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Calendrier Palestine Libre 2018 « Dans le camp des réfugiés »

« Etre des camps, c’est lutter armes en mains »

       Depuis leur création, les camps palestiniens sont des hauts lieux de la résistance. En Cisjordanie, deux d’entre eux se sont particulièrement illustrés : en prise directe avec l’occupant sioniste, les camps de Jénine et de Balata symbolisent la résistance héroïque des Palestiniens et la répression sioniste.

       Avec ses 27 000 habitants, le camp de Balata est le plus grand camp de Cisjordanie. Etabli en 1950 à proximité de la ville de Naplouse, il est surnommé le « camp de Jaffa » car la majorité des réfugiés proviennent de cette ville et des villages alentours. Le tissu social et communautaire y est dense et le pouvoir d’organisation très fort : leaders locaux dans le camps, cadres des factions politiques, membres des groupes armés, sans oublier les anciens combattants, tous, hommes, femmes et enfants s’unissent pour combattre l’oppresseur sioniste. . Au cours de la deuxième Intifada, ce camp a été frappé très durement par la répression sioniste qui en a fait un véritable laboratoire de ses techniques contre-insurrectionnelles : incursions de l’armée, assassinats ciblés, arrestations massives, etc.

Le camp de Jénine, porte le nom de la ville où il est implanté dans le Nord de la Cisjordanie. Créé en 1950, il regroupe 16 000 réfugiés. La résistance et la détermination populaire au cours de la « bataille de Jénine » en avril 2002 ont fait de ce camp le symbole de la résistance durant la deuxième Intifada. Pendant plus de 10 jours, l’armée sioniste attaque le camp, le bombarde par les airs depuis des hélicoptères de combat et  par des tanks depuis les collines alentours Les bull-dozers rasent les maisons, ratissent les ruelles, enterrent les corps des combattants dans des tranchées… Douze jours de combat au terme duquel les forces sionistes renoncent à contrôler le camp.

Aujourd’hui, les habitants des camps doivent faire face à une double répression. S’ils sont particulièrement ciblés par les sionistes en raison de leur rôle actif dans la résistance armée, ils le sont aussi par l’Autorité palestinienne et ses forces de sécurité qui cherchent à museler l’opposition à la domination coloniale. Incursions, harcèlement, mise à l’écart, arrestations, détention, torture…les forces sionistes et l’Autorité palestinienne se sont désormais réparti les opérations dans un but commun, désarmer la résistance.

Les réfugiés ont été et restent à l’avant-garde du combat pour libérer la Palestine et revenir dans leurs maisons.  Ils continuent à faire vivre la résistance.

Photo: Funérailles du martyr Ibrahim Smeri à Balata (2005). The Electronic Intifada.

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