{"id":2476,"date":"2015-12-24T14:14:22","date_gmt":"2015-12-24T13:14:22","guid":{"rendered":"http:\/\/www.comiteactionpalestine.org\/word\/?p=2476"},"modified":"2015-12-24T14:19:33","modified_gmt":"2015-12-24T13:19:33","slug":"pourquoi-le-hamas-et-le-hezbollah-restent-quand-meme-allies","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.comiteactionpalestine.org\/word\/pourquoi-le-hamas-et-le-hezbollah-restent-quand-meme-allies\/","title":{"rendered":"Pourquoi le Hamas et le Hezbollah restent quand m\u00eame alli\u00e9s ?"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/www.comiteactionpalestine.org\/word\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2476?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.comiteactionpalestine.org\/word\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\" \/><\/a><a href=\"https:\/\/www.comiteactionpalestine.org\/word\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2476?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.comiteactionpalestine.org\/word\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\" \/><\/a><\/div><div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.comiteactionpalestine.org\/word\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Hezb_hamas1.jpg\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-2477\" src=\"http:\/\/www.comiteactionpalestine.org\/word\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Hezb_hamas1.jpg\" alt=\"Hezb_hamas[1]\" width=\"441\" height=\"282\" srcset=\"https:\/\/www.comiteactionpalestine.org\/word\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Hezb_hamas1.jpg 400w, https:\/\/www.comiteactionpalestine.org\/word\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Hezb_hamas1-300x192.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 441px) 100vw, 441px\" \/><\/a>Cet article de Nicolas Dot-Pouillard et Wissam Alhaj, auteurs du livre en collaboration avec Eug\u00e9nie R\u00e9billard <em>De la th\u00e9ologie \u00e0 la lib\u00e9ration ? Une histoire du Jihad islamique palestinien<\/em>, analyse les relations politiques et strat\u00e9giques des deux grandes organisations de la r\u00e9sistance que sont le Hezbollah et le Hamas. Il montre en particulier que leurs relations ont \u00e9t\u00e9 tumultueuses depuis l\u2019apparition du conflit en Syrie, les deux organisations d\u00e9veloppant des lectures diam\u00e9tralement oppos\u00e9es des enjeux de la guerre en Syrie. Si le Hamas a soutenu l\u2019opposition syrienne, c\u2019est qu\u2019il l\u2019associait aux diff\u00e9rentes forces r\u00e9volutionnaires qui agitaient le monde arabe depuis 2011, \u00e0 l\u2019instar des mouvements qui se sont produits en Tunisie ou en Egypte. D\u2019autre part, son appartenance au courant des Fr\u00e8res musulmans le poussait \u00e0 apporter son soutien aux groupes rebelles qui combattaient le r\u00e9gime d\u2019Assad. En revanche, pour le Hezbollah, l\u2019opposition syrienne n\u2019avait rien de r\u00e9volutionnaire mais r\u00e9alisait l\u2019agenda occidental d\u2019affaiblissement ou de destruction de l\u2019axe de r\u00e9sistance \u00e0 l\u2019imp\u00e9rialisme au Moyen-Orient. Malgr\u00e9 ces divergences de vue, les facteurs d\u2019unit\u00e9 et de collaboration entre les Hamas et le Hezbollah semblent avoir \u00e9t\u00e9 plus forts. Nicolas Dot-Pouillard et Wissam Alhaj proposent dans cet article d\u2019une grande clart\u00e9 les explications du maintien d\u2019un lien fort entre le parti palestinien et le parti libanais en analysant les dimensions historique, politique et strat\u00e9gique. Ils font ressortir en particulier la fracture qui existe au sein du Hamas entre une ligne partisane de l\u2019alliance avec les p\u00e9tromonarchies du Golfe et la Turquie et une autre ligne restant fid\u00e8le \u00e0 l\u2019alliance avec le Hezbollah et l\u2019Iran.<\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 18 janvier 2015, non loin de la ville de Quneitra, sur le plateau du Golan syrien, des h\u00e9licopt\u00e8res isra\u00e9liens tirent sur des v\u00e9hicules transportant des membres du Hezbollah libanais et des Gardiens de la r\u00e9volution iraniens. Douze d\u2019entre eux sont tu\u00e9s dans l\u2019op\u00e9ration. Quatre jours plus tard, le site internet de la t\u00e9l\u00e9vision du Hezbollah, Al-Manar, publie deux lettres de condol\u00e9ances adress\u00e9es \u00e0 Hassan Nasrallah, le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du parti. La premi\u00e8re est sign\u00e9e par Mohammed Al-Ddu Hamas affirment leur convergence strat\u00e9gique avec le Hezbollah dans sa confrontation avec Isra\u00ebl.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les condol\u00e9ances adress\u00e9es par le Hamas au Hezbollah apparaissent d\u2019autant plus surprenantes que les activistes de la formation chiite libanaise ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s en Syrie, o\u00f9 ils sont, depuis 2012, d\u00e9ploy\u00e9s militairement aupr\u00e8s de l\u2019arm\u00e9e gouvernementale. Le Hamas s\u2019est, depuis la m\u00eame \u00e9poque, illustr\u00e9 par un soutien presque inconditionnel au soul\u00e8vement syrien et \u00e0 l\u2019opposition, d\u00e9non\u00e7ant la pr\u00e9sence militaire du Hezbollah en Syrie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s f\u00e9vrier 2012, Haniyeh prononce un discours \u00e0 la mosqu\u00e9e Al-Azhar au Caire, rompant avec la logique de conciliation entre le r\u00e9gime et l\u2019opposition initialement adopt\u00e9e par le mouvement palestinien. Surfant \u00e0 l\u2019\u00e9poque sur la dynamique des processus r\u00e9volutionnaires arabes, de la Tunisie \u00e0 l\u2019\u00c9gypte, s\u2019appuyant sur la mont\u00e9e des Fr\u00e8res musulmans dans la r\u00e9gion, le Hamas renforce alors ses liens avec le Qatar et la Turquie, s\u2019\u00e9loignant un peu plus de T\u00e9h\u00e9ran et du Hezbollah. En juin 2013, Khaled Mechaal, principal dirigeant du Hamas en dehors des territoires occup\u00e9s, participe \u00e0 une conf\u00e9rence de soutien \u00e0 la r\u00e9volution syrienne \u00e0 Doha : le pr\u00e9dicateur \u00e9gyptien Youssef Al-Qaradawi, principal th\u00e9oricien contemporain de la mouvance des Fr\u00e8res musulmans, y prononce alors un discours assassin \u00e0 l\u2019encontre du Hezbollah, qu\u2019il nomme <i>\u00ab<small class=\"fine\"> <\/small><small class=\"fine\"> <\/small>Hizb al-shaitan<small class=\"fine\"> <\/small><small class=\"fine\"> <\/small>\u00bb <\/i> (\u00ab<small class=\"fine\"> <\/small><small class=\"fine\"> <\/small>le parti du diable<small class=\"fine\"> <\/small><small class=\"fine\"> <\/small>\u00bb), lui reprochant sa proximit\u00e9 avec les autorit\u00e9s syriennes.<\/p>\n<h3 class=\"spip\">Deux lectures de la crise syrienne<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Hamas a toujours ni\u00e9 tout investissement militaire en Syrie, notamment dans les combats d\u00e9chirant le camp de r\u00e9fugi\u00e9s de Yarmouk, dans la banlieue de Damas, mais certaines sources font \u00e9tat d\u2019une participation de combattants du Hamas aux c\u00f4t\u00e9s des forces arm\u00e9es de l\u2019opposition syrienne. En juin 2013, c\u2019est un jeune membre du Hamas, Muhammad Quneita, venu de la bande de Gaza et originaire du camp de Chati, qui d\u00e9c\u00e8de lors de combats pr\u00e8s de l\u2019a\u00e9roport d\u2019Idlib. L\u2019\u00e9t\u00e9 2013, le quotidien libanais <i>Al-Akhbar<\/i> proche du Hezbollah et de la coalition libanaise du 8-Mars accuse le Hamas d\u2019avoir particip\u00e9 \u00e0 la bataille de Qoussair en Syrie, non loin des fronti\u00e8res libanaises, contre les troupes du Hezbollah et de l\u2019arm\u00e9e gouvernementale syrienne : le Hamas aurait fait b\u00e9n\u00e9ficier les groupes arm\u00e9s de l\u2019opposition syrienne de son expertise militaire en mati\u00e8re de construction de tunnels. Une information imm\u00e9diatement d\u00e9mentie par le repr\u00e9sentant du Hamas au Liban, Ali Barakat.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 2012 et en 2013, Hamas et Hezbollah semblent se situer aux antipodes : leurs lectures de la conjoncture r\u00e9gionale diff\u00e8rent du tout au tout. Le Hamas parie sur un cercle vertueux : celui de r\u00e9volutions arabes qui, tout en faisant tomber des r\u00e9gimes autoritaires, porteraient au pouvoir des forces politiques issues des Fr\u00e8res musulmans \u2014 desquels ils sont issus \u2014, \u00e0 l\u2019image de l\u2019\u00c9gypte ou de la Tunisie, renfor\u00e7ant sa position r\u00e9gionale dans le cadre de son opposition \u00e0 Isra\u00ebl, mais aussi au Fatah. L\u2019analyse du Hezbollah est parfaitement inverse : si le mouvement de Hassan Nasrallah applaudit en 2011 les r\u00e9volutions tunisienne et \u00e9gyptienne \u2014 certains de ses activistes \u00e9taient emprisonn\u00e9s en \u00c9gypte jusqu\u2019\u00e0 la chute du pr\u00e9sident Hosni Mubarak pour leur coop\u00e9ration militaire avec le Hamas dans la bande de Gaza \u2014, il est plus que circonspect sur les dynamiques \u00e0 l\u2019\u0153uvre en Syrie depuis le printemps 2011. Il accuse alors une partie de l\u2019opposition syrienne, notamment le Conseil national syrien (<span class=\"caps\">CNS<\/span>), d\u2019\u00eatre bien trop proche des chancelleries occidentales. De mani\u00e8re plus pragmatique, il s\u2019agit pour le Hezbollah de pr\u00e9server un <i>hinterland<\/i> syrien faisant office de base arri\u00e8re militaire et de principale source d\u2019approvisionnement logistique depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 1990.<\/p>\n<h3 class=\"spip\">La rupture n\u2019aura pas lieu<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le divorce annonc\u00e9 entre le Hamas et le Hezbollah n\u2019a pourtant pas eu lieu. Les deux organisations sont demeur\u00e9es pragmatiques, s\u2019accordant peut-\u00eatre sur leurs d\u00e9saccords, notamment syriens. En d\u00e9pit de certaines rumeurs courant lors de l\u2019ann\u00e9e 2013, les dirigeants du Hamas r\u00e9sidant dans la banlieue sud de Beyrouth, \u00e0 majorit\u00e9 chiite et sous contr\u00f4le s\u00e9curitaire du Hezbollah, n\u2019ont jamais quitt\u00e9 le Liban<small class=\"fine\"> <\/small><small class=\"fine\"> <\/small>; ainsi de Ali Barakat, repr\u00e9sentant du mouvement, et de Oussama Hamdan, responsable des relations ext\u00e9rieures du Hamas. T\u00e9h\u00e9ran s\u2019est faite \u00e9galement la plus pragmatique possible : les contacts avec le Hamas n\u2019ont jamais cess\u00e9, m\u00eame si le soutien financier s\u2019est \u00e0 un moment rar\u00e9fi\u00e9, profitant \u00e0 des formations palestiniennes comme le Mouvement du djihad islamique en Palestine o\u00f9, \u00e0 la gauche du spectre politique, au Front populaire pour la lib\u00e9ration de la Palestine (<span class=\"caps\">FPLP)<\/span>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette rupture avort\u00e9e entre le Hamas et le Hezbollah s\u2019explique ais\u00e9ment. Elle a d\u2019abord ses raisons historiques : les deux mouvements collaborent de mani\u00e8re tr\u00e8s officielle depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, en amont m\u00eame de la relation que le Hamas a pu \u00e9tablir avec le r\u00e9gime syrien par le pass\u00e9. En d\u00e9cembre 1992, 415 militants du Mouvement du djihad islamique en Palestine et du Hamas sont expuls\u00e9s par Isra\u00ebl \u00e0 Marj az-Zouhour au sud-Liban : le Hezbollah d\u00e9veloppe \u00e0 l\u2019\u00e9poque des liens pr\u00e9gnants avec les cadres dirigeants du Hamas exil\u00e9s au Liban.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La relation est aussi politique. Certes, le Hamas est issu des Fr\u00e8res musulmans palestiniens, sunnites, et des mouvements de pr\u00e9dication islamique d\u00e9velopp\u00e9s d\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 1970 par le cheikh Yacine dans la bande de Gaza. Le Hezbollah, chiite, reconna\u00eet quant \u00e0 lui la <i>guidance<\/i> des ayatollahs iraniens Rouhollah Khomeyni, puis Ali Khamenei. Cependant, un fonds commun islamo-nationaliste, forg\u00e9 dans l\u2019opposition \u00e0 Isra\u00ebl, les unit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La relation est enfin mat\u00e9rielle et strat\u00e9gique : elles s\u2019inscrit surtout dans un temps long, que m\u00eame les d\u00e9saccords sur la Syrie n\u2019ont pas suffi \u00e0 abolir. La guerre isra\u00e9lienne contre Gaza de l\u2019\u00e9t\u00e9 2014 est r\u00e9v\u00e9latrice. Lorsque les armes se taisent, des dirigeants du Hamas comme Mahmoud Zahar remercient explicitement l\u2019Iran et le Hezbollah pour leur soutien logistique, financier et mat\u00e9riel au Hamas et aux brigades Ezzedine al-Qassam. Haniyeh qui a pu, en f\u00e9vrier 2012, d\u00e9noncer la politique de Bachar Al-Assad, salue \u00e0 Gaza en d\u00e9cembre 2014, lors des c\u00e9r\u00e9monies c\u00e9l\u00e9brant le 27<sup class=\"typo_exposants\">e<\/sup> anniversaire du Hamas \u00e0 Gaza, un Hezbollah pourtant alli\u00e9 du r\u00e9gime syrien. Depuis l\u2019hiver 2014, plusieurs dirigeants du Hamas (Ali Barakat, Ousamma Hamdan, Muhammad Nasr) ont multipli\u00e9 les r\u00e9unions avec les directions du Hezbollah et l\u2019Iran, en vue d\u2019une visite attendue \u2014 mais toujours report\u00e9e \u2014 de Mechaal \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La permanence des relations entre le Hezbollah et le Hamas est enfin conjoncturelle \u2014 ce qui peut amener \u00e0 en relativiser la port\u00e9e. Pour le Hamas, la conjoncture politique a chang\u00e9 en deux ans dans l\u2019ensemble du monde arabe. Le soul\u00e8vement syrien s\u2019\u00e9choue sur des lignes de fractures miliciennes et confessionnelles sur lesquelles il peut d\u00e9sormais difficilement parier. Le soutien des Fr\u00e8res musulmans \u00e9gyptiens au Hamas et la pr\u00e9sidence de Mohamed Morsi ne sont, depuis l\u2019\u00e9t\u00e9 2013, qu\u2019un lointain souvenir : ils sont sous le coup de la r\u00e9pression du mar\u00e9chal Abdel Fattah Al-Sissi. Le Hamas compte aujourd\u2019hui sur une m\u00e9diation saoudienne pour se r\u00e9concilier avec des autorit\u00e9s \u00e9gyptiennes qui l\u2019ont plac\u00e9 sur la liste des organisations terroristes. En Tunisie, le mouvement islamiste Ennahda s\u2019est fait pragmatique, participant d\u2019un gouvernement d\u2019union nationale avec Nidaa Toun\u00e8s \u2014 qui ne cache pas ses vell\u00e9it\u00e9s de r\u00e9tablir des relations diplomatiques avec Damas. Le Qatar, subissant les pressions du Conseil de coop\u00e9ration du Golfe (<span class=\"caps\">CCG<\/span>), prend ses distances avec les Fr\u00e8res musulmans \u00e9gyptiens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Hamas est \u00e9galement d\u00e9pendant des n\u00e9gociations qu\u2019il doit mener avec les organisations politiques palestiniennes qui, sur le dossier syrien, sont profond\u00e9ment divis\u00e9es. Il ne peut cliver avec l\u2019ensemble d\u2019entre elles sur la seule question des relations avec la Syrie, le Hezbollah ou T\u00e9h\u00e9ran, situation interne oblige : le Hamas participe ainsi, depuis juin 2014, \u00e0 un gouvernement d\u2019union nationale avec le Fatah. Il s\u2019associe, depuis 2011, \u00e0 un \u00ab<small class=\"fine\"> <\/small><small class=\"fine\"> <\/small>cadre de direction transitoire<small class=\"fine\"> <\/small><small class=\"fine\"> <\/small>\u00bb <i>(Itar al-qiyadi al-mu\u2019aqat)<\/i> de l\u2019Organisation de lib\u00e9ration de la Palestine (<span class=\"caps\">OLP<\/span>) dans lequel il c\u00f4toie des organisations palestiniennes ne se reconnaissant pas dans le positionnement du Hamas sur la question syrienne. Pour le Hezbollah, le maintien d\u2019un soutien politique et mat\u00e9riel \u00e0 l\u2019ensemble des mouvements palestiniens (dont le Hamas) est vital, en d\u00e9pit des divisions sur la question syrienne. C\u2019est une affaire de l\u00e9gitimit\u00e9 politique : il lui permet de prouver qu\u2019il ne s\u2019aligne pas uniquement sur un axe chiite courant de Beyrouth \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran, mais qu\u2019au contraire sa politique r\u00e9gionale transcende les appartenances communautaires entre sunnites et chiites. Et surtout, que son opposition \u00e0 Isra\u00ebl n\u2019est pas amoindrie par son investissement militaire en Syrie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019option turque, le rapprochement avec la pr\u00e9sidence de Recep Tayyip Erdogan, soutien de l\u2019opposition syrienne, reste encore s\u00e9duisante pour le Hamas<small class=\"fine\"> <\/small><small class=\"fine\"> <\/small>; elle demeure cependant probl\u00e9matique. Khaled Mechaal passe pour un partisan d\u2019une alliance renforc\u00e9e avec Ankara<small class=\"fine\"> <\/small><small class=\"fine\"> <\/small>; Mahmoud Zahar y est plus oppos\u00e9. Il se fait le plus fervent d\u00e9fenseur d\u2019un retour aux \u00ab<small class=\"fine\"> <\/small><small class=\"fine\"> <\/small>maisons-m\u00e8res<small class=\"fine\"> <\/small><small class=\"fine\"> <\/small>\u00bb : le Hezbollah et l\u2019Iran. Une partie de la direction du Hamas voit difficilement comment conjuguer logiquement rh\u00e9torique anti-imp\u00e9rialiste et rapprochement avec une Turquie membre de l\u2019Organisation du trait\u00e9 de l\u2019Atlantique nord (<span class=\"caps\">OTAN<\/span>). Paradoxalement, l\u2019option chiite reste pour le moment plus attractive. Une autre partie du Hamas compte sur la Turquie, le Qatar et, depuis quelques semaines, sur une Arabie saoudite qui renoue le dialogue avec les Fr\u00e8res musulmans dans la r\u00e9gion, pour faire office de m\u00e9diateur avec les principales puissances occidentales.<\/p>\n<h3 class=\"spip\" style=\"text-align: justify;\">Une alliance incertaine<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019opposition syrienne doute d\u00e9sormais de l\u2019orientation pro-r\u00e9volutionnaire du Hamas, lui reprochant de plus en plus ses liens avec T\u00e9h\u00e9ran et le Hezbollah. Dans un entretien pour le site internet de la cha\u00eene Orient-News, l\u2019un des principaux canaux t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s de l\u2019opposition syrienne, Melhem Daroubi, membre des Fr\u00e8res musulmans syriens pourtant id\u00e9ologiquement proches du Hamas, dit du mouvement de Mechaal qu\u2019il demeure pris <i>\u00ab<small class=\"fine\"> <\/small><small class=\"fine\"> <\/small>entre le marteau du soutien iranien et l\u2019enclume de l\u2019oppression d\u2019Al-Assad<small class=\"fine\"> <\/small><small class=\"fine\"> <\/small>\u00bb<\/i>. Le Hamas n\u2019a pas retir\u00e9 tout soutien \u00e0 l\u2019opposition syrienne, mais ses m\u00e9dias tentent, avec difficult\u00e9, de conjuguer rh\u00e9torique r\u00e9volutionnaire d\u00e9non\u00e7ant le r\u00e9gime syrien et justification pragmatique d\u2019un rapprochement avec T\u00e9h\u00e9ran et le Hezbollah. En Syrie m\u00eame, certains militants du Hamas critiquent, depuis quelques mois, le rapprochement de leur direction avec le Hezbollah et T\u00e9h\u00e9ran.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ni rupture, ni retrouvailles tout \u00e0 fait fraternelles : la relation entre le Hezbollah et le Hamas est d\u2019abord soumise aux al\u00e9as d\u2019une conjoncture politique r\u00e9gionale particuli\u00e8rement volatile. Le Hamas est pris entre deux feux. Par affinit\u00e9 id\u00e9ologique, voire m\u00eame confessionnelle, il se retrouve proche de Fr\u00e8res musulmans \u00e9gyptiens, tunisiens, syriens, ayant pris fait et cause pour le soul\u00e8vement syrien de 2011 et d\u00e9sirant couper les ponts avec le Hezbollah et T\u00e9h\u00e9ran. Par souci pragmatique, il voit mal comment rompre avec un Hezbollah qui le soutient encore. La direction du parti chiite a d\u00e9fini une fine ligne tactique en ce qui concerne la question palestinienne : le Hezbollah dissocie visiblement le dossier syrien de ses relations avec le Hamas, fait fi des d\u00e9saccords, en maintenant ses liens avec lui, y compris logistiques et militaires. Cette relation \u00e9vite d\u2019enfermer la situation r\u00e9gionale dans le seul cadre d\u2019un conflit communautaire chiites-sunnites, sans pour autant l\u2019invalider. La permanence d\u2019un conflit isra\u00e9lo-arabe \u2014 et pas seulement isra\u00e9lo-palestinien \u2014 permet encore des rapprochements et des lignes d\u2019alliances difficilement explicables par le seul paradigme communautaire. Dans leurs relations tr\u00e8s contrari\u00e9es, le Hamas et le Hezbollah montrent qu\u2019au-del\u00e0 de Damas et des polarisations confessionnelles entre sunnites et chiites que la crise syrienne suscite, le politique prime encore.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"cadre_auteur\" style=\"text-align: right;\">Nicolas Dot-Pouillard, Wissam Alhaj<\/div>\n<div class=\"cadre_auteur\" style=\"text-align: right;\">09\/03\/2015<\/div>\n<div class=\"cadre_auteur\" style=\"text-align: right;\">Source :http:\/\/orientxxi.info\/magazine\/pourquoi-le-hamas-et-le-hezbollah,0831<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Cet article de Nicolas Dot-Pouillard et Wissam Alhaj, auteurs du livre en collaboration avec Eug\u00e9nie R\u00e9billard De la th\u00e9ologie \u00e0 la lib\u00e9ration ? Une histoire du Jihad islamique palestinien, analyse les relations politiques et strat\u00e9giques des deux grandes organisations de la r\u00e9sistance que sont le Hezbollah et le Hamas. 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