électorale palestinienne en 2006, le site internet PIC, proche du Hamas a déclaré : « la femme palestinienne doit assumer son vrai rôle. Il est grand temps que la société apprécie à sa juste valeur l’étendue de son sacrifice et de son combat ». L’article expliquait comment le Hamas donnerait toute leur place aux femmes dans le futur Conseil Législatif, côte à côte avec les hommes dans la bataille contre l’occupation. Il poursuivait en expliquant : « Le Hamas a comme objectif de faire voter des lois pour protéger les femmes et leurs droits. Le Hamas résistera à toute tentative de marginaliser le rôle de la femme ». Après la victoire électorale du Hamas, le Guardian a publié en 2006 deux articles, l’un écrit par une députée du Hamas, Jameela al-Shanti, de Beit Hanoun à Gaza, et l’autre par Chris McGreal, dans le camp de réfugiés de Al Bureij, à Gaza également. Dans un article intitulé « Les femmes font serment de changer le visage du Hamas », Al-Shanti raconte passionnément comment des femmes désarmées, y compris elle-même, ont fait face à une attaque israélienne dans leur village, attaque qui a conduit à la mort d’un très grand nombre de Palestiniens, hommes, femmes et enfants, y compris sa belle sœur, mère de 8 enfants. Elle déclare, en défiant le lecteur, que lors de ce combat pour la liberté, le peuple palestinien ne va pas capituler pour une poignée de riz. Mc Greal parle, elle, de la bataille que les femmes palestiniennes mènent à l’intérieur du Hamas, dans l’objectif de changer le visage du Hamas. Elle rapporte que le mouvement comprend beaucoup de jeunes femmes, ayant des responsabilités, confiantes en elles, intelligentes et pleine d’énergie et qui contestent les discriminations sexistes à l’intérieur de la société palestinienne, discriminations qui ne sont pas un produit de l’Islam, disent-elles, mais de traditions démodées. L’auteur a rencontré une femme de Gaza, diplômée de l’Université Islamique où enseignent certains leaders du Hamas tels que Abdel Aziz Rantissi (assassiné par un missile lancé d’un hélicoptère Appache israélien, le 17 avril 2004) et Mahmoud al-Zahar. C’est une étudiante compétente et une organisatrice d’étudiants de confiance. Les étudiants du Hamas ont essayé de la faire adhérer à une organisation étudiante affiliée au Hamas, mais elle a refusé car elle ne partageait pas entièrement les positions du Hamas. Mais parce qu’ils reconnaissaient ses capacités, ils l’ont tout de même aidé à créer de sa propre initiative une nouvelle organisation indépendante. Ceci est seulement une anecdote qui illustre comment le Hamas est capable d’agir de manière démocratique en encourageant la contribution de la population à la lutte palestinienne et au développement de la société. Les positions du Hamas sur le rôle de la femme dans la société et dans la lutte distinguent également le mouvement des autres mouvements islamistes radicaux qui sont affiliés ou ouvertement sympathisants de Al-Qaeda. Ces mouvements n’envisagent aucun rôle social de la femme dans la société et dans la lutte pour l’indépendance, mais encouragent plutôt les femmes à se retirer de la vie publique. Dans certains cas, cela peut se comprendre comme le résultat de l’influence de la culture tribale en Afghanistan, et dans le contexte de guerres brutales, en Iraq par exemple, où les femmes sont souvent les premières victimes des calamités sociales apportées par l’occupation. Au contraire, les Palestiniens sont l’exemple d’un peuple qui endure depuis plusieurs dizaines d’années une occupation militaire et mène une lutte civile et armée, et dans lequel les femmes au sein du Mouvement de la Résistance Islamiste aussi bien qu’au sein du Jihad Islamique, jouent un rôle social dans la communauté, la société, et la bataille, encouragées en cela par les partis politiques islamistes.

L’idéologie et les pratiques du Hamas présentent beaucoup de points communs avec les idées démocratiques et progressives occidentales. Au lieu d’être inspiré par les traditions de la démocratie laïque, socialiste ou émanent de la bourgeoisie dans le contexte occidental, le Hamas est inspiré par des principes similaires dans le contexte culturel et les traditions de l’Histoire Arabe et Musulmane. Il faut garder en tête que les idéologies politiques qui sont à la base du combat pour l’indépendance et le progrès au Moyen-Orient, se sont développées dans le contexte de plus d’un siècle d’oppression coloniale et néo-coloniale. Au contraire les idées démocratiques de gauche occidentales se sont développées dans une atmosphère intellectuelle privilégiée au sein d’une société qui avait dérobé tout l’or des Amériques, exterminé des populations indigènes sur deux continents et transformé l’Afrique en terrain de chasse à peau noire. Nous, en Occident, devons accepter que la laïcité ne soit pas un principe idéologique majeure au Moyen Orient, notamment en raison du fait que cette idéologie a été introduite dans la région par les colonialistes. Les peuples Arabes et Musulmans, et beaucoup d’autres à travers le Monde ayant un désir d’indépendance vis-à-vis de l’hégémonie des USA, voient en Occident, beaucoup de conditions sociales et morales avec lesquelles ils ne souhaitent pas rivaliser, mais que les Occidentaux souvent considèrent comme des exemples de supériorité de leurs sociétés. Les peuples du monde entier développent leur propre identité politique à partir de leurs propres racines culturelles et politiques. Morales, Chaves, le Hezbollah libanais et le Hamas en représentent quelques exemples. Dans le processus de développement de ces mouvements indigènes, on note un éloignement progressif des formes politiques et culturelles uniformes issues des modèles marxistes et laïques occidentaux. Cependant il faut souligner que les principes universels partagés par ces idéologies de la libération et les idées occidentales de démocratie et de progrès, demeurent ; et qu’il existe des possibilités de développer un respect mutuel, une solidarité et une unité entre les deux. Ce dialogue et cette solidarité sont cependant mis en miettes par les problèmes conjoints et les défis des préjugés euro-centristes et de l’oppression occidentale sur le Tiers Monde.

Sukant Chandan

Traduit par N. Ollat pour le Comité Action Palestine

Sukant Chandan est un journaliste indépendant, chercheur et analyste politique. Il a contribué à plusieurs journaux tels que l’Hebdomadaire Al-Ahram, Counterpunch et le Réseau du Tiers Monde basé à Kuala Lumpur. Il est responsable de 2 sites : http://ouraim.blogspot.com  et http://sonsofmalcolm.blogspot.com  . Il peut être contacté à sukant.chandan@gmail.com .

 

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