{"id":212,"date":"2014-02-28T17:34:36","date_gmt":"2014-02-28T16:34:36","guid":{"rendered":"http:\/\/www.comiteactionpalestine.org\/word\/?p=212"},"modified":"2015-12-21T15:24:52","modified_gmt":"2015-12-21T14:24:52","slug":"syrie-la-guerre-de-trop-pour-loccident","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.comiteactionpalestine.org\/word\/syrie-la-guerre-de-trop-pour-loccident\/","title":{"rendered":"Syrie : la guerre de trop pour l\u2019Occident"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"http:\/\/www.comiteactionpalestine.org\/word\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/212?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.comiteactionpalestine.org\/word\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\" \/><\/a><a href=\"http:\/\/www.comiteactionpalestine.org\/word\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/212?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.comiteactionpalestine.org\/word\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\" \/><\/a><\/div><p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.comiteactionpalestine.org\/word\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/img530b1385f0425.jpg\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-213 alignright\" src=\"http:\/\/www.comiteactionpalestine.org\/word\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/img530b1385f0425.jpg\" alt=\"img530b1385f0425\" width=\"460\" height=\"230\" \/><\/a>En soutenant militairement, financi\u00e8rement et politiquement les rebelles syriens, le bloc occidental pensait r\u00e9p\u00e9ter le sc\u00e9nario libyen qui avait vu la chute rapide du r\u00e9gime avec le parachutage tout aussi rapide au pouvoir d\u2019une clique de d\u00e9serteurs ou d\u2019opposants anciennement exil\u00e9s gouvernant un pays plong\u00e9 dans le d\u00e9sordre le plus profond de guerre entre tribus et de r\u00e8gne des milices. Cependant, tout opposait la Libye et la Syrie tant sur le plan interne que sur le plan des relations internationales, et cela les dirigeants \u00e9tats-uniens et europ\u00e9ens n\u2019ont pas su le voir. Au niveau des facteurs propres \u00e0 l\u2019\u00e9quation syrienne, il est possible d\u2019isoler deux \u00e9l\u00e9ments importants sur lesquels l\u2019offensive occidentale est venue buter : l\u2019unit\u00e9 du r\u00e9gime et le r\u00f4le du peuple syrien. L\u2019ensemble des institutions de l\u2019Etat syrien sont rest\u00e9es stables malgr\u00e9 la violence des attaques des groupes rebelles arm\u00e9s et coach\u00e9s par les services occidentaux. Aucune d\u00e9fection d\u2019envergure du personnel politique, pas de d\u00e9sagr\u00e9gation des institutions ni de scission de l\u2019arm\u00e9e. Ceci peut s\u2019expliquer par le caract\u00e8re homog\u00e8ne du point de vue confessionnel de la classe politique syrienne, son caract\u00e8re alaouite, mais ceci ne constitue pas le facteur d\u00e9terminant. En r\u00e9alit\u00e9, apr\u00e8s l\u2019exp\u00e9rience libyenne, les dirigeants syriens savaient qu\u2019en cas de d\u00e9faite, ils \u00e9taient destin\u00e9s \u00e0 une implacable extermination. Cette perspective a sans doute contribu\u00e9 \u00e0 resserrer les rangs au sein de l\u2019appareil d\u2019Etat, d\u2019autant plus que leurs adversaires nourris au wahhabisme et au takfirisme menaient une guerre de purification ethnique, encourag\u00e9s en cela par les strat\u00e8ges occidentaux. L\u2019Arm\u00e9e Arabe Syrienne est elle aussi rest\u00e9e globalement intacte dans sa structure et cette unit\u00e9 est sans doute \u00e0 mettre au compte d\u2019une id\u00e9ologie nationaliste forg\u00e9e au cours d\u2019une histoire d\u2019opposition au r\u00e9gime sioniste.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019histoire de l\u2019Occident, depuis son entr\u00e9e dans la phase imp\u00e9rialiste \u00e0 l\u2019aube du 20i\u00e8me si\u00e8cle, est jalonn\u00e9e par les guerres d\u2019agression visant la conqu\u00eate ou le contr\u00f4le de pays ou de r\u00e9gions. Mais depuis une d\u00e9cennie, comme si une sorte de d\u00e9r\u00e8glement avait atteint les modes habituels de la domination capitaliste, on assiste \u00e0 une pr\u00e9cipitation des guerres contre les pays du Sud. En l\u2019espace de quelques ann\u00e9es, l\u2019Occident s\u2019est trouv\u00e9 engag\u00e9 dans des interventions directes en Irak, au Soudan, au Liban, en C\u00f4te d\u2019Ivoire, en Libye, au Y\u00e9men, au Mali, en Syrie et indirectement via des milices ou des manipulations de toutes sortes dans plusieurs autres Etats. La multiplication des agressions \u00e0 l\u2019encontre de nations souveraines a cr\u00e9\u00e9 une instabilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e dans des r\u00e9gions enti\u00e8res d\u2019Afrique et d\u2019Asie, un chaos qui jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent n\u2019a pas offert d\u2019issue de sortie et de perspective d\u2019\u00e9volution pour les peuples pris dans ce tourbillon macabre. Il est possible d\u2019interpr\u00e9ter cette situation comme le r\u00e9sultat d\u2019une strat\u00e9gie du chaos men\u00e9e par le bloc occidental pour asservir les peuples du Sud et les emp\u00eacher de se relever en d\u00e9structurant totalement leur infrastructure \u00e9conomique, leur soci\u00e9t\u00e9 et leur patrimoine culturel. Cependant m\u00eame si cette hypoth\u00e8se contient une part de v\u00e9rit\u00e9, il faut questionner le changement de la strat\u00e9gie occidentale lui-m\u00eame, s\u2019interroger sur les raisons fondamentales, structurelles qui ont pouss\u00e9 \u00e0 ce revirement. Il s\u2019agit donc de comprendre pourquoi le bloc occidental ne domine plus ou n\u2019arrive plus \u00e0 dominer le monde, comme pendant les quatre d\u00e9cennies qui ont suivi la d\u00e9colonisation, en installant dans les Etats du Sud des oligarchies suppl\u00e9tives ou en les contr\u00f4lant \u00e0 distance. Ce mode de gestion n\u00e9ocoloniale, qui avait assur\u00e9 un climat de relative stabilit\u00e9 pour la domination \u00e0 un double niveau, celle des Etats du Sud sur leurs peuples et celle de l\u2019Occident sur ces Etats du Sud, ne semble plus fonctionner. Et pourtant, l\u2019existence de ces Etats inf\u00e9od\u00e9s constituait \u00e0 n\u2019en pas douter la situation optimale pour l\u2019Occident en termes d\u2019exploitation des ressources naturelles, de d\u00e9bouch\u00e9s pour les produits et de profit. Si les Etats-Unis et l\u2019Europe ont opt\u00e9 pour une autre forme sous-optimale de contr\u00f4le des pays du Sud, c\u2019est qu\u2019ils y ont \u00e9t\u00e9 accul\u00e9s. La strat\u00e9gie du chaos, la guerre \u00e0 outrance traduisent une faiblesse ou pour \u00eatre plus juste un affaiblissement structurel du monde occidental qu\u2019il faut analyser avec pr\u00e9cision. La guerre en Syrie est la sc\u00e8ne de conflit global o\u00f9 apparaissent avec la plus grande nettet\u00e9 le d\u00e9clin de l\u2019Occident et le basculement des rapports de forces internationaux \u00e0 l\u2019avantage des nations \u00e9mergentes. Nous analyserons ainsi le cas syrien en essayant de montrer que les facteurs conjoncturels de la d\u00e9faite occidentale ont \u00e9t\u00e9 conditionn\u00e9s par des facteurs structurels d\u2019affaiblissement \u00e9conomique et politique de l\u2019occident sur la sc\u00e8ne internationale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En soutenant militairement, financi\u00e8rement et politiquement les rebelles syriens, le bloc occidental pensait r\u00e9p\u00e9ter le sc\u00e9nario libyen qui avait vu la chute rapide du r\u00e9gime avec le parachutage tout aussi rapide au pouvoir d\u2019une clique de d\u00e9serteurs ou d\u2019opposants anciennement exil\u00e9s gouvernant un pays plong\u00e9 dans le d\u00e9sordre le plus profond de guerre entre tribus et de r\u00e8gne des milices. Cependant, tout opposait la Libye et la Syrie tant sur le plan interne que sur le plan des relations internationales, et cela les dirigeants \u00e9tats-uniens et europ\u00e9ens n\u2019ont pas su le voir. Au niveau des facteurs propres \u00e0 l\u2019\u00e9quation syrienne, il est possible d\u2019isoler deux \u00e9l\u00e9ments importants sur lesquels l\u2019offensive occidentale est venue buter : l\u2019unit\u00e9 du r\u00e9gime et le r\u00f4le du peuple syrien. L\u2019ensemble des institutions de l\u2019Etat syrien sont rest\u00e9es stables malgr\u00e9 la violence des attaques des groupes rebelles arm\u00e9s et coach\u00e9s par les services occidentaux. Aucune d\u00e9fection d\u2019envergure du personnel politique, pas de d\u00e9sagr\u00e9gation des institutions ni de scission de l\u2019arm\u00e9e. Ceci peut s\u2019expliquer par le caract\u00e8re homog\u00e8ne du point de vue confessionnel de la classe politique syrienne, son caract\u00e8re alaouite, mais ceci ne constitue pas le facteur d\u00e9terminant. En r\u00e9alit\u00e9, apr\u00e8s l\u2019exp\u00e9rience libyenne, les dirigeants syriens savaient qu\u2019en cas de d\u00e9faite, ils \u00e9taient destin\u00e9s \u00e0 une implacable extermination. Cette perspective a sans doute contribu\u00e9 \u00e0 resserrer les rangs au sein de l\u2019appareil d\u2019Etat, d\u2019autant plus que leurs adversaires nourris au wahhabisme et au takfirisme menaient une guerre de purification ethnique, encourag\u00e9s en cela par les strat\u00e8ges occidentaux. L\u2019Arm\u00e9e Arabe Syrienne est elle aussi rest\u00e9e globalement intacte dans sa structure et cette unit\u00e9 est sans doute \u00e0 mettre au compte d\u2019une id\u00e9ologie nationaliste forg\u00e9e au cours d\u2019une histoire d\u2019opposition au r\u00e9gime sioniste.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais la r\u00e9action des masses syriennes constitue la donn\u00e9e qui a le plus d\u00e9stabilis\u00e9 les pr\u00e9visions et les plans des coalis\u00e9s occidentaux et moyen-orientaux (Qatar, Arabie Saoudite, Turquie). Au d\u00e9part, il s\u2019est effectivement produit un mouvement populaire d\u2019envergure contre le r\u00e9gime d\u2019Assad dont les Occidentaux et leurs alli\u00e9s esp\u00e9raient profiter pour renverser le pouvoir. Mais l\u2019implication du bloc occidental, au lieu de susciter un \u00e9lan populaire comme dans la r\u00e9gion de la Cyr\u00e9na\u00efque libyenne, a eu des effets contraires. Le peuple syrien s\u2019est comme repli\u00e9 sur lui-m\u00eame, essayant d\u2019observer ce qui se passait dans une atmosph\u00e8re de chaos g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9, de crimes et de massacres. Puis lorsque les signes de la participation des forces \u00e9trang\u00e8res au conflit sont devenus irr\u00e9futables, une certaine solidarit\u00e9 de circonstance s\u2019est nou\u00e9e avec le r\u00e9gime autrefois honni. Cette forme de soutien apport\u00e9 au r\u00e9gime pour des raisons de rejet de toute forme d\u2019intrusion \u00e9trang\u00e8re, par soif d\u2019ind\u00e9pendance nationale, a \u00e9t\u00e9 renforc\u00e9e par les exactions et les crimes de toutes sortes commis par les factions rebelles locales ou les groupes de mercenaires \u00e9trangers import\u00e9s via la Turquie. Ce qui ressort de l\u2019analyse des facteurs endog\u00e8nes des revers subis par le bloc imp\u00e9rialiste, c\u2019est que les dirigeants et les strat\u00e8ges occidentaux ont tr\u00e8s mal jug\u00e9 de la situation, sous-estimant d\u2019un c\u00f4t\u00e9 la consistance et la r\u00e9silience de l\u2019Etat syrien et de son arm\u00e9e et anticipant de mani\u00e8re erron\u00e9e la r\u00e9action populaire. Manquant de finesse politique et strat\u00e9gique, ils n\u2019ont pas su analyser la nouvelle donne qu\u2019offrait le Moyen-Orient et reformuler leur approche des formes de domination et d\u2019offensive arm\u00e9e dans la r\u00e9gion. Prisonniers du sch\u00e9ma du maillon faible, ils avaient planifi\u00e9 avec Isra\u00ebl l\u2019attaque du Liban Sud, puis celles de Gaza en 2009 et en 2012 pensant que le Hezbollah et le Hamas constituaient les pi\u00e8ces les plus fragiles de l\u2019axe de r\u00e9sistance. Les trois guerres men\u00e9es face aux r\u00e9sistances populaires furent des fiascos. Le raisonnement simpliste a conduit les leaders occidentaux \u00e0 consid\u00e9rer alors la Syrie comme le maillon faible car elle ne pr\u00e9sentait pas cette dimension de r\u00e9sistance populaire que les arm\u00e9es conventionnelles de l\u2019Occident n\u2019arrivent plus \u00e0 vaincre depuis les guerres de d\u00e9colonisation. La m\u00e9canique de guerre fut enclench\u00e9e contre la Syrie mais le param\u00e8tre le plus important ne fut pas consid\u00e9r\u00e9, \u00e0 savoir que l\u2019axe de r\u00e9sistance allait r\u00e9agir dans son ensemble et qu\u2019il \u00e9tait vain de prendre en compte ses \u00e9l\u00e9ments de mani\u00e8re isol\u00e9e. Si l\u2019on compare maintenant l\u2019offensive des coalis\u00e9s en Syrie depuis 2011 et celle de la coalition vingt ans plut\u00f4t en Irak, on peut mesurer \u00e0 quel point la situation a chang\u00e9 pour le camp occidental, \u00e0 quel point il s\u2019est affaibli. Si les cons\u00e9quences politiques de l\u2019intervention en Irak n\u2019ont pas tourn\u00e9 \u00e0 l\u2019avantage des puissances qui la men\u00e8rent, au moins la guerre d\u2019agression avait \u00e9t\u00e9 victorieuse dans un premier temps. Aujourd\u2019hui, m\u00eame les offensives prennent la tournure de d\u00e9sastre. Le d\u00e9ficit de pens\u00e9e politique globale ou de compr\u00e9hension de changement, le manque de clairvoyance strat\u00e9gique n\u2019est que le pendant du d\u00e9clin \u00e9conomique et civilisationnel de l\u2019h\u00e9misph\u00e8re Nord. Les Etats occidentaux et leur alli\u00e9 sioniste ne sont plus en capacit\u00e9 de produire des dirigeants digne de ce nom, alliant hauteur de vue, intelligence des situations et perspicacit\u00e9 dans les choix.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, dans la guerre en Syrie, les facteurs exog\u00e8nes sont au moins tout aussi importants que les facteurs endog\u00e8nes car la sc\u00e8ne de conflit syrienne est dans son fondement une confrontation entre deux blocs aux int\u00e9r\u00eats contradictoires. La survie du r\u00e9gime qui constitue en m\u00eame temps d\u00e9j\u00e0 un succ\u00e8s pour lui et un \u00e9chec pour le bloc occidental d\u00e9pend en grande partie des alliances qu\u2019il a su nouer au sein de l\u2019axe de r\u00e9sistance et plus largement avec le bloc des nations \u00e9mergentes. Sur le plan militaire, l\u2019Iran et le Hezbollah ont constitu\u00e9 des acteurs majeurs du conflit sans lesquels l\u2019issue du r\u00e9gime syrien demeurait tr\u00e8s incertaine. L\u2019Iran a mobilis\u00e9 sur le terrain ses services secrets et des conseillers militaires qui ont su donner des orientations strat\u00e9giques et tactiques aux diff\u00e9rentes batailles. La R\u00e9publique Islamique d\u2019Iran a aussi fourni un soutien mat\u00e9riel et financier, notamment via la fourniture en p\u00e9trole \u00e0 partir de juillet 2013, \u00e0 un moment o\u00f9 l\u2019approvisionnement en ressources devenait une question vitale \u00e9tant donn\u00e9 l\u2019embargo international. De son c\u00f4t\u00e9 le Hezbollah est entr\u00e9 en guerre en mars 2013 dans le cadre de la bataille de Qussair. Cette bataille, remport\u00e9e par le parti chiite apr\u00e8s plusieurs mois d\u2019un affrontement acharn\u00e9, peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme le tournant de la guerre. Jusqu\u2019alors r\u00e9gnait une forme d\u2019\u00e9quilibre des forces entre les bellig\u00e9rants, une sorte de bataille d\u2019\u00e9chec sanglante, faite de reculs et d\u2019avanc\u00e9es de chaque partie. Mais la d\u00e9faite a port\u00e9 un coup terrible \u00e0 l\u2019organisation de la r\u00e9bellion, tant sur le plan strat\u00e9gique qu\u2019au niveau moral. A partir de l\u00e0, le r\u00e9gime syrien s\u2019est trouv\u00e9 dans une position plus favorable, multipliant les victoires locales et les conqu\u00eates de territoires. Autant l\u2019axe de r\u00e9sistance est apparu uni et d\u00e9termin\u00e9 dans le combat, autant la r\u00e9bellion a fait preuve de la plus totale d\u00e9sorganisation et d\u2019un manque d\u2019intelligence strat\u00e9gique et politique. D\u00e8s l\u2019origine du conflit, des divisions se sont manifest\u00e9es entre la direction politique de la r\u00e9bellion bas\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et t\u00e9l\u00e9guid\u00e9e par l\u2019Occident (Conseil National Syrien-CNS) et le commandement des factions insurg\u00e9es sur le terrain, plusieurs groupes rebelles en armes ne reconnaissant pas l\u2019autorit\u00e9 du CNS. Puis, plus r\u00e9cemment \u00e0 le fin de l\u2019ann\u00e9e 2013, les clivages sont apparus entre groupes djihadistes sur le champ de bataille, les rebelles de l\u2019Arm\u00e9e Syrienne Libre voulant se d\u00e9barrasser de l\u2019organisation l\u2019Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL) qui commen\u00e7ait \u00e0 prendre de l\u2019envergure sur le terrain. La guerre fratricide, qui peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e comme un \u00ab d\u00e9g\u00e2t collat\u00e9ral \u00bb de la bataille de Qussair, s\u2019est produite au moment o\u00f9 l\u2019opposition \u00e9tait la plus faible, renfor\u00e7ant ainsi les positions acquises du r\u00e9gime syrien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est aussi parce qu\u2019il est inscrit dans un autre r\u00e9seau d\u2019alliance, celui des nations \u00e9mergentes (BRICS), en particulier la Russie, que le r\u00e9gime a pu assurer sa survie \u00e0 un moment o\u00f9 l\u2019affrontement ne tournait pas en sa faveur. En effet, dans les premiers temps de la guerre, les assauts r\u00e9p\u00e9t\u00e9s des groupes djihadistes avaient r\u00e9ellement d\u00e9stabilis\u00e9s les capacit\u00e9s de r\u00e9sistance du r\u00e9gime au point que Damas \u00e9tait assi\u00e9g\u00e9e et le pouvoir syrien menac\u00e9 d\u2019an\u00e9antissement. Cependant, la participation de la Russie \u00e0 la bataille de Damas de juillet 2012 a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cisive. En fournissant une technologie moderne de brouillage de l\u2019ensemble des communications (radio, internet, t\u00e9l\u00e9phonie), elle a cr\u00e9\u00e9 la confusion dans les rangs ennemis des insurg\u00e9s et de leurs conseillers occidentaux et isra\u00e9liens et a permis au r\u00e9gime de mener une contre-offensive, une embuscade de grande envergure dans laquelle des milliers de rebelles furent tu\u00e9s. Si la bataille de Qussair quelques mois plus tard a permis aux forces de r\u00e9sistance de prendre l\u2019ascendant sur les rebelles, la bataille de Damas a permis de r\u00e9tablir un certain \u00e9quilibre des forces. La Russie a aussi jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9terminant au niveau politique des n\u00e9gociations internationales, soit en imposant des v\u00e9tos aux r\u00e9solutions pr\u00e9voyant l\u2019intervention directe des Occidentaux en Syrie, soit assurant la d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats du r\u00e9gime syrien. La Russie a bien s\u00fbr des int\u00e9r\u00eats strat\u00e9giques et \u00e9conomiques d\u2019importance en Syrie pour s\u2019opposer aussi frontalement au bloc occidental. La Syrie est le seul pays de M\u00e9diterran\u00e9e o\u00f9 la Russie poss\u00e8de une base navale et donc sur le plan militaire cette base rev\u00eat une importance cruciale. Du point de vue \u00e9conomique, la Syrie constitue un client historique en armement. Mais l\u2019int\u00e9r\u00eat essentiel r\u00e9side dans le projet de futur gazoduc qui devait traverser le territoire syrien et qui devait \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 en coop\u00e9ration avec l\u2019Iran. Ce gazoduc aurait permis au Russes et aux Iraniens de renforcer leur position de principaux fournisseurs mondiaux en gaz naturel au d\u00e9triment du Qatar car l\u2019acheminement du gaz moyen-oriental vers l\u2019Europe passe n\u00e9cessairement par la Syrie. Militairement mais surtout politiquement, la Russie a jou\u00e9 un r\u00f4le \u00e9minent, avec des positions claires et une attitude ferme soutenue en cela par les nations du Sud en pleine expansion, le groupe des BRICS. C\u2019est sans doute la premi\u00e8re fois depuis la Guerre froide que deux blocs se font face, mais cette fois-ci la confrontation ne rev\u00eat pas un caract\u00e8re Est-Ouest mais Sud-Nord. Le monde unipolaire r\u00eav\u00e9 par les Etats-Unis a eu une esp\u00e9rance de vie des plus courtes, et les cris enthousiastes apr\u00e8s la chute du Mur de Berlin n\u2019auront pas r\u00e9sonn\u00e9 bien longtemps. Le succ\u00e8s politique du bloc du Sud dans la guerre de Syrie, bloc relativement r\u00e9cent, encore peu structur\u00e9 et peu int\u00e9gr\u00e9, qui n\u2019en est sans doute qu\u2019\u00e0 ses balbutiements, traduit toute la faiblesse du camp occidental, toute sa d\u00e9cr\u00e9pitude.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En effet, le contraste est fort entre la mani\u00e8re dont la Russie et ses alli\u00e9s ont men\u00e9 la guerre et le caract\u00e8re d\u00e9sordonn\u00e9 des implications occidentales dans ce conflit. Quelque soit l\u2019aspect de la guerre consid\u00e9r\u00e9, il n\u2019apparait pas de coh\u00e9rence dans l\u2019engagement des Etats-Unis ou de la France et d\u2019Isra\u00ebl pour ne citer que les Etats les plus va-t\u2019en guerre. Tout d\u2019abord, les atermoiements ont caract\u00e9ris\u00e9 l\u2019attitude am\u00e9ricaine au sujet de la fourniture d\u2019armes \u00e0 la r\u00e9bellion. D\u2019abord h\u00e9sitant \u00e0 s\u2019engager dans le conflit et laissant \u00e0 la France le r\u00f4le de porte-drapeau, l\u2019ex\u00e9cutif am\u00e9ricain d\u00e9cide discr\u00e8tement de fournir des armes \u00e0 l\u2019Arm\u00e9e Syrienne libre. Cependant, il faut attendre septembre 2013 pour que le Congr\u00e8s US approuve officiellement l\u2019envoi d\u2019armes non l\u00e9tales ou d\u2019armes l\u00e9g\u00e8res aux rebelles. Mais cette d\u00e9cision sera rapidement remise en cause car une partie de ces armes est tomb\u00e9e aux mains de djihadistes radicaux que le pouvoir am\u00e9ricain utilise mais dont il se m\u00e9fie aussi. Une telle m\u00e9fiance ne peut s\u2019expliquer que par les cons\u00e9quences du conflit pr\u00e9c\u00e9dent en Libye. En effet, dans la guerre contre le r\u00e9gime de Kadhafi, les Occidentaux avaient fourni une importante quantit\u00e9 d\u2019armes aux forces rebelles mais quelques mois plus tard ces armes s\u2019\u00e9taient retrouv\u00e9es au Mali et plus largement au Sahel, tourn\u00e9es cette fois-ci contre les int\u00e9r\u00eats occidentaux dans la r\u00e9gion. Les Etats-Unis craignent haut plus haut point la r\u00e9p\u00e9tition de ce sc\u00e9nario \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du Moyen-Orient et cette crainte est \u00e0 l\u2019origine des h\u00e9sitations et revirements. Ayant cr\u00e9\u00e9 le chaos dans diff\u00e9rentes parties du monde, et au Moyen-Orient ce fut le cas au moyen des guerres men\u00e9es en Irak, les Etats-Unis se retrouvent aujourd\u2019hui d\u00e9pass\u00e9s par cette situation, totalement d\u00e9sorient\u00e9s, sentant confus\u00e9ment que la bombe qu\u2019ils avaient fa\u00e7onn\u00e9e pouvait \u00e0 tout moment leur exploser au visage. Si l\u2019on envisage maintenant la position US vis-\u00e0-vis de l\u2019accusation d\u2019utilisation d\u2019armes chimiques par le r\u00e9gime syrien, on rel\u00e8ve le m\u00eame type d\u2019attitude empreinte de contradictions. Lorsque les m\u00e9dias et les officiels fran\u00e7ais ont commenc\u00e9 en mai 2013 \u00e0 incriminer le r\u00e9gime syrien sur cette question, les Etats-Unis ont affirm\u00e9 n\u2019avoir pas de preuve sur le caract\u00e8re effectif de l\u2019utilisation du gaz sarin. Ce n\u2019est que quelques mois plus tard que la diplomatie am\u00e9ricaine s\u2019alignera sur la position europ\u00e9enne poursuivant ainsi deux objectifs : faire pression sur le pouvoir syrien et ses alli\u00e9s \u00e0 un moment o\u00f9 la guerre tourne totalement \u00e0 l\u2019avantage de ces derniers et d\u00e9manteler via une r\u00e9solution de l\u2019ONU l\u2019arsenal chimique syrien dans l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019Isra\u00ebl. Cependant, m\u00eame si les pouvoirs occidentaux domin\u00e9s en leur sein par des \u00e9lites juives sionistes ont r\u00e9ussi \u00e0 obtenir que le pouvoir syrien renonce \u00e0 ce type d\u2019armement, politiquement ils ressortent affaiblis de la n\u00e9gociation avec la Russie. D\u2019une part, le doute plane toujours sur les auteurs de l\u2019utilisation des armes chimiques et beaucoup d\u2019indices laissent \u00e0 penser que des groupes rebelles s\u2019en seraient servi pour d\u00e9l\u00e9gitimer le r\u00e9gime et offrir une caution \u00e0 un \u00e9ventuel bombardement occidental. D\u2019autre part, la Russie, en contrepartie du plan de d\u00e9sarmement, a r\u00e9ussi \u00e0 obtenir la p\u00e9rennit\u00e9 du r\u00e9gime et l\u2019absence de toute intervention directe du bloc occidental, renfor\u00e7ant au passage sa position de n\u00e9gociateur et obtenant que le pouvoir syrien soit reconnu comme interlocuteur \u00e0 part enti\u00e8re (Conf\u00e9rence de Gen\u00e8ve II).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au sein du camp des nations imp\u00e9rialistes, le bellicisme de la France et d\u2019Isra\u00ebl tranche nettement avec l\u2019attitude plut\u00f4t timor\u00e9e des Etats-Unis. La classe politique fran\u00e7aise de droite et de gauche s\u2019est mobilis\u00e9e massivement, et ce d\u00e8s l\u2019origine du conflit, pour le soutien \u00e0 la r\u00e9bellion et le renversement du r\u00e9gime syrien. Les dirigeants fran\u00e7ais sous Sarkozy puis Hollande se sont activ\u00e9s tous azimut, d\u00e9ployant leurs efforts au niveau de la propagande m\u00e9diatique, de la diplomatie, de leur services secrets, de leurs conseillers militaires, de la fourniture d\u2019armes,&#8230; L\u2019objectif d\u2019abattre \u00e0 tout prix le r\u00e9gime syrien, dans les d\u00e9lais les plus rapides, place la France sur la m\u00eame longueur d\u2019onde qu\u2019Isra\u00ebl au sein du bloc occidental. Cependant l\u2019implication fran\u00e7aise, caract\u00e9ris\u00e9e par des actions pr\u00e9cipit\u00e9es, par le manque de discernement, est aussi travers\u00e9e par des contradictions et des faux-fuyants. Ainsi lorsque ses int\u00e9r\u00eats au Mali \u00e9taient menac\u00e9s, la France a litt\u00e9ralement d\u00e9sert\u00e9 le champ de bataille syrien au point d\u2019\u00eatre accus\u00e9e de trahison par la r\u00e9bellion. Parall\u00e8lement, sur le plan m\u00e9diatique, au cours des cinq premiers mois de l\u2019ann\u00e9e 2013, un certain silence radio s\u2019est manifest\u00e9 sur la question syrienne. Puis le battage m\u00e9diatique est reparti de plus belle \u00e0 partir de mai 2013, le journal Le Monde annon\u00e7ant \u00e0 grand fracas l\u2019usage de gaz sarin par l\u2019Arm\u00e9e Arabe Syrienne. Lorsque l\u2019on compare le bellicisme outrancier de la France \u00e0 la retenue am\u00e9ricaine dans le cas syrien, il est int\u00e9ressant de noter que depuis 2003 et l\u2019intervention US en Irak, les r\u00f4les se sont invers\u00e9s. Sous la pr\u00e9sidence de Chirac, la France avait refus\u00e9 de participer \u00e0 la coalition emmen\u00e9e par les Etats-Unis pour faire tomber le r\u00e9gime baathiste irakien. En revanche, depuis la pr\u00e9sidence de Sarkozy, la France s\u2019affiche comme un des Etats qui milite et agit le plus en faveur d\u2019agressions de nations souveraines. Ainsi, dans le cas libyen en 2011, il est apparu clairement que les Etats-Unis \u00e9taient en retrait par rapport \u00e0 la France en termes d\u2019activisme m\u00e9diatique et diplomatique pour une offensive arm\u00e9e. Pourtant, avec l\u2019installation du nouveau r\u00e9gime en Libye, la France n\u2019a semble-t-il obtenu aucun gain \u00e9conomique ni conclu aucun march\u00e9. Et voil\u00e0 qu\u2019elle r\u00e9p\u00e8te avec Hollande sensiblement le m\u00eame type de conduite erratique en Syrie, conduite qui ne trouve pas d\u2019explication dans une volont\u00e9 de faire valoir des int\u00e9r\u00eats directs dans la r\u00e9gion. Pour comprendre ce jusqu\u2019au-boutisme guerrier, il faut aussi prendre en compte les d\u00e9terminants internes de la politique \u00e9trang\u00e8re fran\u00e7aise. Depuis le mandat de Sarkozy, les \u00e9lites juives sionistes ont totalement pris les commandes de l\u2019appareil d\u2019Etat, alors que jusque l\u00e0 r\u00e9gnait un certain \u00e9quilibre au sein du pouvoir fran\u00e7ais entre un clan nationaliste historique et le clan sioniste. La mouvance sioniste au sein de l\u2019Etat fran\u00e7ais est en mesure d\u2019imprimer une politique ext\u00e9rieure fondamentalement pro-isra\u00e9lienne d\u2019autant plus que les int\u00e9r\u00eats fran\u00e7ais en Syrie sont peu probants. En revanche, les Etats-Unis ont beaucoup \u00e0 perdre dans la r\u00e9gion et paraissent prudents voire h\u00e9sitants sur la strat\u00e9gie \u00e0 adopter, et ce malgr\u00e9 l\u2019importance du lobby pro-isra\u00e9lien en leur sein. C\u2019est pourquoi au sein du bloc occidental l\u2019on voit se dessiner d\u2019un cot\u00e9 un axe reliant la France \u00e0 Isra\u00ebl auquel vient s\u2019agr\u00e9ger l\u2019Arabie Saoudite et de l\u2019autre des dissensions entre cet axe et les Etats-Unis.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des divergences de vue sur les enjeux r\u00e9gionaux se sont notamment manifest\u00e9es ces derniers temps entre les Etats-Unis et l\u2019Etat sioniste. En premier lieu, les positionnements politico-militaires dans le conflit syrien sont fonci\u00e8rement diff\u00e9rents. Si les Etats-Unis se sont engag\u00e9s dans cette guerre \u00e0 reculons, Isra\u00ebl a jet\u00e9 toutes ses forces dans la bataille : soins apport\u00e9s aux rebelles bless\u00e9s dans des h\u00f4pitaux de fortune, fourniture massive d\u2019armes, informations fournis par les services secrets aux diff\u00e9rentes factions rebelles, raids a\u00e9riens contre des sites jug\u00e9s strat\u00e9giques, pr\u00e9sence d\u2019unit\u00e9s d\u2019\u00e9lite dans certaines batailles. C\u2019est ainsi que lors de la bataille de Ghouta de septembre 2013 qui opposait le Front Islamique, Jabhat Al Nosra et l\u2019EIIL au Hezbollah et \u00e0 l\u2019Arm\u00e9e Arabe Syrienne, Isra\u00ebl a utilis\u00e9 sa technologie la plus moderne pour paralyser le syst\u00e8me des t\u00e9l\u00e9communications et jeter le trouble dans les rangs des partisans du r\u00e9gime. Cependant, l\u2019effet de surprise surmont\u00e9, les forces loyalistes ont repris le dessus, et cette bataille, l\u2019une des plus sanglantes du conflit syrien, tourna une fois de plus au d\u00e9savantage des alli\u00e9s rebelles et sionistes. De m\u00eame, sur le \u201cdossier du nucl\u00e9aire iranien\u201d, les Etats-Unis ont opt\u00e9 pour la n\u00e9gociation (Accord de Gen\u00e8ve) tandis que les Isra\u00e9liens demeuraient partisans d\u2019une solution intransigeante, \u00e0 savoir le blocus et la possibilit\u00e9 d\u2019une intervention militaire. Enfin, les tensions les plus vives entre les officiels isra\u00e9liens et la diplomatie am\u00e9ricaine se sont manifest\u00e9es au sujet de la n\u00e9gociation avec les Palestiniens lorsque John Kerry a laiss\u00e9 planer la menace d\u2019un boycott de l\u2019Etat sioniste si celui-ci refusait toute forme de concession. Si cette guerre d\u2019agression contre la Syrie a \u00e9t\u00e9 entreprise pour briser l\u2019axe de r\u00e9sistance, le r\u00e9sultat final est aux antipodes de ce qui \u00e9tait esp\u00e9r\u00e9 puisque c\u2019est le bloc occidental qui a commenc\u00e9 \u00e0 se fissurer et \u00e0 se l\u00e9zarder, les contradictions internes s\u2019exacerbant \u00e0 mesure que l\u2019impuissance \u00e0 vaincre l\u2019adversaire et \u00e0 abattre le r\u00e9gime devenait manifeste.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019absence de strat\u00e9gie politique claire du bloc occidental, le cercle vicieux des h\u00e9sitations et des actions pr\u00e9cipit\u00e9es, le manque de coordination des diff\u00e9rents Etats coalis\u00e9s et surtout les tensions internes et les dissensions, trouvent une origine dans le d\u00e9clin \u00e9conomique de ces puissances qui autrefois dominaient le monde de mani\u00e8re unilat\u00e9rale. Le premier facteur structurel \u00e0 prendre en compte est l\u2019endettement colossal des pays riches qui peut expliquer la crainte d\u2019une guerre longue qui les opposerait \u00e0 l\u2019axe de r\u00e9sistance moyen-oriental et au bloc \u00e9mergent. Un enlisement dans la guerre de Syrie finirait par les ruiner et transformerait un lent d\u00e9clin en extinction d\u2019une civilisation. Le second facteur, le plus d\u00e9terminant, tient au fait que l\u2019essoufflement des \u00e9conomies du monde imp\u00e9rialiste a eu pour cons\u00e9quence de modifier en profondeur les rapports Nord-Sud, brisant un certain nombre de liens de d\u00e9pendance traditionnels. La rupture d\u2019une partie des relations de domination n\u00e9ocoloniale a laiss\u00e9 un espace pour l\u2019\u00e9tablissement d\u2019un courant d\u2019\u00e9changes Sud-Sud et la formation de r\u00e9seau de relations voire de solidarit\u00e9s politiques entre nations \u00e9mergentes. La guerre en Syrie r\u00e9v\u00e8le et acc\u00e9l\u00e8re ce qui se tramait en secret au niveau \u00e9conomique, un \u00e9croulement des formes de domination imp\u00e9rialiste et l\u2019essor corr\u00e9latif de puissances r\u00e9gionales du Sud. M\u00eame si la guerre qui oppose les deux blocs en Syrie ne semble pas finie, il est certain qu\u2019apr\u00e8s trois si\u00e8cles d\u2019h\u00e9g\u00e9monie occidentale qui a port\u00e9 avec elle esclavage, colonialisme et barbarie n\u00e9ocoloniale, le monde connait aujourd\u2019hui un basculement historique dans lequel les nations et peuples opprim\u00e9s ne se laisseront plus dicter leur sort.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong><span style=\"font-size: small;\">Comit\u00e9 Action Palestine<\/span><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En soutenant militairement, financi\u00e8rement et politiquement les rebelles syriens, le bloc occidental pensait r\u00e9p\u00e9ter le sc\u00e9nario libyen qui avait vu la chute rapide du r\u00e9gime avec le parachutage tout aussi rapide au pouvoir d\u2019une clique de d\u00e9serteurs ou d\u2019opposants anciennement exil\u00e9s gouvernant un pays plong\u00e9 dans le d\u00e9sordre le plus profond de guerre entre tribus [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[13],"tags":[],"class_list":["post-212","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-imperialisme-resistances"],"views":3174,"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.comiteactionpalestine.org\/word\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/212","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.comiteactionpalestine.org\/word\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.comiteactionpalestine.org\/word\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.comiteactionpalestine.org\/word\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.comiteactionpalestine.org\/word\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=212"}],"version-history":[{"count":7,"href":"http:\/\/www.comiteactionpalestine.org\/word\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/212\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1723,"href":"http:\/\/www.comiteactionpalestine.org\/word\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/212\/revisions\/1723"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.comiteactionpalestine.org\/word\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=212"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.comiteactionpalestine.org\/word\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=212"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.comiteactionpalestine.org\/word\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=212"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}