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Comité Action Palestine (28 février 2019)

           La médiatisation à outrance de la scène, où le raciste Alain Finkielkraut est qualifié de « sale sioniste » par un manifestant le 26 janvier à Paris, a permis d’ouvrir un débat auquel les gilets jaunes ne s’attendaient pas. Beaucoup d’entre eux ne connaissaient pas ou n’avaient qu’une vague idée du sionisme, certains ignoraient jusqu’à l’existence de Finkielkraut. D’autres enfin étaient plus au fait du soutien inconditionnel qu’il apporte à la politique israélienne et de ses multiples propos très ouvertement racistes. Et contrairement à ce que les médias et la classe politique souhaitaient, cet événement n’a pas conduit à un acte de contrition général des gilets jaunes, mais bien à une sensibilisation accélérée à l’antisionisme.

          Le sionisme est un mouvement colonial, donc raciste par nature, qui a pour objectif de fonder un Etat juif ethniquement pur en Palestine en chassant le peuple arabe autochtone au profit de colons originaires d’Europe. Le processus colonial a démarré au début du XXème siècle, donc  bien avant la seconde guerre mondiale. Il a conduit à la création de l’Etat d’Israël en 1948, date à laquelle une épuration ethnique massive a été perpétrée. En plus des nombreux massacres, 800 000 Palestiniens (environ 80% de la population totale)  ont alors été chassés de leurs terres. Ces Palestiniens et leurs descendants sont encore réfugiés, notamment dans les pays arabes voisins, et se voient privés depuis 70 ans de leur droit au retour chez eux. L’oppression coloniale se poursuit encore aujourd’hui, avec toute la violence qui la caractérise. Les Palestiniens résistent par tous les moyens possibles pour rester sur leurs terres, exercer leur droit à l’autodétermination et permettre le retour des réfugiés chez eux. Etre sioniste c’est soutenir cette politique coloniale. Etre antisioniste, c’est dénoncer ce colonialisme et soutenir la résistance du peuple palestinien.

         Alors que la Palestine et  la résistance permanente de son peuple ne font plus la une des médias français, ces derniers  ont appliqué aux gilets jaunes les méthodes éprouvées depuis longtemps vis-à- vis des antisionistes : désinformation massive et accusations d’antisémitisme. Mais le gilet jaune, avec cette intelligence politique qui le caractérise depuis le début du mouvement, s’est avéré imperméable à cette propagande. Bien mieux, les médias ont finalement contribué à faire connaître la cause du peuple palestinien. La bêtise au pouvoir fait œuvre salutaire !

Photo : https://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com

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