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Comité Action Palestine (10 mai 2021)

La révolution palestinienne n’a jamais cessé et, en ce printemps 2021, elle fleurit de nouveau, apportant avec elle l’espoir que cette injustice d’un siècle prenne fin. Que prenne fin le vol de la terre, des maisons ; que prenne fin la violence contre tout un peuple ; que prenne fin le colonialisme et revive la Palestine libérée de la nuit coloniale. Jamais un crime ne fut autant légitimé, légalisé, applaudi comme le crime colonial nommé Israël. Jamais un crime n’a rassemblé et coalisé autant de nations, révélé tant d’hypocrisie et de trahison pour écraser un peuple. Mais jamais un peuple n’a produit tant d’énergie et de génie pour survivre, résister et déjouer la politique qui devait conduire à sa disparition. « Palestine libre » n’est pas un slogan, c’est une réalité. « Palestine vaincra » n’est pas une idée en l’air, elle s’enracine dans les actes héroïques quotidiens des Palestiniens.

A al-Quds, les Palestiniens disent non. Non, al-Quds appartient aux Palestiniens parce que toute la Palestine appartient aux Palestiniens. Les envahisseurs ne peuvent pas éternellement continuer leur crime, avec la complicité impérialiste de l’Occident et des régimes arabes en fin de vie. Le vol est le principe même de la politique israélienne et la raison d’être des colons juifs en Palestine. Dans cette première semaine du mois de mai, les Palestiniens sont là, dans le quartier Sheikh Jarrah, pour empêcher l’expulsion de familles palestiniennes. La Cour suprême israélienne s’apprête à statuer sur ces expulsions, comme si les Palestiniens devaient attendre que cette Cour d’un Etat criminel rende justice. Les Palestiniens ne sont pas dupes de leur ruse suprême ! Le crime a besoin des parures de la légalité. Mais les Palestiniens savent que le colon peut parfois avancer masqué. Ils connaissent dans le détail toute sa fourberie et ses stratagèmes diaboliques. Les accords d’Oslo ont laissé des traces irréversibles chez les Palestiniens, une expérience salutaire du machiavélisme du colon.

En avril, les Palestiniens ont refusé la loi du plus fort qui les empêchait de se rassembler à la rupture du jeune en ce mois sacré de Ramadan. Ils ont fait voler les barrières policières installées en même temps qu’ils ont fait voler encore une fois la barrière psychologique de l’ennemi tout puissant et invincible. En ce début de mois de mai, ils sont toujours présents sur l’Esplanade des Mosquées pour protéger les lieux saints contre l’intrusion des soldats de l’entité meurtrière et en soutien aux familles de Sheikh Jarrah. Pour les fidèles de la mosquée al-Aqsa, le Tout Puissant c’est Allah, pas ces hordes de voleurs, sans foi ni loi, venues d’Europe. Que valent les condamnations morales des dirigeants du monde, lorsque, depuis près d’un siècle, le permis est donné aux colons de tuer, de voler des maisons et des terres, de brûler des oliviers, de vandaliser, d’emprisonner tout un peuple, sans distinction d’âge ni de sexe, et de bombarder au phosphore blanc ? Que vaut la parole de l’Autorité palestinienne lorsqu’elle condamne du bout des lèvres alors qu’elle participe à la perpétuation du crime, lorsqu’elle n’a d’autre autorité que celle de jeter en prison les résistants palestiniens et servir de caution au sionisme ? Que valent les hypocrites remontrances morales des classes dirigeantes arabes corrompues, qui ont troqué le peu de dignité qui leur restait contre la permission de continuer à martyriser leurs propres peuples avec la protection des armées impérialistes ?

Depuis le début du printemps, partout en Palestine, la résistance refleurit. L’ONU, les Etats-Unis et l’Union européenne appellent au calme les deux parties « en conflit ». La même scène de théâtre jouée et surjouée pour berner les Palestiniens, en situant sur le même plan Palestiniens et colonisateurs. Mais quel calme ? Le calme sous lequel perdure l’oppression coloniale ? Le calme qui ressemble à la paix des vainqueurs ? Non, le bruit des armes de la résistance et des manifestants palestiniens résonnera tant que justice ne sera pas faite. Pas de justice pas de paix. Et la seule paix qui règnera sera celle d’une Palestine arabe de la mer au Jourdain. Le reste est palabre avec l’ennemi.

Seule la résistance armée a empêché le pire : la disparition programmée du peuple palestinien. Disparition programmée dans le slogan « mort aux arabes ! » lancé par des juifs orthodoxes le 22 avril dernier et incarnée dans la stratégie sioniste depuis l’institution forcée et sanglante de l’Etat israélien en Palestine. Ce funeste 14 mai 1948 qui a vu l’injustice coloniale envahir la terre de Palestine : la Nakba, cette catastrophe qui a pris nom d’Israël. En ce début du mois de mai, deux résistants palestiniens sont tombés sous les balles de l’occupant en Cisjordanie et chaque jour des Palestiniens tombent en martyrs. Ce sang n’est pas versé en vain. Il fertilise l’espoir, toujours renaissant, d’une Palestine libre et indépendante.

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