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Prise de parole du Comité Action Palestine à la manifestation du samedi 9 août 2014

Quoi que l’on dise, il n’y aura jamais de trêve en Palestine tant que l’occupation demeure, tant que le blocus affame le peuple. Les Palestiniens n’accepteront jamais de mourir sans combattre et Israël trouvera toujours un prétexte pour le massacrer. Car l’histoire se répète en Palestine. Une nouvelle fois, le peuple palestinien est assassiné sous l’œil désintéressé, complaisant ou complice des États occidentaux. Une nouvelle fois, Israël a démontré quelle était sa véritable nature, barbare, colonialiste et génocidaire. Une nouvelle fois, la propagande sioniste a été mise en œuvre pour laisser croire à la légitimité de l’agression. Une nouvelle fois, malgré de lourdes pertes, la résistance a repoussé les assauts de l’occupant, le contraignant à retirer ses troupes de Gaza. Une nouvelle fois, des gens se sont mobilisés pour hurler leur colère. Et une nouvelle fois, lorsque la Palestine ne sera plus à la une de l’actualité, tout le monde va rentrer chez soi et parfois oublier ce qu’il s’est passé, jusqu’à ce qu’une nouvelle agression, inévitable, vienne rappeler à tout le monde que cette terre est toujours sous occupation et que rien n’est réglé. Pourtant, puisque l’histoire se répète sans cesse, il faut bien un jour en tirer des conséquences. Après ce mois de barbarie sans nom, le Comité Action Palestine interpelle tous ceux pour qui la notion de justice a encore un sens, et les invite à se souvenir.

Il faudra se souvenir que la classe politique française dans son ensemble, et plus particulièrement le pouvoir socialiste en place, a laissé faire et a même avalisé les massacres. Quelles que soient les circonstances dans lesquelles ils seront conduits à le faire, il faut désormais savoir que lorsqu’ils emploieront les mots de Liberté, de Valeurs républicaines, de Justice et de Droit, ces mots sont dans leur bouche vides de sens dès lors que l’on se fait le complice d’un génocide.

Il faudra se souvenir que toutes les manifestations n’ont pas été autorisées, et qu’elles ne l’ont été de fait que lorsque la contestation se limitait à sa plus simple expression humanitaire. Manuel Valls lui-même a précisé que l’on avait le droit de manifester pour demander la paix, mais que toute remise en question du sionisme était suspectée d’antisémitisme. Ces limites imposées et largement relayées par la plupart des organisations qui ont participé aux manifestations, sont le témoignage d’une vision colonialiste. L’Occident colonise et accapare des terres qui ne sont pas les siennes, et lorsque les peuples colonisés revendiquent leur indépendance et qu’ils se révoltent et résistent, on leur dénie ce droit en les présentant comme des terroristes. Le seul droit qu’on leur accorde, c’est celui de baisser la tête et de déposer les armes, pour accepter l’ordre injuste qui les opprime. Appeler à la paix alors que des peuples se révoltent, c’est leur demander de mourir. Lorsqu’un pays est occupé, le discours sur la paix est toujours au service de l’occupant.

Il faudra donc se souvenir que la résistance du peuple palestinien était, est, et sera toujours légitime. Quel que soit le mouvement ou le parti à l’origine de la résistance, quelle que soit la forme qu’il ait choisie pour combattre, dès lors qu’un peuple se soulève, il est du devoir de tous ceux qui sont épris de justice de le soutenir. Nul n’a le droit, alors qu’il ne connaît pas l’occupation, de dicter aux peuples la voie qu’ils doivent suivre pour se libérer. Seuls les peuples en lutte sont à même de décider de leur avenir, et il n’appartient qu’à eux de définir les cadres de leur autodétermination. Parler en leur nom, c’est perpétuer un ordre colonial qui les maintient dans la dépendance.

Il faudra se souvenir que lorsque les armes sembleront se taire, l’occupation continuera. Gaza est toujours soumise à un blocus meurtrier ; la Cisjordanie est gangrenée par les colonies ; les humiliations, la torture, les arrestations font partie du quotidien ; les prisonniers politiques sont les plus nombreux au monde ; les 6 millions de réfugiés palestiniens attendent toujours de pouvoir rentrer chez eux, sans qu’on veuille leur accorder ce droit reconnu par les instances internationales. C’est pour cela que la résistance sera toujours légitime et que l’occupant n’en viendra jamais à bout.

Il faudra se souvenir qu’Israël ne veut pas la paix. Précisément parce que le projet sioniste est d’occuper toute la Palestine et même au-delà, il ne faut pas penser qu’un jour les sionistes accepteront de voir apparaître à leur côté un État palestinien indépendant et viable. La seule solution est celle qui s’est imposée à l’issue de toute occupation coloniale : une Palestine libre, totalement débarrassée de cet État usurpateur et illégitime qui vole les terres et massacre des innocents.

Il faudra enfin se souvenir que contrairement à ce que laisse entendre le CRIF et ses complices au pouvoir en France, le véritable racisme réside en celui qui défend un État criminel et raciste, qui soutient que l’on a la légitimité de fonder un État réservé aux juifs, qu’ils soient croyants ou qu’ils prétendent appartenir à un peuple à part qui disposerait de droits que les autres n’ont pas. Il y a peu de chance que les bouchers de Tel-Aviv soient jugés pour crimes contre l’Humanité. C’est pourtant ce qui devrait advenir. Au contraire, ce sont ceux qui combattent le sionisme qui sont criminalisés. Plus que jamais, le Comité Action Palestine réaffirme que l’antisionisme est une exigence de justice, et qu’il est du devoir de tout homme libre de se démarquer des discours sionistes qui ont contaminé l’ensemble de la société française. Le Comité Action Palestine continuera toujours à travailler dans ce sens, il soutiendra toujours la lutte légitime du peuple palestinien, et il invite tous ceux qui ne veulent pas baisser les bras à se tenir informés des actions prochaines qu’il mettra en œuvre.

Palestine vivra. Palestine vaincra.

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