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L’objectif sioniste de transformation de la Palestine en un Etat juif débarrassé de sa population arabe se traduit en ce début d’année par une reprise des plans de déplacement des villageois du Naqab et du vol de leurs terres. Ces dernières semaines, le défrichage des terres palestiniennes du village Sa’wa par les bulldozers de l’occupant israélien a entrainé une des plus massives vagues de protestation que le Naqab ait connu depuis le soulèvement de la terre en 1976, et ce malgré une répression féroce de la police sioniste avec de nombreux blessés et plus d’une centaine de Palestiniens arrêtés, dont des enfants âgés de moins de 12 ans.
   Dès les premiers jours, les actions de solidarité envers les Bédouins du Naqab menacés d’expulsion se sont multipliées dans toute la Palestine historique, de Gaza à la Cisjordanie en passant par la ville occupée d’Al-Quds. Des manifestants rassemblés devant le siège du gouvernement sioniste réclamaient la libération des détenus et la fin de l’opération de défrichement des terres, arborant le slogan : « de Selwan à al-Araqib, le sioniste va déchanter ».
   L’Etat colonial n’a pas digéré la participation des Palestiniens de 48 (ceux qui vivent sous occupation sioniste depuis 1948) à la résistance lors de la « bataille de l’Epée d’al-Quds » au mois de mai 2021 ainsi que leur soutien aux mouvements de résistance des prisonniers. Depuis cette date, les Palestiniens de 1948, que ce soit dans le Naqab, dans Yafa, al-Lid ou Akka, dans la zone du « Triangle » avec Umm al-Fahim, ou dans la Galilée, participent aux mobilisations générales du peuple et à l’organisation de la lutte face à l’ennemi commun.
   Comble de l’histoire coloniale juive, cette population arabe dont les sionistes essaient de se débarrasser par tous les moyens depuis presque un siècle, considérée comme de quatrième zone et subissant chaque jour la violence d’un Etat raciste et colonial, se voit accusée par le premier ministre sioniste de ne pas se comporter en « bons et loyaux citoyens », en quelque sorte de ne pas renier son appartenance au peuple palestinien.
Cette unité du peuple palestinien dans sa lutte face au nettoyage ethnique programmé a trouvé son expression dans la lutte des habitants du quartier de Sheikh Jarrah menacés d’expulsion au profit des colons, ou encore dans la lutte contre l’accaparement des terres à Beita (Nablus). L’intensification du mouvement de résistance coordonnée au sein des prisons coloniales est également symbolique de cette solidarité, exprimée à travers plusieurs actes héroïques tels que l’évasion de six prisonniers en septembre dernier d’une prison de très haute sécurité.
   Cet épisode glorieux a été vécu comme une véritable humiliation par l’occupant, ainsi que la grève de la faim victorieuse d’Hisham Abu Hawash ou encore la lutte armée de Youssef Al-Mabhouh contre ses tortionnaires coloniaux. Face à cette unité du peuple opprimé, l’Autorité palestinienne, à l’origine de l’assassinat du militant Palestinien Nizar Banat en juin 2021, joue toujours son rôle d’Etat croupion répressif au service de l’Etat sioniste. 
   L’unité exprimée par toutes les composantes de la société palestinienne depuis mai 2021, où qu’elles se trouvent, montre le rejet total de la politique de collaboration avec l’occupant et l’attachement à la résistance comme seul moyen de débarrasser la Palestine du sionisme.
   Le Comité Action Palestine œuvre pour la réalisation des droits nationaux du peuple palestinien, c’est-à-dire la libération de la terre arabe de Palestine.
   Il réaffirme les quatre principes suivants :        
– La condamnation du sionisme comme mouvement politique colonialiste et raciste.       
– Le soutien inconditionnel à la résistance du peuple palestinien et à son combat pour son auto-détermination et son indépendance nationale.     
– La reconnaissance du droit inaliénable au retour de tous les réfugiés chez eux.        
– La libération de tous les résistants emprisonnés.

Comité Action Palestine
12 fèvrier 2022

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