29 vues
image_pdfimage_print

Analyse depuis Beyrouth, de la situation actuelle par un militant du Comité Action Palestine, 14/09/2026

La situation au Liban et en particulier dans le sud, où se mêlent la guerre, les destructions, les violations répétées du cessez-le-feu, la crise économique et l’abandon politique. 

Depuis le 2 mars 2026, date du lancement de la guerre des USA et de l’Etat sioniste contre l’Iran et le Liban, le nombre de martyrs libanais a atteint 4 383, soit environ 22 à 23 martyrs par jour, et celui des blessés 12 406. Les sionistes ont mené des attaques et fait des martyrs quotidiennement dans le sud, avec des violations constantes du soi-disant cessez-le-feu signé avec le gouvernement libanais en mai 2026. Ils ont systématiquement détruit tous les aspects de la vie sociale, économique et culturelle : écoles, hôpitaux, ponts, cimetières, mosquées, églises, etc. La plupart des villages situés à l’intérieur de la dite « ligne jaune » au Liban-Sud ont été complètement rayés de la carte, à l’exception de quelques villages chrétiens. De nombreux villages et villes sont systématiquement détruits sans aucune réaction du gouvernement libanais.

Au contraire, alors que le nombre des martyrs augmente et que les crimes de l’ennemi s’intensifient jour après jour, ce gouvernement déclare aux Libanais — et surtout à ses maîtres américains — que la responsabilité en incombe uniquement à la résistance. Les prix de l’électricité et des loyers n’ont cessé d’augmenter sans aucun contrôle du gouvernement. Des cartels mafieux se sont formés et profitent grandement de cette situation qui étouffe la plupart des Libanais dans le pays.

Un nouveau cycle de négociations devrait bientôt commencer entre l’entité sioniste et le gouvernemant libanais, « médié » par les États-Unis. Pour l’instant, ces pourparlers et prétendues négociations n’ont essentiellement abouti à rien, sinon à de grandes démonstrations à des fins de propagande. Récemment le président libanais Joseph Aoun a visité Nabatieh, une ville particulièrement meurtrie au Liban Sud, avec une escorte lourdement armée. Cette visite fut essentiellement un grand spectacle de propagande, et probablement a révélé la peur du gouvernement libanais face à la colère qui couve chez les habitants du sud en raison de l’injustice qu’ils subissent.

Après des mois de combats, les sionistes se sont vantés d’avoir pris possession de la colline stratégique d’Ali al-Taher sans avoir mené d’intenses combats, probablement parce que la résistance s’était déjà retirée. L’annonce fortement  médiatisée était probablement destinée à atteindre psychologiquement les habitants du Liban Sud. Les sionistes ont utilisé 1 100 tonnes de TNT, soit environ un quinzième de la bombe d’Hiroshima. La colline a été présentée par l’ennemi et les médias occidentaux comme la zone la plus importante contrôlée par la résistance, et sa prise devait donc être une victoire massive. Pourtant, la résistance est une force de guérilla menant une guerre de guérilla : elle perdra, se relèvera, perdra de nouveau, et se relèvera encore jusqu’à sa victoire et la libération finales.

Après l’annonce de la prise de la colline Ali al-Taher, les sionistes ont aussi annoncé qu’ils envisageaient de se retirer vers une nouvelle ligne grise située à 4–5 km de la frontière avec la Palestine occupée, au lieu de la ligne actuelle qui se trouve à environ 10 km. Cela pourrait s’expliquer entre autres, par l’état d’effondrement de l’armée ennemie dans le sud du Liban, avec d’énormes problèmes budgétaires qui l’empêchent de se réapprovisionner et de réparer une grande partie de son équipement perdu. Un autre aspect à prendre en compte est lié aux prochaines élections en « Israël »: il est possible que le gouvernement de Netanyahu cherche à éviter une défaite majeure avant cette date et se contente d’une « victoire » largement médiatisée à Ali al-Taher.

Pour l’instant, la résistance libanaise n’as pas répondu fortement aux attaques et aggressions sionistes. De nombreuses raisons peuvent expliquer ce fait. Mais il est évident que la situation actuelle n’est pas tenable, et qu’une intensification, non seulement au Liban, mais dans la région toute entière est à attendre. Le sort du Liban Sud est intimement attaché au sort de tout les peuples de la région, de tout ceux qui font faces à l’entité génocidaire et à l’empire américain.

C’est pourquoi, dans cette période d’attente, il ne s’agit pas de rester passifs : ayez de la patience et de l’espoir dans cette résistance qui lutte sans relâche depuis des décennies. Ayez confiance dans cette humanité qui n’acceptera jamais l’injustice et sa destruction sans la lutte. Ayez courage dans vos propres luttes, car la bataille a plusieurs fronts.

Palestine vivra ! Palestine vaincra !

Liban vivra ! Liban vaincra !

Photo : Comité Action Palestine

print