"A l’offensive colonialiste autour du voile, le colonisé oppose le culte du voile... Le colonisé, devant l’accent mis par le colonialiste sur tel ou tel secteur de ses traditions réagit de façon très violente... Tenir tête à l’occupant sur cet élément précis, c’est lui infliger un échec spectaculaire...", écrivait Frantz Fanon en 1959.
Le texte « L’Algérie se dévoile » {chapitre I de l’an V de la révolution algérienne} dont la citation est extraite, est toujours d’actualité avec l’interdiction du port du voile à l’école (2004) et du port du voile intégral dans l’espace public (2010).
F. Fanon, un intellectuel engagé dans la révolution algérienne, met à nu les mécanismes en jeu dans les rapports coloniaux de l’Algérie des années 1950 et, en même temps, analyse les formes de résistance chez les colonisés.
Qu’il s’agisse de l’instrumentalisation du thème de l’émancipation de la femme ou de la diabolisation des musulmans, F. Fanon nous livre les armes théoriques pour comprendre aujourd’hui l’islamophobie à la française qui est à double détente : d’usage interne, elle a pour objectif d’isoler au sein de la société française une partie de la population revendicative, notamment la partie d’origine arabe et musulmane qui vit dans les quartiers populaires ; d’usage externe, elle vise à ôter toute légitimité aux mouvements de résistance islamiques en Palestine, mais aussi au Liban, en Irak, en Afghanistan, etc.
Pour le Comité Action Palestine, comprendre les ressorts du colonialisme et du néo-colonialisme est un impératif pour tous ceux qui, aujourd’hui, résistent à l’ordre raciste impérialo-sioniste.
« Spontanément et sans un mot d’ordre, les femmes algériennes, dévoilées depuis longtemps, reprennent le Haïk affirmant ainsi qu’il n’est pas vrai que la femme se libère sur l’invitation de la France et du Général de Gaulle » .
Frantz Fanon , « L’an V de la révolution algérienne», 1959.