La famille palestinienne cible de la prison coloniale

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le 27/3/2011 21:48:43 (732 lectures)

images (7)Le Comité Action Palestine édite chaque année un calendrier rassemblant articles et photos sur un thème particulier ; il a été consacré en 2011 aux prisonniers. Nous publierons mois après mois les articles de ce calendrier. « La famille palestinienne cible de la prison coloniale » a été publié pour le mois de février 2011.


L’entité sioniste ne fait pas de distinction. La prison touche tous les milieux sociaux, tous les milieux politiques et ne fait pas de différence entre hommes, femmes et enfants.

Depuis 1948, environ 800 000 Palestiniens ont connu les geôles coloniales de l’Etat juif. Ce constat suffit pour donner une idée de la place de la prison dans le système colonial en Palestine : c’est l’un des instruments de la guerre totale que livre le sionisme à la société palestinienne.

Chaque famille a eu ou a au moins un membre fait prisonnier. En prenant pour cible la cellule familiale, les sionistes mettent en place un plan dont l’objectif n’échappe à personne : il s’agit de briser la résistance en détruisant la cohésion familiale. Et un Palestinien mis en prison, cela signifie pour une famille une mobilisation quotidienne pour lui venir en aide. Car les autorités coloniales dressent de nombreux obstacles aux proches du prisonnier. Elles pratiquent des punitions collectives contre eux en leur réclamant des permis de visite. Mais l’obtention du permis de visite est soumise à d’innombrables critères tels que la distinction entre les proches de premier degré et les proches de second degré, l’âge des visiteurs, etc. Or, bien souvent ces permis de visite sont refusés sous des prétextes de sécurité. Lorsque les familles l’obtiennent, elles n’échappent pas aux humiliations : elles peuvent attendre de longues heures devant des prisons avant d’être autorisés ou non à y entrer.

Pour les autorités coloniales, la famille est un moyen de pression considérable sur le prisonnier afin d’obtenir de lui des aveux. Le Comité Public Contre la Torture a établi que la police politique israélienne (Shin Beth) a recours à la torture psychologique, avec des mises en scène où on amène « les conjoints, les femmes ou les mères dans les centres de détention, faisant croire [aux détenus] qu’ils sont arrêtés, qu’ils vont être torturés et que personne nepourra s’occuper de leurs enfants ».

Cependant, les familles ne se résignent pas. Bien au contraire, elles demandent aux dirigeants palestiniens de tenir bon face aux exigences sionistes lors des négociations sur les échanges de prisonniers. La perception populaire palestinienne sur ces enjeux est à la fois juste et réaliste. Faire céder Israël sur cette question, c’est obtenir une grande victoire pour la résistance, car c’est mettre en évidence la vulnérabilité du système répressif ; c’est le rendre inopérant à terme, et affaiblir du même coup l’ensemble du système colonial.

Comité Action Palestine

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