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img5288b657382d6[1]Dans des sociétés occidentales relativement pacifiées, un stéréotype est fortement prégnant : la résistance est synonyme de violence. Or l’histoire de toutes les sociétés montre que la résistance est surtout un acte de libération, un acte qui permet de vaincre l’oppression quelle qu’elle soit.

En Palestine, les colonisés n’ont pas le choix. Plus précisément les colons ne leur laissent pas le choix. A la violence coloniale sous toutes ses formes, le peuple palestinien répond par une résistance sous toutes ses formes : l’action individuelle comme l’action collective, pacifique comme armée, le peuple palestinien utilise tous les moyens qui lui permettent de desserrer l’étau colonial et faire reculer l’oppression sioniste. Il est bien connu que les formes de la résistance s’adaptent à la nature de la violence coloniale. A la violence militaire impitoyable de la colonisation juive, le peuple palestinien répond par la résistance armée. La volonté de survie prend le pas sur toute autre considération ; et seul le peuple palestinien est à même de définir les objectifs et les moyens de combattre la machine de guerre appelée Israël.

Des premières actions héroïques des paysans palestiniens dépossédés de leurs terres par les colons juifs au début du XXe siècle, à la résistance victorieuse à Gaza en novembre 2012, en passant par tous les actes quotidiens pour faire face à l’arbitraire colonial, des milliers de Palestiniens ont fait le sacrifice de leur vie pour la justice : libérer la terre qui parle arabe, libérer toute la Palestine.

La résistance palestinienne est celle de tout un peuple. C’est celle des fellahins, les paysans palestiniens, qui dès les années 1880, tentent de résister à leur dépossession en attaquant les colonies installées sur les terres qu’ils travaillent depuis des générations ; c’est celle des premiers réfugiés et du prolétariat des faubourgs de Haifa, qui rassemblés autour du Sheikh Zinedine al-Qassam, sont à l’origine de la grande révolte de 36-39 ; c’est celle de tous les réfugiés qui, à partir des camps de Gaza, Jordanie, Syrie, Liban ont lancé les premières attaques armées contre l’entité sioniste, et ont ainsi rappelé au monde que le peuple palestinien est bien vivant et que ses droits sont imprescriptibles. La résistance palestinienne, c’est la résistance des Palestiniens de 48 (ceux qui vivent en Palestine occupée en 1948) qui déclarent une grève générale le 30 mars 1976. Par cet acte symbolique ils signifient leur appartenance pleine et entière à la nation palestinienne. C’est aussi celle des Bédouins du Naqab qui résistent depuis 70 ans à la dépossession. La résistance palestinienne, c’est celle des habitants de Gaza et de Cisjordanie qui lancent la première, puis la seconde Intifada, et continuent chaque jour à sacrifier leur vie pour s’opposer à la colonisation galopante de leurs terres. La résistance palestinienne, c’est enfin celle de tous les prisonniers palestiniens dans les geôles sionistes qui montrent par leur courage et leur détermination contre l’arbitraire et la violence coloniale que le peuple se battra jusqu’à la victoire et l’accomplissement de ses droits nationaux.

Face à cette résistance la répression est sans pitié. Depuis 100 ans, elle s’abat sur le peuple et ses dirigeants. Consciente que rien n’arrêtera la dynamique populaire, l’occupant s’acharne à cibler les responsables de la résistance et à décapiter le mouvement national dès que ce dernier montre sa force. De Sheikh Izzedine al-Qassam à Yassar Arafat, en passant par Fathi Shiqaqi, Abu Ali Mustafa, Abdelaziz Rantissi et Sheikh Ahmed Yacine, la liste est longue des leaders palestiniens assassinés. Pendant la Grande Révolte de 36-39, cette politique associée à la bassesse des Etats arabes voisins, laisse le peuple totalement désarmé face au colonialisme juif. L’anéantissement de la résistance laisse alors la voie libre à l’accomplissement du projet sioniste en Palestine, c’est-à-dire l’occupation militaire des ¾ du pays en mai 1948 et à l’épuration ethnique de 800 000 Palestiniens. En 1982, au Liban, les sionistes et leurs alliés impérialistes mettent en œuvre la même stratégie. Le commandement armé de la résistance palestinienne est entièrement démantelé et une nouvelle fois le peuple se retrouve sans défense. Les 3000 réfugiés palestiniens massacrés à Sabra et Chatila en sont le macabre témoignage.

Pour affaiblir la résistance, le pouvoir colonial se complet également dans des négociations sans fin pour gagner du temps et diviser les organisations palestiniennes. Alors que la stratégie de lutte armée développée dans les années 70 avait établi un rapport de force favorable au peuple palestinien, la signature des accords d’Oslo par l’OLP a ouvert la porte à une intensification de la colonisation en Palestine. Sans aucune contre-partie de la part de l’occupant, ces accords ont conduit le leadership palestinien à renoncer à 78% de la Palestine historique et à mettre en place une Autorité Palestinienne, supplétive du pouvoir colonial dans l’objectif de mieux réprimer la résistance.

Pourtant le peuple sait que seule la stratégie de la confrontation est capable de modifier le rapport de forces avec l’entité sioniste et de conduire à la victoire. Les opérations de guérilla armée menées en Palestine occupée dans les années 60-70, ainsi que les détournements d’avions et prises d’otages spectaculaires de la résistance, ont fortement détruit le mythe de l’invincibilité de l’entité sioniste. Malgré toutes les tentatives sionistes de rayer la Palestine de la carte, la lutte a conduit à la reconnaissance internationale des droits nationaux et des revendications de son peuple. C’est encore cette stratégie de la résistance armée qui a permis de libérer Gaza en 2005, puis de remporter les victoires militaires en 2009 et en 2012.

Dans un contexte où les rapports de force dans la région sont en train de changer, le mouvement de résistance palestinienne souffre aujourd’hui d’une absence de leadership unifié et d’alliance claire avec l’axe de résistance face au sionisme que constituent le Hezbollah, la Syrie et l’Iran. Depuis le début des mouvements populaires dans le monde arabe, la direction du mouvement Hamas, principale organisation de la résistance palestinienne, a multiplié les erreurs stratégiques en matière d’alliance en voulant se vendre au plus offrant. Son soutien aux forces sous contrôle impérialiste et sioniste, c’est à dire aux opposants à Bachar el Assad en Syrie, ainsi que son allégeance à l’émir du Qatar, ont fortement réduit sa capacité d’action en matière de résistance. Les divergences au sein du Hamas sont fortes. Certains, comme Mahmoud Zahar, privilégient toujours la voie de la lutte et maintiennent les contacts avec le Hezbollah et l’Iran. Il est indéniable que la résistance palestinienne est à la croisée des chemins. Au moment où la région est sous le feu d’une guerre sans pitié qui scellera le sort de la Palestine, le Hamas a la responsabilité de faire clairement le choix de la résistance en s’alliant aux organisations et aux Etats qui conduisent le combat contre le sionisme. S’il ne le fait pas, d’autres le feront sans doute. Le peuple palestinien qui, quotidiennement à al-Quds, Gaza, Naplouse, Jénine, al-Khalil etc…continue à résister, ne renoncera jamais à la victoire et la libération de la terre arabe de Palestine.

Nous, Comité Action Palestine, serons jusqu’au bout à ses côtés sur ce chemin. Avec lui, nous condamnons le sionisme comme mouvement politique colonialiste et raciste. Nous apportons notre soutien inconditionnel à toute forme de résistance, nous exigeons la reconnaissance du droit inaliénable au retour de tous les réfugiés chez eux, ainsi que la libération de tous les résistants emprisonnés.

Ce calendrier Palestine Libre 2014 « des mots pour résister » dit la résistance du peuple palestinien. Il dit la résistance avec les mots des poètes. Face au silence coupable et aux paroles mensongères, les poètes nous disent que les mots sont des armes et rappellent au monde entier qu’un peuple qui résiste ne meurt pas.

Comité Action Palestine

 

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