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Comité Action Palestine, 15 août 2022

Salman Rushdie, auteur des « Versets sataniques », a été agressé le 12 août dernier. Son ouvrage publié en 1988 avait été considéré comme injurieux par de nombreuses personnes, et pas uniquement dans le monde musulman. Menacé de mort par les autorités iraniennes, il a vécu sous haute protection depuis.

Pour le Comité Action Palestine, la liberté d’expression est un droit fondamental de tout être humain. On ne peut tuer la pensée en tuant celui qui en est l’auteur. Dans ce court texte, il s’agit de contextualiser une œuvre littéraire dans le champ des rapports de forces géopolitiques de l’époque de sa parution, conçue par son auteur comme une contribution politique à ce rapport de forces.

Certains lecteurs ont dit des «Versets sataniques » que c’est un mauvais roman. Un roman craché pour provoquer. Mais pourquoi diable Salman Rushdie provoquerait-il ? Il nous semble que personne n’a souligné la naissance bourgeoise, très bourgeoise de ce mauvais écrivain. A l’époque de sa parution, la contestation islamique est portée essentiellement par les classes populaires : en Algérie, en Palestine, en Tunisie, en Indonésie et partout où il y a un musulman. Dix ans plus tôt, les classes populaires iraniennes se sont alliées à une partie de la bourgeoisie pour mettre à bas le régime dictatorial et pro-occidental du Shah. Partout prenait force une sorte de théologie de libération islamique. Depuis 1987, la révolution palestinienne prenait également un cours nouveau. Avec la première Intifada, les Palestiniens défiaient avec courage, sûrs de leurs droits, l’Etat sioniste. C’est dans ce contexte géopolitique qu’il faut mesurer la vision du monde de Salman Rushdie qui, comme la plupart des bourgeoisies des pays du Sud, singeaient la bourgeoisie occidentale et développaient un mépris de classe, voire une haine de classe déguisée en critique religieuse. En somme Salman Rushdie a fait une guerre de classe à des centaines de millions de musulmans dans le monde. A cette époque, les classes populaires avaient bien compris que les « Versets sataniques » étaient une contribution supplémentaire à cette lutte de l’Occident hégémonique contre les pays du Sud. Et comment l’Occident pouvait-il mieux agir sinon que par l’entremise de cette bourgeoisie issue de ces pays du Sud ? Et ce dernier continue encore en publiant d’autres mauvais écrivains d’origines diverses qui n’ont de cesse de s’aplatir et faire commerce ici en Occident d’une pensée anti-populaire sous prétexte de lutte contre l’intégrisme. Des vendus de classes. Quand l’Occident parle de fanatisme, il a oublié de fermer sa bouche. Il est maître dans l’art du fanatisme et encore aujourd’hui, il persévère dans ce fanatisme de l’argent roi qui détruit hommes et nature.

Photo : https://www.pexels.com/fr-fr/photo/pages-sur-un-livre-ouvert-415071/

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