Massacres de Sabra et Chatila : ne jamais oublier, ne jamais pardonner !

 

L’histoire de l’entité coloniale n’est qu’une longue et sombre histoire de guerres, de massacres et de spoliation.

L’invasion du Liban par l’entité sioniste a coûté la vie à plus de 12 000 civils, fait quelque 30 000 blessés et a laissé 200 000 personnes sans abri. Les massacres des camps de réfugiés de Sabra et Chatila, dans la banlieue occidentale de Beyrouth s’inscrivent dans le contexte de la guerre lancée contre le Liban par le gouvernement sioniste depuis juin 1982.


L’histoire de l’entité coloniale n’est qu’une longue et sombre histoire de guerres, de massacres et de spoliation.
L’invasion du Liban par l’entité sioniste a coûté la vie à plus de 12 000 civils, fait quelque 30 000 blessés et a laissé 200 000 personnes sans abri. Les massacres des camps de réfugiés de Sabra et Chatila, dans la banlieue occidentale de Beyrouth s’inscrivent dans le contexte de la guerre lancée contre le Liban par le gouvernement sioniste depuis juin 1982.
Du 15 septembre au 18 septembre 1982, les habitants palestiniens et libanais des camps de réfugiés de Sabra et Chatila dans la partie occidentale de Beyrouth sont encerclés et méthodiquement massacrés par l’armée israélienne sous commandement d’Ariel Sharon et les milices chrétiennes libanaises. On parle alors de 3000 victimes, hommes, femmes enfants, vieillards, mais les chiffres, faute d’enquête indépendante, apparaissent très en deçà de la réalité. Comme à leur habitude, les sionistes couvrent l’histoire de leur voile de mensonges. L’intervention dans les camps de Sabra et Chatila aurait eu pour objectif de démanteler les structures opérationnelles de L’OLP. Mais dès le 1er septembre 1982, les 11 000 combattants de l’OLP avaient été expulsés de Beyrouth sous bonne garde des forces internationales composées de Français, d’Italiens et d’Américains. L’objectif inavoué mais avéré, de ce bain de sang prémédité est de terroriser les réfugiés palestiniens pour les éloigner davantage de la terre de Palestine. Ces massacres perpétrés par les sionistes et phalangistes avaient pour but d’empêcher tout retour réel et faire du droit au retour dans leur patrie un droit totalement illusoire.
Ces crimes restent impunis et aucune enquête internationale n’a été mise en œuvre pour déterminer et punir les coupables.
Comité Action Palestine
publié initialement en 2012

 

 

 




« Ils estropient l’aile de l’oiseau, et le condamnent ensuite de ne pas voler aussi vite qu’eux »

Calendrier Palestine Libre 2016 « Palestine: la boussole des opprimés »

La logique sioniste par MalcomX (la Gazette égyptienne, 17 septembre 1964, extraits)

[…] L’arme moderne du 20ème siècle du néo-impérialisme est le « dollarisme ». Les sionistes ont maîtrisé la science du dollarisme : la capacité de venir en se faisant passer pour un ami et un bienfaiteur, en apportant des cadeaux et toutes les autres formes d’aide économique et d’offres d’assistance technique. Ainsi, le pouvoir et l’influence d’une Israël sioniste dans beaucoup de nations africaines nouvellement “indépendantes” sont vite devenus même plus inébranlables que ceux des colonialistes européens du 18ième siècle… et cette nouvelle sorte de colonialisme sioniste diffère seulement dans la forme et la méthode, mais jamais dans le motif ou l’objectif […].

Les impérialistes européens jamais rusés ont judicieusement placé Israël là où cet Etat pourrait géographiquement diviser le monde arabe, infiltrer et semer la graine de la désunion parmi les chefs africains et diviser aussi les Africains contre les Asiatiques.

L’occupation de la Palestine arabe par l’Israël sioniste a forcé le monde arabe à gaspiller des milliards de dollars précieux sur les armements, rendant impossible pour ces nations arabes nouvellement indépendantes de se concentrer sur un renforcement des économies de leur pays et d’élever le niveau de vie de leur peuple.

Et ce perpétuel  niveau de vie faible dans le monde arabe a été habilement utilisé par les propagandistes sionistes pour faire apparaître aux Africains que les chefs arabes ne sont pas intellectuellement ou techniquement qualifiés pour élever le niveau de vie de leur peuple… ainsi, indirectement « induisant » que les Africains se détournent des Arabes pour se tourner vers les Israéliens pour les enseignants et l’assistance technique.

« Ils estropient l’aile de l’oiseau, et le condamnent ensuite de ne pas voler aussi vite qu’eux ».

Les impérialistes font toujours en sorte de sembler généreux, mais c’est seulement parce qu’ils rivalisent avec les pays nouvellement indépendants, économiquement infirmes, et dont les économies sont vraiment estropiées par la conspiration capitaliste sioniste. Ils ne peuvent pas être contre la compétition équitable, ainsi ils redoutent la demande d’Abdul Nasser Gamal pour l’Unité Africo-Arabe sous le socialisme. […]

Né en 1925, MalcolmX est l’une des personnalités les plus marquantes du mouvement noir aux Etats-Unis. Il meurt assassiné en 1965.

 




« Votre voie vers la liberté est la voie de la Résistance et de l’Intifada »

Calendrier Palestine Libre « Palestine: la boussole des opprimés »

Discours prononcé au jour de la libération du Sud-Liban de l’occupation israélienne par Seyyed Hasan Nasrallah (25 mai 2000)

Cette victoire, nous l’offrons à notre peuple opprimé en Palestine occupée, et aux peuples de notre communauté arabe et islamique. Et depuis ce lieu, depuis la ville de Bint Jbeil libérée (de l’occupation sioniste), je m’adresse au peuple Palestinien opprimé, persécuté et torturé : ô notre peuple en Palestine, ton destin est entre tes mains. Ton destin est entre tes mains. Tu es capable de récupérer ta terre par ta volonté, par le choix de Izzedine al-Qassam [martyr contre l’Occupation coloniale britannique et sioniste], par le sang de Fathi Chiqaqi et Yahya ‘Ayyach [cadres du Jihad Islamique et du Hamas assassinés par Israël], tu es capable de récupérer ta terre, sans attendre que ces sionistes t’ « accordent » telle petite place, ou tel petit village. Vous pouvez rapatrier vos familles dans leurs maisons avec fierté et honneur, sans solliciter l’intercession de quiconque. Vous êtes capables d’obtenir votre terre et vos droits légitimes, même si le monde entier vous a abandonnés.

Laissez ces excuses et prétextes de côté. Car la voie vers la Palestine, ô peuple Palestinien… votre voie vers la liberté est la voie de la Résistance et de l’Intifada, de la Résistance sérieuse et de l’Intifada authentique. Non pas l’Intifada limitée au cadre des accords d’Oslo, ni l’Intifada au service des négociateurs défaitistes de Stockholm, mais l’Intifada et la Résistance (authentiques) qui n’acceptent rien d’autre que l’ensemble de vos droits, tout comme le Liban. Au Liban, tout le Liban refuse de laisser ne serait-ce qu’un petit morceau de son territoire sous l’occupation (sioniste).

Ce modèle libanais glorieux, nous l’offrons à notre peuple en Palestine.

[…]

Je vous déclare, ô notre peuple en Palestine, cet Israël, qui possède des armes nucléaires, et la plus puissante force aérienne de la région, je le jure par Dieu, Israël est plus fragile qu’une toile d’araignée. Par Dieu, Israël est plus fragile qu’une toile d’araignée.

[…]

A nos peuples arabes et islamiques, nous déclarons : ô communauté arabe, ô notre monde arabe et islamique, la honte, la défaite, l’humiliation et le déshonneur appartiennent au passé. Cette victoire fonde une nouvelle ère historique, et met fin à une ère historique passée. Débarrassez-vous du découragement et armez-vous de l’espoir. Débarrassez-vous de la faiblesse et rassemblez votre force et votre détermination.

Aujourd’hui, au nom de tous les martyrs du Liban, au nom de tous les opprimés du Liban, je demande aux gouvernements arabes, au minimum, de mettre fin à tout processus de normalisation avec Israël, de couper leurs relations avec Israël, d’imposer leur position et leurs décisions à Israël.

Et je demande aux peuples arabes de se tenir aux côtés de la Palestine et du peuple Palestinien, et de rejeter toute forme de normalisation des relations avec cet ennemi. Le projet de Grand Israël a été vaincu par la Résistance (libanaise), et le projet d’Israël puissant est en train d’être vaincu par la Résistance, et l’une des méthodes importantes est la résistance à toute normalisation des relations avec Israël. […]

Seyyed Hasan Nasrallah est un homme politique libanais. Né en 1960, il est secrétaire général de l’organisation Hezbollah depuis 1992..

 




« L’Algérie est avec la Palestine en toutes circonstances »

Calendrier Palestine Libre 2016 « Palestine: la boussole des opprimés »

Houri Boumédiène

«La cause palestinienne est sacrée, nous sommes solidaires du peuple palestinien. Exiger plus que lui c’est de la démagogie, accepter moins que ce qu’il demande, c’est de la trahison.» […]

«On ne peut pas être amis avec les alliés de notre ennemi». […]

«Après l’indépendance, les pays développés ont pensé à une autre stratégie pour préserver leurs intérêts dans le monde arabe. Cette stratégie est Israël. Pour que la Palestine recouvre son indépendance, nous devons faire la guerre à Israël ainsi qu’à ses alliés». […]

«Il ne s’agit pas d’une guerre de religions. L’Islam est la religion de la liberté et n’est pas basé sur le racisme. Nous n’avons rien contre les juifs qui habitaient la Palestine avant la création d’Israël. Les juifs vivent même en Algérie, en Tunisie, au Maroc, en Egypte. Mais nous sommes contre les juifs qui ont occupé la Palestine en chassant ses véritables habitants». «Pour réussir cette guerre, il faut que tous les pays arabes s’unissent. Nous n’avons pas besoin qu’on nous «civilise». Rappelons ce qu’a dit l’Emir Abdelkader. Il a dit que si l’Algérie tombe, le monde arabe tombera aussi. Et c’est exactement ce qui s’était passé. La guerre que nous mènerons contre Israël sera également contre le colonialisme et l’impérialisme» […] »

Né en 1932, Houari Boumédiène fut un leader de la guerre d’indépendance de l’Algérie. Il dirigea son pays de 1965 jusqu’à son décès en 1978.

 




« L’idéal du sionisme, qui constitue le paroxysme du racisme, doit être brisé. »

Calendrier Palestine Libre 2016 « Palestine: la boussole des opprimés »

Discours prononcé à la conférence mondiale contre le racisme par Mahmoud Ahmadinedjad (Durban, 22 avril 2009, extraits)

[…] En dépit du fait qu’aujourd’hui de nombreux défenseurs du racisme condamnent la discrimination raciale par les mots et les slogans, des grandes puissances ont été autorisées à décider pour les autres nations, se basant sur leur propre intérêt et comme elles seules l’entendent. Elles peuvent facilement ridiculiser et enfreindre toutes les lois et valeurs humanitaires, comme elles l’ont montré.

Après la Seconde Guerre mondiale, elles ont eu recours à l’agression militaire pour priver de terre une nation entière, sous prétexte des souffrances juives. Elles ont envoyé des migrants d’Europe, des États-Unis et d’autres parties du monde afin d’établir un gouvernement intégralement raciste en Palestine occupée et, de fait, à titre de compensation pour les graves conséquences du racisme en Europe, elles ont aidé à hisser au pouvoir les individus les plus cruels et les racistes les plus répressifs en Palestine.

Le Conseil de sécurité a contribué à la stabilisation du régime sioniste et a soutenu les sionistes durant les soixante dernières années, leur donnant un feu vert pour poursuivre leurs crimes.

Il est d’autant plus regrettable qu’un certain nombre de gouvernements occidentaux, avec les États-Unis, se soient engagés à défendre ces individus racistes responsables de génocide, alors même que la conscience éveillée et les esprits libres du monde entier condamnent les crimes sionistes d’agression, de massacres et autres brutalités commises lors des bombardements de civils à Gaza. Ces gouvernements ont toujours soutenu ou sont restés silencieux face aux actes infâmes du régime sioniste. Fort malheureusement la raison de leur soutien et de leur silence est que le sionisme égoïste et barbare est parvenu à pénétrer profondément leur structure politique et économique, ce qui inclut leur législation, leurs médias de masse, leurs entreprises, leur système financier et leurs agences de sécurité et de renseignement. Ils ont imposé leur domination au point que rien ne puisse être fait contre leur volonté. Dans certains pays, même les changements de gouvernement ne font jamais fléchir le soutien aux sionistes, bien qu’ils soient tous conscients de leurs crimes : cela est en soi fort regrettable.

Tant que la domination sioniste se maintiendra, de nombreux pays, gouvernements et nations ne seront jamais en mesure de jouir de la liberté, de l’indépendance et de la sécurité. Tant qu’ils seront au sommet du pouvoir, la justice ne triomphera jamais dans le monde et la dignité humaine continuera d’être offensée et piétinée.

Il est grand temps que l’idéal du sionisme, qui constitue le paroxysme du racisme, soit brisé. […]

Né en 1956, Mahmoud Ahmadinejad est un homme politique iranien. Il fut président de la République islamique d’Iran de 2005 à 2013 .

 




« L’impérialisme se dresse contre la paix et contre la liberté des peuples »

Calendrier Palestine Libre 2016 « La Palestine: la boussole des opprimés »

Thomas Sankara – Discours prononcé au sommet des pays non-alignés (New Delhi, mars 1983)

De même pensons-nous, notre mouvement ne peut accepter le rôle d’observateur muet et passif qu’on cherche à lui imposer, comme au reste du monde dans ce conflit du Proche Orient, vieux maintenant de près 40 ans, où les manoeuvres combinées de l’impérialisme et du sionisme, ont réussi non seulement à expulser de sa patrie le peuple palestinien mais aussi à la suite d’agressions barbares successives à réaliser et maintenir l’occupation militaire et l’annexion de vastes territoires de plusieurs pays arabes membres de notre mouvement.

Récemment encore, il y a moins d’un an, le gouvernement d’Israël publiquement encouragé par les celui des Etats-Unis, et malgré la condamnation unanime des peuples du monde entier, a envahi avec son armée l’état du Liban, soumis la capitale Beyrouth à la destruction impitoyable de ses énormes moyens militaires, terrestres, maritimes et aériens, malgré l’héroïque résistance de la ville et des palestiniens sous la direction de l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine).

Malgré le cessez-le feu obtenu par la communauté internationale, le gouvernement israélien a permis les massacres inqualifiables de Sabra et Chatila dont les responsables méritent d’être poursuivis pour crime contre l’humanité et s’obstinent encore à refuser de retirer du Liban les troupes d’agression.

Partout où les peuples se lèvent pour réclamer leur libération et leur indépendance, l’impérialisme intervient grossièrement pour armer leurs ennemis, allumer la guerre et organiser leur massacre, se dressant ainsi activement contre la paix et contre la liberté des peuples.

Thomas Sankara est un homme politique anti-impérialiste burkinabé. Né en 1949, il fut président du Burkina Faso de 1983 à 1987, date de son assassinat.

 

 




« La Palestine est le pays natal du peuple palestinien »

Calendrier Palestine Libre 2016 « Palestine la boussole des opprimés »

Déclaration d’indépendance de l’Etat de Palestine par Yasser Arafat (15 novembre 1988 à Alger)

Terre des messages divins révélés à l’humanité, la Palestine est le pays natal du peuple arabe palestinien C’est là qu’il a grandi, qu’il s’est développé et qu’il s’est épanoui. Son existence nationale et humaine s’y est affirmée, dans une relation organique ininterrompue et inaltérée, entre le peuple, sa terre et son histoire.

       Continuellement enraciné dans son espace, le peuple arabe palestinien a forgé son identité nationale, et s’est élevé, par son acharnement à la défendre, jusqu’au niveau de l’impossible […]

Pourtant, lorsque le monde contemporain entreprit d’instaurer un nouvel ordre, les rapports de forces régionaux et internationaux aboutirent à l’exclusion des Palestiniens du destin commun, et il apparut, une fois encore, que la justice était incapable par elle-même de faire tourner la roue de l’Histoire.[…]

L’occupation par étapes des territoires palestiniens et d’autres portions de territoires arabes, la dépossession et l’expulsion délibérée des habitants de la Palestine par le terrorisme organisé, la soumission de ceux qui étaient restés dans leur patrie à l’occupation, à l’oppression et à la destruction des fondements de leur vie nationale constituent autant de violations flagrantes des principes de la légalité internationale, de la Charte et des résolutions des Nations unies, qui reconnaissent les droits nationaux du peuple arabe palestinien, y compris son droit au retour, à l’autodétermination, à l’indépendance et à la souveraineté sur son sol national.

Au cœur de la patrie et autour d’elle, dans les exils proches ou lointains, jamais le peuple arabe palestinien n’a perdu foi en son droit au retour et à l’indépendance. L’occupation, les massacres et la dispersion n’ont pas réussi à rendre le Palestinien étranger à sa conscience et à son identité. Il a continué son combat acharné, approfondissant sa personnalité nationale à travers l’expérience d’une lutte illimitée.[…]

Le grand soulèvement populaire, l’Intifada, en plein essor dans les territoires palestiniens occupés, comme l’opiniâtre résistance des camps de réfugiés à l’extérieur de la patrie, ont élevé la conscience universelle de la réalité des droits nationaux palestiniens à un niveau supérieur de perception et de compréhension […]

Avec l’Intifada, et l’expérience révolutionnaire accumulée, le temps palestinien est parvenu au seuil d’un tournant historique décisif. Le peuple arabe palestinien réaffirme aujourd’hui ses droits inaliénables et leur exercice sur le sol palestinien.[…]

Le Conseil national palestinien, au nom de Dieu et au nom du peuple arabe palestinien, proclame l’établissement de l’État de Palestine sur notre terre palestinienne, avec pour capitale Jérusalem. […]

L’État de Palestine est un État arabe, indissociable de la nation arabe, de son héritage, de sa civilisation et de ses aspirations à la libération, au développement, à la démocratie et à l’unité. […]

Devant nos martyrs, devant notre peuple palestinien dans sa totalité, devant notre nation arabe et devant tous les hommes épris de paix et de dignité dans le monde, nous faisons le serment de poursuivre la lutte pour mettre fin à l’occupation, établir notre souveraineté et notre indépendance.

Né en 1929, Yasser Arafat dirige le mouvement politique palestinien, le Fatah, puis l’OLP, Organisation de libération de la Palestine. Il devient le premier président de l’Autorité palestinienne jusqu’à son décès en 2004.

 




2006-2016 : la Résistance libanaise fait toujours face !

Comité Action Palestine

Lorsqu’Israël attaque le Liban en juillet 2006, son objectif est de détruire la résistance libanaise en général et le Hezbollah en particulier. Ce que l’ONU n’a pas réussi à faire par la résolution 1559, l’entité sioniste est bien résolue à l’obtenir en déversant des tonnes de bombes sur le Liban. Pendant un mois, les massacres succèdent aux massacres et les infrastructures libanaises sont systématiquement détruites. On compte plus de 1000 Martyrs libanais, dont un tiers sont des enfants. La stratégie est de réduire à néant le Hezbollah, mais aussi de conduire la population libanaise à se désolidariser de la résistance qui l’a libéré du joug colonial en 2000. Pourtant lorsque l’armistice est signé, à la mi-août, l’entité coloniale n’a atteint aucun de ses objectifs et ne peut qu’accepter cette défaite cuisante. Tout au long de cet été 2006, les roquettes lancées par le Hezbollah n’ont pas cessé de s’abattre en Palestine occupée depuis 1948, atteignant des cibles toujours plus lointaines et causant pour la première fois des pertes parmi la population ennemie. Non seulement l’arsenal militaire du Hezbollah et sa capacité de résistance n’ont pas été affectés, mais le mouvement en a retiré une popularité et un soutien dépassant les frontières du Liban. Pour tous les peuples opprimés de la région, notamment le peuple palestinien, le Hezbollah et son leader Hassan Nasrallah incarnent l’espoir de mettre fin au joug colonial et impérialiste par la résistance populaire.

Dix ans après, le Hezbollah reste la force de résistance incontournable au Proche Orient. Dotée d’une intelligence stratégique et organisationnelle inégalée, le mouvement de résistance a renforcé au fil des années sa capacité de dissuasion face à l’ennemi sioniste. Plus que jamais, il est le cauchemar des impérialistes et tous les moyens politiques et militaires sont employés pour l’abattre. Son implication aux côtés des peuples résistants n’a jamais failli et son intervention en Syrie a été déterminante pour protéger le Liban et empêcher l’effondrement de l’axe de la résistance.

Il n’y a qu’une seule voie possible pour se défaire de ses oppresseurs. La défaite du colonialisme au Vietnam et en Algérie est bien le fruit de la résistance populaire. En Palestine, au Liban et dans les autres pays de la Région, les peuples se sont toujours dressés contre l’impérialisme sous toutes ses formes. Quelle que soit la durée du combat, nul doute que la victoire et la liberté sont au bout du la route.

Plus que jamais, nous devons soutenir et rendre hommage à cette résistance !




La Turquie n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts

par Comité Action Palestine

Six ans après l’abordage du Mavi Marmara, parti pour briser le blocus de Gaza, et l’assassinat par l’armée sioniste de 10 militants turcs, la Turquie vient officiellement de signer un accord de normalisation avec Israël. Cet accord n’aboutit à aucune concession majeure de la part de l’entité coloniale. Le blocus de Gaza ne sera pas levé et la Turquie paiera pour la reconstruction de l’enclave palestinienne détruite par l’armée sioniste en 2009 et 2014. A l’inverse Israël bénéficiera du soutien de la puissante armée turque pour protéger ses plateformes d’exploitation d’hydrocarbures en Méditerranée. De plus cet accord aurait été conditionné par l’éviction du numéro 1 des services de renseignement turcs, nommé à ce poste en 2010 afin de développer les relations sécuritaires et de renseignements avec l’Iran. Le rapprochement avec l’entité sioniste semble motivé par le développement d’une coordination des interventions de ces deux Etats en Syrie. Moins officiellement, il s’agirait de neutraliser des activités du Hamas palestinien en Turquie, voire d’amener le mouvement de résistance à faire des concessions quant aux objectifs de la lutte de libération.

Ceux qui considèrent cet accord comme un brusque revirement de la politique turque vis-à-vis des Palestiniens se trompent. Ils se sont laissé berner par le discours de façade anti-israélien d’Erdogan, principalement destiné à soigner son image auprès de l’opinion publique, et par l’arrêt d’une coopération militaire très étroite avant l’attaque du Mavi Marmara.

Or, en réalité la Turquie, allié historique d’Israël et membre de l’OTAN, s’est enlisé dans des positions contradictoires qui l’obligent aujourd’hui à rentrer dans la ligne imposée par les puissances occidentales. Dans  la période de refroidissement, la Turquie d’Erdogan avait conservé d’importantes relations commerciales avec l’entité sioniste, allant jusqu’à la coopération pour l’exportation en contrebande du pétrole produit par l’Etat islamique. Sur le terrain syrien, leur alliance objective s’est construite sur le soutien actif aux forces anti-gouvernementales.

Avec la volonté de jouer le rôle de puissance régionale, la diplomatie turque était fondée sur le fameux « zéro conflit avec le voisinage ». Pourtant, avec la finesse d’un éléphant dans un magasin de porcelaine, la Turquie est parvenue au résultat inverse. En guerre avec la Syrie, l’Etat turc a multiplié des fautes politiques à l’origine de nombreuses tensions avec d’autres pays, et les effets de sa politique se traduisent surtout par une déstabilisation interne avec les nombreux attentats qui secouent le pays. La Turquie est aujourd’hui obligée de plier. Dans la foulée de la normalisation avec Israël, elle a présenté ses excuses à la Russie suite à la destruction d’un bombardier russe abattu par des F-16 turcs au-dessus de la frontière syrienne.

Pour des raisons diverses, les organisations politiques palestiniennes, en premier lieu le Hamas qui avait misé sur l’alliance avec la Turquie, n’ont pas dénoncé ouvertement cet accord. Cela exprime d’abord les difficultés de la résistance palestinienne à construire une stratégie d’alliances dont le seul objectif serait la libération de la Palestine. Dans cette conjoncture difficile, il n’y a pas de doute que le peuple palestinien saura faire les choix nécessaires pour poursuivre sa lutte vers l’indépendance et la libération de la terre arabe de Palestine. Le Comité Action Palestine est à ses côtés sur ce chemin et soutient de manière inconditionnelle sa résistance.




« Accord de normalisation turco-israélien : les ambiguïtés du Hamas » Interview de Mohammad Noureddine

« Le Hamas palestinien a publié dans la nuit de lundi à mardi un communiqué exprimant « sa reconnaissance et sa gratitude » à l’égard des Turcs après l’annonce lundi de l’accord de normalisation entre Ankara et Tel Aviv qui devait comprendre la levée du siège de Gaza. Or, dès lundi, Israël a fait savoir qu’il n’était « pas prêt à renégocier » cette question. En dépit du fait qu’Ankara annonce depuis plusieurs années que le blocus de Gaza constitue un obstacle majeur à la reprise totale des relations avec Israël, la partie turque franchit le pas de la normalisation requise par les nouvelles priorités du président turc Recep Tayyib Erdogan en Syrie, sans qu’un changement substantiel intervienne dans l’approche israélienne. Si cette évolution était prévisible du côté de la Turquie qui offre une démonstration éclairante de ses priorités stratégiques régionales, la posture ambiguë du Hamas suscite des interrogations. Si selon le site d’information libanais al-Manar (du Hezbollah), « deux hauts cadres du Hamas (Oussama Hamdan et Khaled el-Ghoddoumi) ont rejeté tout lien entre leur mouvement et l’accord de normalisation israélo-turc », les propos tenus par son leader en exil Khaled Mechaal sont de nature à nourrir la confusion quant aux priorités politiques de l’organisation dans le contexte actuel. Mohammad Noureddine, professeur à l’Université libanaise et spécialiste de la Turquie, revient pour L’Orient-Le Jour sur la nature des relations entre la Turquie et le Hamas. » Lina Kennouche pour l’Orient le Jour


Propos recueillis par Lina Kennouche pour l’Orient le Jour (29/06/2016)

Comment analysez-vous cette nouvelle illustration du soutien d’une partie des dirigeants du Hamas aux orientations politiques d’Erdogan, au risque de mettre en danger la cohésion interne de l’organisation ?

Il faut comprendre que la relation entre la Turquie d’Erdogan et le Hamas est marquée par une convergence idéologique extrême, et il semble, comme tendent à le démontrer les orientations prises par l’organisation de résistance palestinienne depuis 2011, que la centralité islamique et la solidarité entre Frères musulmans prime sur la résistance immédiate à Israël. En 2011, l’évolution du rapport de force régional en faveur des partis politiques issus des Frères musulmans a laissé croire aux dirigeants du Hamas qu’une victoire de ces derniers aux scrutins électoraux se traduirait automatiquement par un soutien indéfectible à l’organisation politique. Ces projections ont encouragé l’organisation à rompre brutalement ses relations avec le régime de Bachar el-Assad et à fermer ses bureaux à Damas. Les choix du Hamas l’ont privé d’une grande partie de ses soutiens. Mais dans un contexte régional trouble et volatil, le seul allié stable sur lequel l’organisation s’est toujours appuyée, c’est la Turquie d’Erdogan, allié historique d’Israël qui, y compris durant la période de refroidissement, a conservé des relations commerciales très étroites avec cet État. Aujourd’hui, en dehors des bailleurs de fonds qataris qui n’ont pas la stature d’une puissance régionale, la Turquie est le seul allié sur lequel peut compter le Hamas. Même si cet accord devait le mettre en grande difficulté, la priorité reste la relation avec Ankara. Le Hamas devra donc s’accommoder de cet accord de normalisation.

La position d’une partie de l’organisation risque-t-elle d’exacerber les contradictions internes au risque de mettre en péril les intérêts stratégiques de la résistance ?
S’il est vrai qu’il y a des contradictions entre la tendance incarnée par Mechaal et d’autres voix au sein du Hamas, je ne pense pas que ce nouveau contexte puisse mener à une confrontation ouverte qui menacerait la cohésion de l’organisation. Certains responsable politiques sont partisans d’une ligne dure contre l’accord de normalisation, et sont même favorables à un nouveau rapprochement avec l’Iran. Cependant, le conflit reste larvé, et je ne crois pas qu’elles s’opposeront radicalement à l’approche de Mechaal. Il y a une conscience des risques qui pourraient peser sur l’organisation : dans le contexte objectif aussi défavorable au mouvement national palestinien et la répression de l’intifada, l’organisation ne survivrait pas à une fracture.

Que risquent d’être les retombées de cette attitude sur le rapport entre le Hamas et les autres composantes de la résistance ?
La résistance palestinienne est traversée par de nombreuses lignes de fracture, mais le rapport de force, du moins à Gaza, est aujourd’hui largement en faveur du Hamas. Il n’est pas dans l’intérêt des autres organisations politiques de résistance palestinienne de se laisser emporter par des querelles sur la position tactique à adopter vis-à-vis de la puissance occupante, alors que, depuis plusieurs mois, l’intifada est en cours et que les Palestiniens ont une attitude de défiance vis-à-vis des partis. À moins que le Hamas ne renonce à l’objectif stratégique de la lutte armée contre l’occupation israélienne, il est peu probable que les autres organisations lui manifestent leur opposition au risque de fragiliser davantage la résistance palestinienne. Mais la perspective s’assombrit si l’on tient compte de la nouvelle donne introduite par la normalisation : les nouveaux calculs d’intérêts de la Turquie pourraient l’amener à peser de tout son poids pour inciter le Hamas à faire des concessions importantes.

http://www.lorientlejour.com/article/993862/accord-de-normalisation-turco-israelien-les-ambiguites-du-hamas.html