Le drapeau de la liberté pour tous

Comité Action Palestine, le 10 Octobre 2026

Les colons sont traumatisés. Tous traumatisés par le 7 octobre. Il faudrait pleurer tous ces soldats et colons « israéliens » qui ont fait œuvre utile malgré eux, qui ont fait le sale boulot, celui d’avoir tué sans compter des Palestiniens. Voilà le résumé du tapage médiatique à l’occasion des commémorations du 7 octobre. Du matin au soir, il a été question des conséquences traumatiques vécues par les « Israéliens ». Les « Israéliens » ont des visages, des noms, des traumatismes. Ils ont une vie, des histoires à raconter, des douleurs à faire savoir. Ils peuvent dire les pires insanités, tenir des propos racistes les plus crus, les plus inqualifiables, se réjouir du génocide des Gazaouis, mais il faut les comprendre : ils sont traumatisés ! Le monde à l’envers. Celui de la propagande qui inverse les responsabilités. Le bourreau est à plaindre. Plaindre le colon qui cherche à détruire une nation. La grande nation palestinienne. Ce colon qui tue et vole depuis 1948. Ce colon qui alterne nettoyage ethnique et génocide ; qui alterne massacres de masse et assassinats ciblés ; qui alterne famines planifiées et destructions de productions agricoles. La violence sous toutes ses formes est l’expérience unique et propre à tous les Palestiniens depuis qu’ils vivent sous la tyrannie coloniale « israélienne ». Les Palestiniens n’ont pas de vie, pas de visages, pas d’histoires à raconter, pas de douleur à faire savoir. Tout juste des chiffres. Un nombre de Palestiniens assassinés, qu’on met en doute, qu’on tente de cacher ou qu’on prononce avec hésitation, en tremblant avec la crainte de froisser les « Israéliens ». De froisser le bourreau.

Rien de surprenant. Le Palestinien a forcément tort. Son bourreau a forcément raison. L’Occident et « Israël » ne font qu’un. Ils ont le même projet. La même culture, la même mentalité au service de l’impérialisme et de leurs intérêts. Le Palestinien est coupable d’exister, surtout coupable de résister. L’Occident lui reproche de se protéger de la violence par la violence. De combattre la violence par la violence. Il a le tort de ne pas se laisser tuer, exterminer. Un bon Palestinien est un Palestinien mort. L’examen en profondeur et dans tous ses aspects de la mentalité occidentale n’aboutit qu’à cette seule conclusion : le Palestinien ne mérite pas vie. Alors à quoi bon se soucier de son sort ! De ses traumatismes ! De ses douleurs ! Ce serait le faire exister. Ce serait faire exister la Palestine. C’est du racisme pur et dur. Ce racisme ne voit pas le Palestinien comme un être humain. Tout juste un être humain de seconde zone, de trop sur sa propre terre. Sans patrie, sans passé et sans avenir. C’est le substrat idéologique raciste occidental. C’est le noyau dur d’une vision du monde qui repose sur des siècles de crimes coloniaux et esclavagistes. On a pitié des animaux, mais pas des Palestiniens.

Rien de surprenant et en définitive peu importe quant à la compassion pour le bourreau. La Palestine vit, elle mérite de vivre. Des combattants glorieux se sont sacrifiés pour elle et continuent à le faire. C’est tout le peuple palestinien qui fait vivre la Palestine. Toutes les épreuves difficiles endurées ne font pas plier les Palestiniens et leur volonté de fer ancrée en eux de génération en génération pour mettre fin à l’infâme colonisation. Ce combat est un combat universel. Combattre la colonisation, c’est combattre le racisme qui justifie toutes les atrocités de l’exploitation de l’homme par l’homme et toutes les formes d’oppression qui en découlent. Le drapeau palestinien est le drapeau de la liberté pour tous. Ce drapeau qui fait peur au colon, à l’oppresseur, à l’impérialiste, au capitaliste. Ce drapeau qui ne devait pas exister et qui est pourtant là, partout, présent dans chaque lutte. Ce drapeau qu’on arrache à un lycéen français en colère ! Ce drapeau brandi partout comme un signe de ralliement de l’humanité en résistance contre l’oppression. Il est brandi parce qu’il porte en lui quelque chose de grand qui nous grandit : le courage de la lutte face à la colossale entreprise d’effacement de tout un peuple. Il est le drapeau de la dignité.

« Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie : sur cette terre, se tient la maîtresse de la terre, mère des préludes et des épilogues. On l’appelait Palestine. On l’appelle désormais Palestine », a dit le poète palestinien Mahmoud Darwish. Sur cette terre, la vérité ne renonce pas. Elle ne fait qu’un avec la lutte. Sur cette terre, le sionisme ne mérite pas vie. Le bourreau, ses mensonges et ses traumatismes en seront expulsés. La résistance s’en occupe. Ce sera le prix pour qu’enfin la justice mérite vie sur cette terre.

Palestine vivra ! Palestine vaincra !

Liban vivra ! Liban vaincra !

Yémen vivra ! Yémen vaincra !

Iran vivra ! Iran vaincra !