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Le Comité Action Palestine qui soutient de manière inconditionnelle la résistance palestinienne, publie l’interview par al-Jazeera, de Ayman Nawfal, membre du Conseil militaire des Brigades al-Qassam et membre de la Salle des opérations communes des factions de la résistance palestinienne. Cet organe de coordination et de décision basé à Gaza gère toutes les batailles contre l’ennemi sioniste. Il représente un modèle de coordination et d’unification d’organisations prônant toutes la résistance armée, mais aux idéologies diverses. C’est une manière d’agir conjointement dans le respect les différences de chacun, porteuse d’espoir pour les Palestiniens !

Parlez-nous de la création de la Salle des opérations communes ?

Elle a été créée dans sa forme actuelle et définitive en 2018, au début des marches du retour dans la bande de Gaza, ainsi que des événements et des confrontations qui ont accompagné ces marches. À l’époque, il était nécessaire d’établir un organe de coordination entre les factions pour convenir des règles et des mécanismes de confrontation. Cependant, le lancement de la Salle commune n’est pas le début de l’action militaire commune entre les factions. L’action commune a commencé très tôt, à toutes les étapes de la résistance et de la lutte de notre peuple.

La Salle commune a connu ses premiers rounds après sa formation officielle dans l’opération « Loyauté envers les martyrs » à la fin du mois de mai 2018, après le martyre de 3 résistants des Brigades al-Qassam et des Brigades al-Quds dans des bombardements d’artillerie traîtres de l’armée ennemie.  La Salle commune à l’époque a imposé des règles d’engagement, à savoir pour tout bombardement un bombardement en réponse et pour tout sang versé, du sang versé en réponse. La Salle commune a également joué un rôle majeur dans la bataille « Bouclier du peuple » en mai 2019 pour repousser l’ennemi lors de ses incursions dans la bande de Gaza, et un rôle majeur dans la bataille de « Saif al-Quds » en 2021, elle a été active du début de la bataille jusqu’à sa fin.


La Salle commune rassemble-t-elle toutes les ailes militaires des factions palestiniennes, et combien sont-elles ?
La grande majorité des ailes militaires des factions de la résistance palestinienne sont incluses dans la Salle commune, et nous considérons que c’est l’une de leurs plus grandes réalisations, car elles ont constitué un cadre inclusif pour la résistance avec ses différents spectres et références politiques et idéologiques. Nous avons été en mesure d’intégrer toutes les entités militaires par un accord interne entre elles, alors que le nombre d’entités militaires avant la formation de la Salle commune atteignait plus de 40, il y a maintenant 10 ailes militaires, chaque aile militaire ayant ses propres références idéologiques.

Les factions militaires actuellement affiliées à la Salle commune sont les suivantes :
-Les Brigades Al-Qassam,
-Les Brigades Al-Quds,
-Les Brigades Abu Ali Mustafa,
-Les Brigades de la Résistance Nationale,
-Les Brigades Al-Nasser Saladin,
-Les Brigades des Moudjahidines,
-Les Brigades des Martyrs d’Al-Aqsa, -Les Brigades des Martyrs d’Al-Aqsa – Nidal Al-Amoudi,
-Les Brigades Jihad Jibril,
-Les Brigades Al-Ansar.

La direction de la Salle commune tente également de compléter d’intégrer trois entités militaires restantes qui n’ont pas été incluses lors des premières discussions pour diverses raisons, afin que la Salle commune devienne un cadre inclusif pour toutes les factions, toutes les entités et tous les combattants sans exception.


Qu’est-ce que la Salle commune a apporté aux factions ?

Il existe une communication et une coordination constantes entre les composantes de la Salle commune, en temps normal comme en temps de guerre. Par conséquent, la Salle commune fournit à toutes les factions des installations appropriées pour travailler sur divers aspects qui ne peuvent pas être entièrement détaillés. Cependant, nous mentionnons parmi eux : la fourniture de systèmes de commandement, l’amélioration de la communication entre les composantes de la Salle commune, la fourniture d’analyses de la situation opérationnelle et du renseignement, le soutien logistique et d’armement selon des mécanismes spécifiques, ainsi que l’adoption de mesures pour unifier les connaissances et pratiques militaires.

La Salle commune s’est efforcée d’améliorer les connaissances et l’expertise militaires des commandants de terrain, en inscrivant un certain nombre d’entre eux à l’Académie militaire palestinienne des Brigades Al-Qassam. La direction de la Salle commune a établi son propre site militaire à la fin de l’année dernière, et a lancé de nombreux cours de formation conjoints pour les formateurs et les combattants des ailes militaires, et a organisé les manœuvres « Extreme Corner », dont la première a eu lieu à la fin de 2020, et qui sont devenues des manœuvres annuelles périodiques, dont la dernière s’est déroulée en décembre dernier. Ces manœuvres ont pour but d’élever le niveau d’efficacité au combat et de maintenir un haut niveau de préparation.

L’une des tâches de la direction de la Salle commune est également – et c’est très important – d’organiser les relations avec les agences gouvernementales à Gaza dans tous leurs détails et complexités, compte tenu de la présence de milliers de combattants de toutes les factions et de dizaines de sites militaires, et de la coordination nécessaire, des installations, des transactions, de la résolution des problèmes, de la coordination des efforts, et ainsi de suite.


La décision d’engager la confrontation est-elle une décision collective de la Salle commune et quels sont ses mécanismes ?

Bien sûr, la résistance progresse d’année en année, développe ses mécanismes d’action et tire profit de ses expériences, qu’il s’agisse de consolider les acquis ou de corriger les erreurs. Par conséquent, la résistance a atteint aujourd’hui un stade où il n’est pas possible de s’engager dans la guerre et la confrontation sans une décision unifiée, collective et délibérée, qui prend en compte l’accumulation des forces, l’intensité de coups à infliger à l’ennemi, le choix du moment, du lieu, de la forme et des outils utilisés, de manière à servir les objectifs de notre peuple et à infliger le plus de dommages possible à l’ennemi tout en contrecarrant ses plans.

Il ne fait aucun doute que certaines batailles se sont imposées à notre peuple afin de répondre à l’agression barbare de l’occupation. Dans tous les cas, la Salle conjointe avant toute décision engageant une confrontation se réunit et décide. Elle se réunit aussi pendant la bataille, quelle qu’en soit la cause, pour procéder au calendrier et au rythme de la confrontation, décider de la nature de l’engagement des différentes factions, tout cela selon des considérations déterminées par la direction de la Salle commune. Il faut souligner ici que toutes les factions militaires de la Salle commune ont leurs propres directions politiques, qu’elles consultent afin d’arriver à une décision collective nationale unifiée.


L’occupation a-t-elle pu isoler les Brigades Al-Quds lors de la dernière bataille ? Quel est le rôle de la Salle commune à ce moment-là dans cette confrontation ?

L’agression contre notre peuple est une agression unique avec un ennemi unique, à savoir l’occupation. L’occupant a voulu isoler les Brigades Al-Quds lors de la dernière bataille par des assassinats ciblés de la direction des Brigades Al-Qods (le commandant Khalil Al-Bahtini, l’un des chefs de la chambre commune, le commandant Jihad Al-Ghanam, le commandant Tariq Ezz Al-Din, le commandant Hassan Ghali, le commandant Ahmed Abu Daqqa et le commandant Iyad Al-Hassani, que Dieu leur fasse à tous miséricorde).

Mais la Salle commune a brisé l’objectif de l’ennemi. Nous avons immédiatement, à la tête de la Salle, consulté la direction des Brigades al-Quds, en gérant la bataille d’une manière délibérée et consensuelle. (Ainsi) nous avons envoyé des messages directs et indirects à l’ennemi indiquant que la bataille allait prendre une tournure dangereuse, de sorte que l’ennemi risquait de se retrouver dans une impasse politique et militaire. L’ennemi n’était pas en mesure de supporter un combat qui allait s’étendre. L’ennemi n’était pas capable de supporter une guerre d’attrition sur une plus longue période, et il s’est donc progressivement éloigné de l’objectif qu’il s’était assigné. Cela s’ajoute à la contribution des factions armées et à la réponse efficace des missiles.

Il y a d’autres engagements qui ne peuvent pas être dévoilés à ce stade.

Nous voudrions souligner ici que nous ne devons pas laisser l’ennemi s’engager sur un front unique de confrontation, que cela soit à Gaza, en Cisjordanie, à Jérusalem ou à l’intérieur occupé, sans que notre peuple prennent l’initiative d’empêcher cela. Et le meilleur moyen de l’empêcher est de se lever sur d’autres fronts et obliger l’ennemi à se disperser et renverser la situation.

C’est à notre peuple de le faire, et notre peuple en est capable, avec l’aide de Dieu.


Comment allez-vous gérer le fait que le gouvernement d’occupation mette sur la table la politique des assassinats ciblés ?

Premièrement, les assassinats ciblés n’ont jamais arrêté la marche et la résistance de notre peuple, et c’est une politique continuelle qui n’a en fait fait que renforcer la détermination de la résistance, l’histoire récente le prouvent et le confirment. Le gouvernement sioniste actuel, le plus arrogant, le plus extrémiste et le plus criminel, a été confronté à une épreuve difficile à Gaza et dans toutes les arènes palestiniennes. Il sera confronté à d’autres épreuves difficiles qui l’exposeront à un effondrement retentissant, si Dieu le veut, s’il persiste dans son arrogance envers notre peuple.

Si l’ennemi croit qu’il a réussi quelque chose en assassinant par traîtrise certains de nos dirigeants et frères, alors ce qui l’attend est quelque chose qui lui gâchera son plaisir et le brisera.


L’expression « unité des fronts d’affrontements » a circulé récemment. La Salle commune fait-elle partie de cette stratégie ?

Bien sûr, Gaza et sa résistance en sont le fer de lance, et la plus grande preuve en est que la Salle commune était fortement présente durant la bataille de « l’épée bénie de Jérusalem » en 2021. Nous sommes convaincus que notre bataille pour libérer la Palestine nécessite une mobilisation des énergies et une unification des efforts. Au cœur de cet axe et de ces places se trouve Jérusalem et Al-Aqsa, car c’est la qiblah, le but et le motif principal de notre action de résistance.

C’est pourquoi l' »Axe d’Al-Qods » a été créé pour confirmer que Jérusalem est au centre de la bataille [l’Axe d’Al-Qods est le nouveau nom de l’Axe de la résistance]. Les cercles autour de Jérusalem s’étendent des territoires occupés de 48, en passant par la Cisjordanie et Gaza et les périphéries de l’Axe de la résistance, jusqu’aux peuples arabes et islamiques et jusqu’aux peuples épris de liberté du monde entier, et chacun d’entre eux a un rôle et un devoir importants.

Gaza, avec sa résistance est l’épée dégainée et le bouclier solide pour ces arènes, avec sa direction nationale proactive et forte. Par conséquent, la Salle commune réalise l’importance de renforcer le travail sur tous les fronts, en particulier à Jérusalem, en Cisjordanie et dans l’intérieur occupé, en tant que lieux d’affrontements au plus près de l’occupant capables d’enflammer toute la région et de dissuader l’occupation d’infliger des pertes au prix exorbitant.

La Salle commune, avec ses différentes factions de la résistance, est tout à fait prête à remplir son rôle et son devoir sacrés, et ne tardera pas à s’en acquitter avec l’aide de Dieu. Nous présentons la Salle commune comme un modèle pratique efficace pour l’unité de l’Axe de la résistance, et nous sommes prêts à développer ce modèle inspirant pour former un cadre global pour toutes les forces de la résistance sur tous les fronts de la confrontation avec l’ennemi.


La Salle commune a-t-elle atteint un niveau réel d’action unifiée entre les factions, ou reste-t-il encore beaucoup à faire ?

Bien sûr, la forme de notre combat contre l’ennemi et les dangers et menaces auxquels nous sommes confrontés empêchent l’unité et la fusion complète des factions de la résistance, mais grâce à Dieu et à des efforts importants et continus, nous avons pu atteindre un bon niveau d’action commune et coordonnée. Aujourd’hui, il existe des comités efficaces et permanents dans divers domaines qui rassemblent les factions de la Salle commune.

Un comité conjoint spécial a été formé pour faire ensemble l’analyse des situations, comprenant des représentants des membres des ailes militaires siégeant à la Salle commune. De manière identique, nous avons les comités des opérations, de la formation, ainsi que le comité des médias, mais aussi d’autres comités dans d’autres champs d’action. 

Nous nous efforçons en permanence de développer des mécanismes de travail et de coordination afin de renforcer la Salle commune, si Dieu le veut.

Traduction et publication initiale par le groupe Signal « Nouvelles de Palestine »

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